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Bourses accordées en 2007

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Bourses accordées pour l'année 2008

 
Bourses de lafa de 1997 à 2008Le Comité scientifique a sélectionné cette année 15 projets de recherche. C'est comme chaque année une tâche difficile car les projets présentés sont de très haut niveau. La sélection est faite après discussion des rapports présentés par 2 membres du Comité scientifique et conservés par le secrétariat de l'afa.

Dans la décision du Comité interviennent à la fois des données purement scientifiques mais aussi, le fait d'avoir été ou non bénéficiaire d'une bourse dans le passé et la nature des recherches cliniques ou fondamentales. Nous sommes tous attirés par les projets cliniques, thérapeutiques en particulier, mais il faut bien comprendre qu'une meilleure compréhension des mécanismes intimes des MICI c'est-à-dire des données fondamentales est un préalable indispensable à la découverte de nouvelles pistes thérapeutiques ou étiologiques. Il est aussi difficile de choisir entre le financement complet d'un projet et une aide moins importante mais répartie sur des projets plus nombreux comme nous l'avons fait cette année.

Après accord du CA, 15 projets ont été retenus pour un montant total de 361 000 €.

Les projets sélectionnés sont centrés sur plusieurs thématiques :
 

Travaux à orientation clinique (5 projets) :

29 k€

RetourRecueil du point final d'information sur les patients de la cohorte CESAME (Cancers et Surrisque Associé aux Maladies inflammatoires intestinales En France)

Pr Laurent Beaugerie,
Service de gastro-entérologie, Hôpital Saint-Antoine, 184 rue du faubourg Saint-Antoine - 75012
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Les traitements immunosuppresseurs (azathioprine, méthotrexate, anti-TNF) sont de plus en plus utilisés au cours des MICI car ils sont susceptibles d'apporter chez les patients répondeurs une rémission durable de la maladie, synonyme d'une vie se rapprochant de la normale. Le frein à une utilisation massive et précoce et des immunosuppresseurs est le doute persistant sur le fait qu'ils pourraient favoriser les lymphomes, cancers du système lymphatique. Nous nous proposons de répondre définitivement à cette question en notant le nombre de cancers apparus jusqu'à fin 2007 au sein de la cohorte CESAME, cohorte nationale anonymisée de plus de 20000 patients atteints de MICI, constituée entre mai 2004 et mai 2005.

Nous sollicitons de nouveau une aide de l'afa, qui a soutenu financièrement très fortement le démarrage de l'étude, pour réussir à minimiser au maximum le nombre d'informations manquantes en fin d'étude. En plus de répondre à la question du sur-risque ou non de cancers, et notamment de lymphomes, lié à l'utilisation des immunosuppresseurs, l'étude CESAME, si elle réussit, permettra aussi de mieux préciser (à travers une étude appelée cas-témoin) les facteurs de risque du cancer colique au cours de la RCH et de la maladie de Crohn et la fréquence de tous les autres cancers, en particulier du cancer de l'intestin grêle au cours de la maladie de Crohn.

=>   Site CESAME
=> 2004/03 GCB - Le risque de lymphome est-il accru par les immunosuppresseurs au cours des MICI? Le maillon manquant pour légitimer l'immunosuppression précoce (accès Gastroenterol Clin Biol - accès adhérents afa)
=> 2006/03 SNFGE - Cohorte nationale CESAME : données démographiques et médicales 2004-2005 pour 20919 patients
=> 2006/03 SNFGE - Point sur l'observatoire CESAME : le contexte épidémiologique  Vidéo
=> Excès de syndromes lymphoprolifératifs au cours des Maladies Inflammatoires Chroniques Intestinales : résultats intermédiaires de la cohorte CESAME
 

20 k€

RetourEffet thérapeutique et tolérance de l'infliximab non associé à des traitements immunosuppresseurs dans la maladie de Crohn sévère de l'enfant

Pr Jean-Pierre Cézard,
Service de gastro-entérologie pédiatrique
, - Hôpital Robert Debré - Paris.

Les patients ayant une maladie de Crohn (MC) sévère, résistante au traitement usuel, sont habituellement mis à un traitement associant des anticorps anti-TNFa (infliximab/Remicade®) et des agents immunosuppresseurs. En 2006, 8 cas de lymphomes T hépatospléniques mortels survenant chez des patients traités par cette association thérapeutique, ont été rapportés aux diverses autorités du médicament (FDA, EMEA). Par conséquent, il ne paraît plus prudent de poursuivre la prescription concomitante des immunosuppresseurs dans ce contexte clinique d'autant plus que ceux-ci sont souvent inefficaces ou ne permettent pas d'éviter les réactions d'intolérance à l'infliximab. Une décision consensuelle allant dans ce sens a déjà été prise par la majorité des gastro-entérologues pédiatres français pour les patients ayant une MC et qui sont résistants aux immunosuppresseurs et corticodépendants ou -résistants.

L'objectif principal de cette étude est de décrire l'évolution clinique sur 1 an des enfants ayant une MC sévère traités conjointement par immunosuppresseurs et infliximab puis par infliximab seul après arrêt des immunosuppresseurs. La tolérance clinique et biologique du traitement dans cette période de temps sera également étudiée.

Il s'agit d'une étude multicentrique, prospective de cohorte observationnelle, avec inclusion en France de la majorité des enfants ayant une MC sévère sous traitement par infliximab avec arrêt des immunosuppresseurs pendant une période de 6 mois. Les patients ayant eu un arrêt de leur traitement immunosuppresseurs dans les 6 mois précédant le début de ce projet seront également inclus rétrospectivement.

La prise en charge habituelle de ces patients (traitement, suivi clinique et biologique) ne sera en aucun cas modifiée. Le recueil des données débutera à l'arrêt des immunosuppresseurs qui aura lieu au plus tôt au moment de la quatrième injection d'infliximab. Les données cliniques, biologiques, immunologiques et des résultats d'imagerie seront collectés pendant 12 mois pour chaque patient. La durée globale de ce projet est estimée à 18 mois.
 

30 k€

RetourEssai multicentrique, contrôlé, randomisé, en groupes parallèles et double aveugle, comparant le méthotrexate au placebo pour la mise en rémission des RCH corticodépendantes

Pr Franck Carbonnel,
Service de gastro-entérologie - CHU de Besançon, Hôpital Jean Minjoz - 25000 Besançon.

La recto-colite hémorragique (RCH) atteint environ 40 000 patients en France ; 15 % d'entre eux ont une forme chronique active qui nécessite souvent une corticothérapie permanente dont la dose doit être maintenue au dessus d'une dose seuil pour éviter que la maladie ne se réactive.Cette situation est définie par le terme de corticodépendance. Les effets indésirables possibles d'un traitement prolongé par les corticoïdes sont nombreux : prise de poids, hypertension artérielle, diabète, troubles de l'humeur, ostéoporose

Dans la recto-colite hémorragique corticodépendante, il a été montré que l'azathioprine (Imurel®) pouvait être efficace chez environ 50 % des patients. Ce médicament immunosuppresseur peut cependant échouer ou être mal toléré. Dans une maladie voisine de la recto-colite hémorragique, la maladie de Crohn, il a été montré depuis plusieurs années qu'un autre médicament, le Méthotrexate® était efficace dans les formes corticodépendantes.

Cet essai a pour but de déterminer si le Méthotrexate® permet d'arrêter complètement les corticoïdes sans rechute de la maladie, plus souvent qu'avec un placebo.

Pendant l'étude, le sujet peut recevoir après un tirage au sort, soit le Méthotrexate®, soit le placebo. Le produit (Méthotrexate® ou placebo) sera administré par voie intramusculaire, une fois par semaine par une infirmière diplômée d'état à domicile.

La durée de l'étude sera de 24 semaines.
 

30 k€

RetourÉtude prospective des facteurs prédictifs de maintien en rémission de la maladie de Crohn à l'arrêt du Remicade®

Pr Edouard Louis,
Service de gastro-entérologie
, CHU Sart Tilman - 4000 Liège.

Le Remicade®, un anticorps monoclonal neutralisant le Tumor Necrosis Factor a (TNFa), représente un apport majeur dans le traitement des patients atteints de maladie de Crohn sévère, réfractaire aux traitements immunosuppresseurs (Imurel®, Purinéthol®, Méthotrexate®) et/ou aux corticoïdes. Plusieurs études contrôlées ont démontré son efficacité et sa bonne tolérance à court terme dans la maladie de Crohn. Une étude récente importante, appelée ACCENT1, a de plus démontré que le retraitement systématique toutes les 8 semaines avec le Remicade® permettait de maintenir la rémission clinique de la maladie de Crohn. La tolérance d'un traitement prolongé pendant un an était également bonne.

La tendance actuelle, aux USA et de plus en plus en Europe, dans la maladie de Crohn réfractaire, lorsqu'on commence un traitement par Remicade® est de le poursuivre par des perfusions systématiques toutes les 8 semaines. Nous ne disposons toutefois d'aucune donnée contrôlée de l'efficacité ou de la sécurité d'utilisation au delà d'un an de traitement (durée de l'étude ACCENT1). L'idéal, dans un esprit général de traitement minimal efficace, serait de pouvoir induire une rémission profonde de la maladie de Crohn avec un an de traitement par Remicade® et ensuite de pouvoir arrêter ce traitement et de maintenir la rémission avec un immunosuppresseur seul. Il est toutefois probable que certains patients seront dépendants du Remicade® et risquent de rechuter à l'arrêt du traitement. Nous ne savons pas actuellement quelle proportion de patients risque de rechuter à l'arrêt du Remicade® et quels sont les facteurs de risque d'une telle rechute.

Le but de cette étude est de tenter de déterminer le profil clinique et biologique des patients chez lesquels un arrêt du traitement par le Remicade® pourrait être envisagé après un an de traitement, avec un faible risque de rechute. Ces informations pourraient être importantes dans la pratique clinique courante pour prendre une décision thérapeutique chez ces patients.
 

30 k€

RetourArticulation entre vie privée et vie professionnelle, épuisement professionnel et satisfaction au travail au cours des Maladies Inflammatoires Chroniques de l'Intestin

Marcel Lourel, Farida Mouda,
Psychologie des Régulations Individuelles et Sociales - PRIS EA3833, Université de Rouen, rue Lavoisier 76821 Mont-Saint-Aignan.

L'objectif du travail est d'évaluer l'influence de la MICI et de son activité, sur l'interface entre la vie privée et la vie au travail, sur le degré d'épuisement professionnel et sur la satisfaction au travail de l'individu. A notre connaissance, aucune étude ne s'est intéressée spécifiquement aux relations entre MICI et travail.

Le travail concernera 64 malades atteints de MC et 64 malades atteints de RCH actives ou quiescentes. Seront étudiées de manière spécifique les répercussions éventuelles des MICI sur l'équilibre entre la vie privée et la vie au travail, sur l'épuisement professionnel et la satisfaction au travail. Ce projet évaluera également l'effet positif ou négatif de certaines aides comme le soutien de la famille et de l'entourage ou la capacité d'adaptation du malade pour faire face aux difficultés rencontrées.

Ce projet coopératif associe le service d'hépato-gastro-entérologie et de nutrition du CHU de Rouen et des chercheurs du Laboratoire d'accueil PRIS EA3833, département de psychologie (Université de Rouen).

L'étude comprend deux phases :

  1. le recueil de données à l'aide de différentes échelles évaluées par des auto-questionnaires ;
  2. des entretiens individuels.

Ce travail pourra, en fonction des résultats obtenus, conduire :

  1. à évaluer l'intérêt d'un accompagnement psychologique du patient en cas de difficulté dans l'équilibre entre la vie privée et la vie au travail ;
  2. à étudier étude ultérieurement le rôle spécifique du conjoint dans la gestion de l'interface vie privée - vie au travail.
     

Travaux à orientation bactériologique, immunologique et génétique (8 projets) :

20 k€

RetourRecherche dans le microbiote fécal de marqueurs prédictifs de rechute après arrêt de l'infliximab au cours de la maladie de Crohn (projet de recherche ancillaire à l'étude STORI-GETAID)

Dr Philippe Seksik - Dr Harry Sokol,
INSERM U 538 Service de gastro-entérologie et nutrition , Hôpital Saint-Antoine, 184 rue du faubourg Saint-Antoine - 75571 Paris Cedex 12
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La pathogénie de la maladie de Crohn (MC) est encore inconnue. Néanmoins, la dernière décennie a permis des avancées importantes dans la compréhension du rôle de la flore intestinale (microbiote) dans le déclenchement et l'entretien de la MC. Il existe de nombreux arguments pour incriminer certains composants du microbiote. Notamment, des polymorphismes d'un gène codant pour un récepteur (Nod2) à un composant bactérien présent dans la flore, sont fortement associés à la MC. Nous avons montré dans des travaux antérieurs que la flore des patients atteints de MC était déséquilibrée par rapport aux sujets sains : ainsi, le groupe Clostridium leptum (dominant de la flore normale) était sous représenté chez les patients. Nous avons également montré qu'une faible proportion d'une bactérie de ce groupe (Faecalibacterium prausnitzii) lors d'une résection iléo-cæcale pour MC active était associée à un risque élevé de récidive à 6 mois.

Le but de notre projet est de rechercher des marqueurs prédictifs de rechute dans le microbiote fécal de patients atteint de MC en rémission sous traitement par infliximab après arrêt de ce traitement (échantillons de l'étude STORI-GETAID).

L'identification de tels marqueurs permettrait de connaître les patients pouvant bénéficier de la poursuite de ce traitement. D'autre part, la connaissance des modifications de la composition du microbiote fécal précédant la survenue d'une rechute de la MC permettrait de surveiller les patients et d'intensifier leur traitement avant que la rechute ne survienne.
 

16 k€

RetourPotentiel anti-inflammatoire de la colibactine produite par la souche Escherichia coli Nissle 1917 dans le cadre des MICI

Jean Fioramonti,
UMR 1054 Neuro-gastro-entérologie et nutrition , nutrition INRA - 180 chemin de Tournefeuille BP3 - 31 931 Toulouse Cedex 9.

L'approche thérapeutique par les probiotiques connaît un grand engouement étant donné le caractère "nature " et l'absence de toxicité de ces produits. La recherche clinique et fondamentale dans ce domaine s'est développée ces dernières années. Plusieurs études contrôlées, randomisées ont montré l'efficacité des probiotiques dans les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin : ainsi par exemple, la souche E. coli Nissle 1917 (Mutaflor®) a une efficacité similaire à celle des amino-salicylés dans le maintien en rémission de la recto-colite hémorragique.

L'équipe de microbiologistes partenaires de ce projet a récemment découvert que la souche probiotique E. coli Nissle 1917 synthétise une substance appelée colibactine. La colibactine appartient à la famille de produits naturels, les polykétides, ayant une gamme très diverse d'activités biologiques et de propriétés pharmacologiques (antibiotiques, antiparasitaires, anti-tumorales, immunosuppressessives). Un travail préliminaire dans une colite expérimentale du rat a montré que la colibactine présentait des propriétés anti-inflammatoires.

Dans ce projet, l'objectif est de confirmer cet effet protecteur de la colibactine et de caractériser son activité sur l'immunité de la muqueuse intestinale en utilisant plusieurs modèles animaux de colite inflammatoire.

La mise en évidence et la caractérisation des propriétés anti-inflammatoires de cette substance bactérienne est primordiale pour son exploitation future à des fins thérapeutiques. En effet, la colibactine est synthétisée par les bactéries directement sur le site de l'inflammation. L'utilisation de souches probiotiques capables de produire de grandes quantités de colibactine pourrait permettre d'améliorer considérablement la prise en charge des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin.
 

18 k€

RetourRôle des immun-complexes IgA/IgG dans le transport intestinal d'antigènes bactériens dans la maladie de Crohn

Martine Heymann
DR2 INSERM U793, Faculté de médecine René Descartes - 156 Rue de Vaugirard - 75730 Paris.

Les études de la maladie de Crohn suggèrent qu'une réaction immunitaire anormale vis-à-vis d'antigènes bactériens pourrait être la cause de l'inflammation chronique intestinale. Le but du travail est de comprendre comment les antigènes normalement confinés dans la lumière intestinale pénétrent la muqueuse de façon anormale.

L'immunité « sécrétoire » suppose que des immunoglobulines (Ig) spécifiques d'antigènes bactériens ou alimentaires (IgA sécrétoires) sont sécrétées dans le tube digestif et forment un manteau protecteur à la surface intestinale, empêchant les antigènes nocifs de pénétrer la muqueuse. Ce projet vise à tester l'hypothèse que des complexes IgA/antigènes bactériens (immun-complexes) présents dans la lumière intestinale sont anormalement transportés dans la muqueuse intestinale et stimulent des réactions de défenses inappropriées.

Ce rétro-transport pourrait être dû à l'expression anormale d'un récepteur aux IgA (CD71) sur la face apicale des cellules intestinales. CD71 est d'abord le récepteur de la transferrine exprimé sur la face « sanguine » des cellules épithéliales intestinales. Il capte le fer dans les cellules. La polarité d'expression inversée de CD71 pourrait induire le rétro-transport d'immun-complexes IgA/fragments bactériens dans la muqueuse, confèrant un pouvoir hautement immuno-stimulant aux antigènes bactériens reconnus par ces IgAs. Un tel scénario est démontré dans la maladie coeliaque (intolérance au gluten) où l'on observe un rétro-transport anormal d'immun-complexes IgA/gluten au niveau intestinal.

Si l'expression anormale de récepteurs aux Ig au niveau de l'intestin est responsable de l'invasion de la muqueuse par des antigènes bactériens (ou alimentaires), il serait possible d'envisager de bloquer ces récepteurs pour tenter de minimiser la stimulation antigénique anormale responsable des lésions dans la maladie de Crohn.
 

15 k€

RetourRôle des sérine-protéases et du récepteur de type 4 activé par les protéases (PAR4) dans la pathogénèse des MICI

Laurent Ferrier
Chargé de recherche, INRA/EI-Purpan UMR 1054 Neuro-gastro-entérologie et nutrition, 180 Chemin de Tournefeuille, BP3 - 31931 Toulouse Cedex 9.

Les patients atteints de recto-colite hémorragique (RCH) présentent dans leurs selles un niveau élevé de protéases qui peuvent avoir diverses origines. Dans un travail précédent, les auteurs ont montré que cet excès de protéases provenait des cellules inflammatoires qui affluent lors des poussées de la maladie. Ils suggèrent que ces protéases puissent être impliquées dans la maladie, en fragilisant la muqueuse du côlon. En effet, les protéases agissent comme un "signal" qui perturbe et endommage l'intestin par le biais de récepteurs spécifiques.

L'objectif est d'identifier quelle(s) protéase(s) et quel(s) récepteur(s) sont impliqués dans les défaillances de la muqueuse observées au cours de la RCH. Les premiers résultats sont prometteurs. En appliquant des extraits de selles de patients sur du côlon de souris une caractéristique fondamentale de la RCH, à savoir la fragilisation de la muqueuse, a pu être reproduite. Les auteurs ont également identifié un récepteur qui semble jouer un rôle clé dans cet effet néfaste, car en bloquant ce récepteur, les extraits de selles ne fragilisent plus l'intestin de souris.

Il reste, à présent, à conforter ces résultats sur des prélèvements humains et tenter de les étendre à la maladie de Crohn. A travers l'étude du couple protéase/récepteur, les auteurs espèrent identifier des nouvelles cibles thérapeutiques.
 

40 k€

RetourIdentification et fonction des MicroARNs surexprimés ou réprimés au cours des MICI

Dr Xavier Treton,
INSERM U773 Faculté Xavier Bichat - PARIS VII - Service de gastroentérologie et d'assistance nutritive, Hôpital Beaujon - Clichy

Les microARN (petits ARN non codants) sont susceptibles de contrôler l'expression protéique par des interactions avec les ARN messagers (ARNm). Ils contrôlent de nombreuses fonctions cellulaires (développement, différenciation, prolifération, apoptose). Ainsi, toute modification dans l'expression ou la fonction des microARN est susceptible de provoquer l'apparition de maladies.

Notre hypothèse est qu'une anomalie d'expression de certains microARN, pourrait jouer un rôle dans la dérégulation de facteurs cellulaires impliqués dans la prédisposition aux MICI.

La caractérisation de l'expression des microARN dans les MICI, en étudiant des biopsies endoscopiques issues de patients, montre qu'il existe des profils spécifiques d'expression. L'identification des cibles de ces microARN dérégulés au cours des MICI devrait permettre de mieux comprendre les anomalies de la réponse inflammatoire observées au cours de la recto-colite hémorragique et de la maladie de Crohn, d'envisager la mise au point de tests diagnostiques et éventuellement de nouvelles stratégies thérapeutiques.
 

25 k€

RetourRôle des gènes Vanin (VNN) chez l'homme dans la prédisposition aux MICI

Pr Franck Galland
INSERM U631 - CNRS UMR6102, Université de la Méditerranée - Marseille.

Les auteurs ont identifié chez la souris les gènes Vanin et montré que, grâce à leur activité pantéthéinase, ces molécules fournissaient aux tissus un métabolite appelé cystéamine qui est un régulateur essentiel de la réponse tissulaire au stress oxydant et inflammatoire. Vanin-1 est exprimée par l'épithélium colique et des souris déficientes en Vanin-1 ont une protection très accrue vis-à-vis du développement de maladies intestinales expérimentales induites par une infection ou par des drogues. De façon très significative, ces souris survivent et récupèrent un état physiologique normal là où des souris contrôles succombent suite à des hémorragies et des lésions intestinales sévères. L'administration de cystéamine à ces souris restaure la susceptibilité trouvée chez des souris contrôles. Tous ces résultats démontrent un rôle pro-inflammatoire de Vanin-1 via la cystéamine et la capacité de l'épithélium à réguler les effecteurs immunitaires au niveau tissulaire.

Le but de ce projet est d'analyser l'impact des molécules Vanin sur la prédisposition aux maladies inflammatoires de l'intestin chez l'homme. Ce projet est articulé autour de grands axes tels que :

  1. l'exploration de l'expression des gènes Vanin humains (VNN) et de leur fonction enzymatique pantéthéinase dans des échantillons biopsiques de patients atteints de maladies inflammatoires de l'intestin ;
  2. la recherche de polymorphisme ou d'altérations génétiques des gènes VNN chez des malades ;
  3. l'investigation chez la souris de l'impact fonctionnel des éventuelles mutations identifiées chez l'homme.

L'espoir est de définir des profils à risque de développement de maladie inflammatoire du côlon. Enfin, cette étude pourrait déboucher sur le développement de stratégie thérapeutique des MICI fondée sur la modulation de l'activité pantéthéinase.
 

20 k€

RetourÉtude des lymphocytes T régulateurs CD8+ CD28- dans un modèle murin des MICI

Pr Joost P.M. Van Meerwijk
INSERM U563, Centre de physiopathologie de Toulouse-Purpan, CHU Purpan - BP 3028 - 31024 Toulouse Cedex 3.

Les maladies inflammatoires chronique de l'intestin (MICI) sont les plus fréquentes des maladies inflammatoires après la polyarthrite rhumatoïde dans les pays développés. Actuellement, ces maladies sont traitées avec des drogues immunosuppressives qui cas peuvent avoir une bonne efficacité mais aussi des effets secondaires importants. Le développement de thérapies plus spécifiques doit donc être une priorité dans la recherche dans ce domaine.

Le système immunitaire a mis en place plusieurs mécanismes de régulation, dont la majorité est très spécifique. Un de ces mécanismes dépend de cellules capables d'inhiber efficacement des réponses immunitaires (ex. contre des greffes) et caractérisés par le niveau d'expression de certains marqueurs de surface (CD8+CD28-). Ces lymphocytes T suppresseurs ont été décrits chez l'homme et chez la souris. Or, ces cellules restent mal caractérisées ce qui empêche encore la manipulation de leur activité ainsi que leur utilisation dans une thérapie cellulaire chez l'homme.

L'utilisation de différents modèles expérimentaux chez l'animal, notamment chez la souris, permet d'étudier les MICI en mimant les signes cliniques et histologiques des pathologies humaines. Dans notre laboratoire, nous avons observé que les cellules CD8+CD28- sont capables d'inhiber le développement de la colite dans un modèle murin. Le but du projet de recherche est de mieux caractériser ces cellules et de comprendre comment ces cellules inhibent les MICI.

Cette étude devrait ouvrir la voie au développement de nouvelles techniques immunologiques et de protocoles de thérapie cellulaire visant à prévenir ou guérir les maladies inflammatoires de l'intestin chez l'homme.
 

25 k€

RetourModulation du métabolisme du fer au cours d'une MICI

Pr Carole Beaumont
INSERM U773 - Centre de recherche biologique Bichat-Beaujon, Faculté Xavier Bichat - 16 Rue Henri Huchard - Paris 18.

Les maladies inflammatoires intestinales, comme la maladie de Crohn, sont associées à un grand nombre de manifestations extraintestinales telles que l'anémie. Cette anémie vient aggraver la maladie avec des répercussions sur la qualité de vie, la mortalité et la morbidité. En effet, la prévalence de l'anémie chez des patients atteints de ces maladies inflammatoires chroniques de l'intestin peut atteindre jusqu'à 74 %, selon les études. Les causes de cette complication hématologique peuvent être variées et le fait que certains patients se montrent réfractaires à une supplémentation orale en fer suggère qu'il pourrait exister, au niveau intestinal, une modification de l'absorption du fer ou de son métabolisme.

L'homéostasie du fer au niveau de l'organisme est finement contrôlée et toute modification (baisse ou surcharge) est mal tolérée. Ce contrôle s'exerce en partie sur l'absorption intestinale. Il est peut-être médié par l'hepcidine, petit peptide circulant synthétisé essentiellement par le foie. En condition inflammatoire, la synthèse de l'hepcidine est augmentée et pourrait contribuer à l'anémie des états inflammatoires. Cependant, le mode d'action de l'hepcidine dans ces conditions inflammatoires reste encore à préciser.

Le but de ce projet est de caractériser le mécanisme par lequel l'hepcidine régule l'absorption intestinale du fer et d'étudier l'influence d'une inflammation localisée ou systémique sur le métabolisme intestinal du fer. Cette étude permettra également de préciser si le métabolisme du fer au niveau intestinal est modifié au cours de la maladie de Crohn et si cette modification dépend des altérations locales de la muqueuse intestinale ou du degré d'inflammation systémique. Les cibles moléculaires impliquées dans ces processus pourront ainsi être caractérisées. L'ensemble de ces approches permettra une meilleure connaissance du mécanisme d'action de l'hepcidine et pourrait contribuer au développement d'une nouvelle stratégie thérapeutique lors de la prise en charge des affections inflammatoires.
 

18 k€

RetourInfluence de l'exercice physique sur la régulation de l'inflammation intestinale

Jean-François Rahier
Laboratoire INSERM 795 - Physiopathologie des Maladies Inflammatoires Intestinales, - CHRU de Lille - Hôpital Swynghedauw - Rue A. Verhaeghe - 59037 Lille.

L'objectif de cette étude est d'évaluer sur le plan fonctionnel le rôle des exercices physiques d'intensité faible à modéré sur la durée et l'intensité de l'inflammation intestinale aiguë et chronique chez la souris après administration orale de DSS et d'apprécier sur le plan mécanistique, chez des animaux avec ou sans inflammation colique, l'influence des exercices physiques d'intensité faible et modérée sur la composition de la flore fécale adhérente, iléale et colique, la perméabilité intestinale, la translocation bactérienne, l'expression intestinale des récepteurs TLRs et nucléaires.
 


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Dernière mise à jour : 22/01/2008

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