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Bourses accordées pour l'année 2008
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 Le Comité scientifique
a sélectionné cette année 15 projets de recherche. C'est
comme chaque année une tâche difficile car les projets
présentés sont de très haut niveau. La sélection
est faite après discussion des rapports présentés par
2 membres du Comité scientifique et conservés par le
secrétariat de l' afa.
Dans la décision du Comité interviennent à la fois des
données purement scientifiques mais aussi, le fait d'avoir été
ou non bénéficiaire d'une bourse dans le passé et la
nature des recherches cliniques ou fondamentales. Nous sommes tous attirés
par les projets cliniques, thérapeutiques en particulier, mais il
faut bien comprendre qu'une meilleure compréhension des mécanismes
intimes des MICI c'est-à-dire des données fondamentales est
un préalable indispensable à la découverte de nouvelles
pistes thérapeutiques ou étiologiques. Il est aussi difficile
de choisir entre le financement complet d'un projet et une aide moins importante
mais répartie sur des projets plus nombreux comme nous l'avons fait
cette année.
Après accord du CA, 15 projets ont été retenus pour
un montant total de 361 000 .
Les projets sélectionnés sont centrés sur plusieurs
thématiques :
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Travaux à orientation clinique (5 projets) :
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| 29 k |
Recueil du point
final d'information sur les patients de la cohorte CESAME (Cancers et Surrisque
Associé aux Maladies inflammatoires intestinales En France)
Pr Laurent Beaugerie,
Service de gastro-entérologie, Hôpital Saint-Antoine,
184 rue du faubourg Saint-Antoine - 75012.
Les traitements
immunosuppresseurs
(azathioprine, méthotrexate, anti-TNF) sont de plus
en plus utilisés au cours des MICI car ils sont susceptibles d'apporter
chez les patients répondeurs une rémission durable de la maladie,
synonyme d'une vie se rapprochant de la normale. Le frein à une
utilisation massive et précoce et des immunosuppresseurs est le doute
persistant sur le fait qu'ils pourraient favoriser les lymphomes, cancers
du système lymphatique. Nous nous proposons de répondre
définitivement à cette question en notant le nombre de cancers
apparus jusqu'à fin 2007 au sein de la cohorte
CESAME, cohorte nationale anonymisée
de plus de 20000 patients atteints de MICI, constituée entre mai 2004
et mai 2005.
Nous sollicitons de nouveau une aide de l'afa, qui a soutenu
financièrement très fortement le démarrage de l'étude,
pour réussir à minimiser au maximum le nombre d'informations
manquantes en fin d'étude. En plus de répondre à la
question du sur-risque ou non de cancers, et notamment de lymphomes, lié
à l'utilisation des immunosuppresseurs, l'étude CESAME, si
elle réussit, permettra aussi de mieux préciser (à travers
une étude appelée cas-témoin) les facteurs de risque
du cancer colique au cours de la RCH et de la maladie de Crohn et la
fréquence de tous les autres cancers, en particulier du cancer de
l'intestin grêle au cours de la maladie de Crohn.
Site CESAME
2004/03
GCB - Le risque de lymphome est-il accru par les immunosuppresseurs au cours
des MICI? Le maillon manquant pour légitimer l'immunosuppression
précoce
(accès Gastroenterol Clin Biol -
accès
adhérents afa)
2006/03
SNFGE -
Cohorte
nationale CESAME : données démographiques et médicales
2004-2005 pour 20919 patients
2006/03
SNFGE -
Point sur
l'observatoire CESAME : le contexte épidémiologique

Excès
de syndromes lymphoprolifératifs au cours des Maladies Inflammatoires
Chroniques Intestinales : résultats intermédiaires de la cohorte
CESAME
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| 20 k |
Effet thérapeutique et
tolérance de l'infliximab non associé à des
traitements immunosuppresseurs dans la maladie de Crohn sévère
de l'enfant
Pr Jean-Pierre Cézard,
Service de gastro-entérologie pédiatrique, - Hôpital
Robert Debré - Paris.
Les patients ayant une maladie de Crohn (MC) sévère,
résistante au traitement usuel, sont habituellement mis à un
traitement associant des
anticorps
anti-TNFa (infliximab/Remicade®) et
des agents
immunosuppresseurs.
En 2006, 8 cas de lymphomes
T hépatospléniques mortels survenant chez des patients
traités par cette association thérapeutique, ont été
rapportés aux diverses autorités du médicament (FDA,
EMEA). Par conséquent, il ne paraît plus prudent de poursuivre
la prescription concomitante des immunosuppresseurs dans ce contexte
clinique d'autant plus que ceux-ci sont souvent inefficaces ou ne permettent
pas d'éviter les réactions d'intolérance à
l'infliximab. Une décision consensuelle allant dans ce sens
a déjà été prise par la majorité des
gastro-entérologues pédiatres français pour les patients
ayant une MC et qui sont résistants aux immunosuppresseurs
et
corticodépendants
ou
-résistants.
L'objectif principal de cette étude est de décrire
l'évolution clinique sur 1 an des enfants ayant une MC sévère
traités conjointement par immunosuppresseurs et
infliximab puis par infliximab seul après arrêt
des immunosuppresseurs. La tolérance clinique et biologique
du traitement dans cette période de temps sera également
étudiée.
Il s'agit d'une étude multicentrique, prospective de cohorte
observationnelle, avec inclusion en France de la majorité des enfants
ayant une MC sévère sous traitement par infliximab avec
arrêt des immunosuppresseurs pendant une période de 6
mois. Les patients ayant eu un arrêt de leur traitement
immunosuppresseurs dans les 6 mois précédant le début
de ce projet seront également inclus rétrospectivement.
La prise en charge habituelle de ces patients (traitement, suivi clinique
et biologique) ne sera en aucun cas modifiée. Le recueil des données
débutera à l'arrêt des immunosuppresseurs qui
aura lieu au plus tôt au moment de la quatrième injection
d'infliximab. Les données cliniques, biologiques, immunologiques
et des résultats d'imagerie seront collectés pendant 12 mois
pour chaque patient. La durée globale de ce projet est estimée
à 18 mois.
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| 30 k |
Essai multicentrique,
contrôlé, randomisé, en groupes parallèles et
double aveugle, comparant le méthotrexate au placebo
pour la mise en rémission des RCH corticodépendantes
Pr Franck Carbonnel,
Service de gastro-entérologie - CHU de Besançon,
Hôpital Jean Minjoz - 25000 Besançon.
La recto-colite hémorragique (RCH) atteint environ 40 000 patients
en France ; 15 % d'entre eux ont une forme chronique active qui
nécessite souvent une
corticothérapie permanente
dont la dose doit être maintenue au dessus d'une dose seuil pour
éviter que la maladie ne se réactive.Cette situation est
définie par le terme de
corticodépendance.
Les effets indésirables possibles d'un traitement prolongé
par les corticoïdes sont nombreux : prise de poids, hypertension
artérielle, diabète, troubles de l'humeur,
ostéoporose
Dans la recto-colite hémorragique corticodépendante, il a
été montré que l'azathioprine
(Imurel®) pouvait être efficace chez environ 50 % des
patients. Ce médicament
immunosuppresseur
peut cependant échouer ou être mal toléré. Dans
une maladie voisine de la recto-colite hémorragique, la maladie de
Crohn, il a été montré depuis plusieurs années
qu'un autre médicament, le Méthotrexate® était
efficace dans les formes corticodépendantes.
Cet essai a pour but de déterminer si le
Méthotrexate® permet d'arrêter complètement
les corticoïdes sans rechute de la maladie, plus souvent qu'avec un
placebo.
Pendant l'étude, le sujet peut recevoir après un tirage au
sort, soit le Méthotrexate®, soit le placebo. Le
produit (Méthotrexate® ou placebo) sera administré
par voie intramusculaire, une fois par semaine par une infirmière
diplômée d'état à domicile.
La durée de l'étude sera de 24 semaines.
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| 30 k |
Étude prospective des
facteurs prédictifs de maintien en rémission de la maladie
de Crohn à l'arrêt du Remicade®
Pr Edouard Louis,
Service de gastro-entérologie , CHU Sart Tilman - 4000
Liège.
Le Remicade®, un
anticorps
monoclonal neutralisant
le Tumor Necrosis Factor a
(TNFa), représente un apport majeur dans
le traitement des patients atteints de maladie de Crohn sévère,
réfractaire aux traitements
immunosuppresseurs
(Imurel®, Purinéthol®, Méthotrexate®) et/ou
aux corticoïdes.
Plusieurs études contrôlées ont démontré
son efficacité et sa bonne tolérance à court terme dans
la maladie de Crohn. Une étude récente importante, appelée
ACCENT1, a de plus démontré que le retraitement systématique
toutes les 8 semaines avec le Remicade® permettait de maintenir
la rémission clinique de la maladie de Crohn. La tolérance
d'un traitement prolongé pendant un an était également
bonne.
La tendance actuelle, aux USA et de plus en plus en Europe, dans la maladie
de Crohn réfractaire, lorsqu'on commence un traitement par
Remicade® est de le poursuivre par des perfusions systématiques
toutes les 8 semaines. Nous ne disposons toutefois d'aucune donnée
contrôlée de l'efficacité ou de la sécurité
d'utilisation au delà d'un an de traitement (durée de l'étude
ACCENT1). L'idéal, dans un esprit général de traitement
minimal efficace, serait de pouvoir induire une rémission profonde
de la maladie de Crohn avec un an de traitement par Remicade® et
ensuite de pouvoir arrêter ce traitement et de maintenir la rémission
avec un immunosuppresseur seul. Il est toutefois probable que certains patients
seront dépendants du Remicade® et risquent de rechuter
à l'arrêt du traitement. Nous ne savons pas actuellement quelle
proportion de patients risque de rechuter à l'arrêt du
Remicade® et quels sont les facteurs de risque d'une telle rechute.
Le but de cette étude est de tenter de déterminer le profil
clinique et biologique des patients chez lesquels un arrêt du traitement
par le Remicade® pourrait être envisagé après
un an de traitement, avec un faible risque de rechute. Ces informations
pourraient être importantes dans la pratique clinique courante pour
prendre une décision thérapeutique chez ces patients.
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| 30 k |
Articulation entre vie privée
et vie professionnelle, épuisement professionnel et satisfaction au
travail au cours des Maladies Inflammatoires Chroniques de l'Intestin
Marcel Lourel, Farida Mouda,
Psychologie des Régulations Individuelles et Sociales - PRIS
EA3833, Université de Rouen, rue Lavoisier 76821
Mont-Saint-Aignan.
L'objectif du travail est d'évaluer l'influence de la MICI et de son
activité, sur l'interface entre la vie privée et la vie au
travail, sur le degré d'épuisement professionnel et sur la
satisfaction au travail de l'individu. A notre connaissance, aucune étude
ne s'est intéressée spécifiquement aux relations entre
MICI et travail.
Le travail concernera 64 malades atteints de MC et 64 malades atteints de
RCH actives ou quiescentes. Seront étudiées de manière
spécifique les répercussions éventuelles des MICI sur
l'équilibre entre la vie privée et la vie au travail, sur
l'épuisement professionnel et la satisfaction au travail. Ce projet
évaluera également l'effet positif ou négatif de certaines
aides comme le soutien de la famille et de l'entourage ou la capacité
d'adaptation du malade pour faire face aux difficultés rencontrées.
Ce projet coopératif associe le service
d'hépato-gastro-entérologie et de nutrition du CHU de
Rouen et des chercheurs du Laboratoire d'accueil PRIS EA3833,
département de psychologie (Université de Rouen).
L'étude comprend deux phases :
-
le recueil de données à l'aide de différentes échelles
évaluées par des auto-questionnaires ;
-
des entretiens individuels.
Ce travail pourra, en fonction des résultats obtenus, conduire :
-
à évaluer l'intérêt d'un accompagnement psychologique
du patient en cas de difficulté dans l'équilibre entre la vie
privée et la vie au travail ;
-
à étudier étude ultérieurement le rôle
spécifique du conjoint dans la gestion de l'interface vie privée
- vie au travail.
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Travaux à orientation bactériologique, immunologique et
génétique (8 projets) :
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| 20 k |
Recherche dans le microbiote
fécal de marqueurs prédictifs de rechute après arrêt
de l'infliximab au cours de la maladie de Crohn (projet de recherche
ancillaire à l'étude STORI-GETAID)
Dr Philippe Seksik - Dr Harry Sokol,
INSERM U 538 Service de gastro-entérologie et nutrition ,
Hôpital Saint-Antoine, 184 rue du faubourg Saint-Antoine - 75571 Paris
Cedex 12.
La pathogénie
de la maladie de Crohn (MC) est encore inconnue. Néanmoins, la
dernière décennie a permis des avancées importantes
dans la compréhension du rôle de la flore intestinale (microbiote)
dans le déclenchement et l'entretien de la MC. Il existe de nombreux
arguments pour incriminer certains composants du microbiote. Notamment, des
polymorphismes d'un gène
codant pour un récepteur (Nod2) à un composant bactérien
présent dans la flore, sont fortement associés à la
MC. Nous avons montré dans des travaux antérieurs que la flore
des patients atteints de MC était déséquilibrée
par rapport aux sujets sains : ainsi, le groupe Clostridium leptum
(dominant de la flore normale) était sous représenté
chez les patients. Nous avons également montré qu'une faible
proportion d'une bactérie de ce groupe (Faecalibacterium
prausnitzii) lors d'une résection
iléo-cæcale pour MC active était
associée à un risque élevé de récidive
à 6 mois.
Le but de notre projet est de rechercher des marqueurs prédictifs
de rechute dans le microbiote fécal de patients atteint de MC en
rémission sous traitement par infliximab après arrêt
de ce traitement (échantillons de l'étude STORI-GETAID).
L'identification de tels marqueurs permettrait de connaître les patients
pouvant bénéficier de la poursuite de ce traitement. D'autre
part, la connaissance des modifications de la composition du microbiote
fécal précédant la survenue d'une rechute de la MC
permettrait de surveiller les patients et d'intensifier leur traitement avant
que la rechute ne survienne.
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| 16 k |
Potentiel
anti-inflammatoire de la colibactine produite par la souche Escherichia
coli Nissle 1917 dans le cadre des MICI
Jean Fioramonti,
UMR 1054 Neuro-gastro-entérologie et nutrition , nutrition
INRA - 180 chemin de Tournefeuille BP3 - 31 931 Toulouse Cedex 9.
L'approche thérapeutique par les
probiotiques connaît un grand
engouement étant donné le caractère "nature " et l'absence
de toxicité de ces produits. La recherche clinique et fondamentale
dans ce domaine s'est développée ces dernières années.
Plusieurs études contrôlées, randomisées ont
montré l'efficacité des probiotiques dans les maladies
inflammatoires chroniques de l'intestin : ainsi par exemple, la souche E.
coli Nissle 1917
(Mutaflor®)
a une efficacité similaire à celle des
amino-salicylés dans
le maintien en rémission de la recto-colite hémorragique.
L'équipe de microbiologistes partenaires de ce projet a récemment
découvert que la souche probiotique E. coli Nissle 1917 synthétise
une substance appelée colibactine. La colibactine appartient
à la famille de produits naturels, les polykétides,
ayant une gamme très diverse d'activités biologiques et de
propriétés pharmacologiques (antibiotiques, antiparasitaires,
anti-tumorales,
immunosuppressessives). Un travail
préliminaire dans une colite expérimentale du rat a montré
que la colibactine présentait des propriétés
anti-inflammatoires.
Dans ce projet, l'objectif est de confirmer cet effet protecteur de la
colibactine et de caractériser son activité sur
l'immunité de la muqueuse intestinale en utilisant plusieurs modèles
animaux de colite inflammatoire.
La mise en évidence et la caractérisation des
propriétés anti-inflammatoires de cette substance bactérienne
est primordiale pour son exploitation future à des fins
thérapeutiques. En effet, la colibactine est
synthétisée par les bactéries directement sur le site
de l'inflammation. L'utilisation de souches probiotiques capables de produire
de grandes quantités de colibactine pourrait permettre
d'améliorer considérablement la prise en charge des maladies
inflammatoires chroniques de l'intestin.
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| 18 k |
Rôle des immun-complexes
IgA/IgG dans le transport intestinal d'antigènes bactériens
dans la maladie de Crohn
Martine Heymann
DR2 INSERM U793, Faculté de médecine René Descartes
- 156 Rue de Vaugirard - 75730 Paris.
Les études de la maladie de Crohn suggèrent qu'une réaction
immunitaire anormale vis-à-vis
d'antigènes bactériens pourrait
être la cause de l'inflammation chronique intestinale. Le but du travail
est de comprendre comment les antigènes normalement confinés
dans la lumière intestinale
pénétrent la muqueuse de façon anormale.
L'immunité « sécrétoire » suppose
que des immunoglobulines (Ig)
spécifiques d'antigènes bactériens ou alimentaires (IgA
sécrétoires) sont sécrétées dans le tube
digestif et forment un manteau protecteur à la surface intestinale,
empêchant les antigènes nocifs de pénétrer la
muqueuse. Ce projet vise à tester l'hypothèse que des complexes
IgA/antigènes bactériens (immun-complexes) présents
dans la lumière intestinale sont anormalement transportés dans
la muqueuse intestinale et stimulent des réactions de défenses
inappropriées.
Ce rétro-transport pourrait être dû à l'expression
anormale d'un récepteur aux IgA (CD71) sur la face
apicale des cellules intestinales. CD71
est d'abord le récepteur de la transferrine exprimé sur la
face « sanguine » des cellules
épithéliales intestinales.
Il capte le fer dans les cellules. La polarité d'expression inversée
de CD71 pourrait induire le rétro-transport d'immun-complexes
IgA/fragments bactériens dans la muqueuse, confèrant un pouvoir
hautement immuno-stimulant aux antigènes bactériens reconnus
par ces IgAs. Un tel scénario est démontré dans la maladie
coeliaque (intolérance au gluten) où l'on observe un
rétro-transport anormal d'immun-complexes IgA/gluten au niveau intestinal.
Si l'expression anormale de récepteurs aux Ig au niveau de l'intestin
est responsable de l'invasion de la muqueuse par des antigènes
bactériens (ou alimentaires), il serait possible d'envisager de bloquer
ces récepteurs pour tenter de minimiser la stimulation antigénique
anormale responsable des lésions dans la maladie de Crohn.
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| 15 k |
Rôle des
sérine-protéases et du récepteur de type 4 activé
par les protéases (PAR4) dans la pathogénèse des MICI
Laurent Ferrier
Chargé de recherche, INRA/EI-Purpan UMR 1054
Neuro-gastro-entérologie et nutrition, 180 Chemin de Tournefeuille,
BP3 - 31931 Toulouse Cedex 9.
Les patients atteints de recto-colite hémorragique (RCH) présentent
dans leurs selles un niveau élevé de
protéases qui peuvent avoir diverses
origines. Dans un travail précédent, les auteurs ont montré
que cet excès de protéases provenait des cellules inflammatoires
qui affluent lors des poussées de la maladie. Ils suggèrent
que ces protéases puissent être impliquées dans la maladie,
en fragilisant la muqueuse du côlon. En effet, les protéases
agissent comme un "signal" qui perturbe et endommage l'intestin par le biais
de récepteurs spécifiques.
L'objectif est d'identifier quelle(s) protéase(s) et quel(s)
récepteur(s) sont impliqués dans les défaillances de
la muqueuse observées au cours de la RCH. Les premiers résultats
sont prometteurs. En appliquant des extraits de selles de patients sur du
côlon de souris une caractéristique fondamentale de la RCH,
à savoir la fragilisation de la muqueuse, a pu être reproduite.
Les auteurs ont également identifié un récepteur qui
semble jouer un rôle clé dans cet effet néfaste, car
en bloquant ce récepteur, les extraits de selles ne fragilisent plus
l'intestin de souris.
Il reste, à présent, à conforter ces résultats
sur des prélèvements humains et tenter de les étendre
à la maladie de Crohn. A travers l'étude du couple
protéase/récepteur, les auteurs espèrent identifier
des nouvelles cibles thérapeutiques.
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| 40 k |
Identification et fonction des
MicroARNs surexprimés ou réprimés au cours des MICI
Dr Xavier Treton,
INSERM U773 Faculté Xavier Bichat - PARIS VII - Service de
gastroentérologie et d'assistance nutritive, Hôpital Beaujon
- Clichy
Les microARN (petits ARN non codants) sont susceptibles de contrôler
l'expression protéique par des
interactions avec les ARN messagers (ARNm). Ils contrôlent de nombreuses
fonctions cellulaires (développement, différenciation,
prolifération, apoptose). Ainsi,
toute modification dans l'expression ou la fonction des microARN est susceptible
de provoquer l'apparition de maladies.
Notre hypothèse est qu'une anomalie d'expression de certains microARN,
pourrait jouer un rôle dans la dérégulation de facteurs
cellulaires impliqués dans la
prédisposition aux MICI.
La caractérisation de l'expression des microARN dans les MICI, en
étudiant des biopsies
endoscopiques issues de patients, montre
qu'il existe des profils spécifiques d'expression. L'identification
des cibles de ces microARN dérégulés au cours des MICI
devrait permettre de mieux comprendre les anomalies de la réponse
inflammatoire observées au cours de la recto-colite hémorragique
et de la maladie de Crohn, d'envisager la mise au point de tests diagnostiques
et éventuellement de nouvelles stratégies
thérapeutiques.
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| 25 k |
Rôle des gènes Vanin
(VNN) chez l'homme dans la prédisposition aux MICI
Pr Franck Galland
INSERM U631 - CNRS UMR6102, Université de la
Méditerranée - Marseille.
Les auteurs ont identifié chez la souris les
gènes Vanin et montré que,
grâce à leur activité pantéthéinase, ces
molécules fournissaient aux tissus un
métabolite appelé
cystéamine qui est un régulateur essentiel de la
réponse tissulaire au stress oxydant et inflammatoire. Vanin-1 est
exprimée par
l'épithélium
colique et des souris déficientes
en Vanin-1 ont une protection très accrue vis-à-vis du
développement de maladies intestinales expérimentales induites
par une infection ou par des drogues. De façon très significative,
ces souris survivent et récupèrent un état physiologique
normal là où des souris contrôles succombent suite à
des hémorragies et des lésions intestinales sévères.
L'administration de cystéamine à ces souris restaure
la susceptibilité trouvée
chez des souris contrôles. Tous ces résultats démontrent
un rôle pro-inflammatoire de Vanin-1 via la cystéamine
et la capacité de l'épithélium à réguler
les effecteurs immunitaires au niveau tissulaire.
Le but de ce projet est d'analyser l'impact des molécules Vanin sur
la prédisposition aux maladies inflammatoires de l'intestin chez l'homme.
Ce projet est articulé autour de grands axes tels que :
-
l'exploration de l'expression des gènes Vanin humains (VNN) et de
leur fonction enzymatique pantéthéinase dans des échantillons
biopsiques de patients atteints de maladies inflammatoires de l'intestin
;
-
la recherche de polymorphisme ou d'altérations génétiques
des gènes VNN chez des malades ;
-
l'investigation chez la souris de l'impact fonctionnel des éventuelles
mutations identifiées chez l'homme.
L'espoir est de définir des profils à risque de développement
de maladie inflammatoire du côlon. Enfin, cette étude pourrait
déboucher sur le développement de stratégie
thérapeutique des MICI fondée sur la modulation de l'activité
pantéthéinase.
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| 20 k |
Étude des
lymphocytes T régulateurs CD8+ CD28- dans un modèle murin des
MICI
Pr Joost P.M. Van Meerwijk
INSERM U563,
Centre de
physiopathologie de Toulouse-Purpan, CHU Purpan - BP 3028 - 31024 Toulouse
Cedex 3.
Les maladies inflammatoires chronique de l'intestin (MICI) sont les plus
fréquentes des maladies inflammatoires après la polyarthrite
rhumatoïde dans les pays développés. Actuellement,
ces maladies sont traitées avec des drogues
immunosuppressives qui cas peuvent
avoir une bonne efficacité mais aussi des effets secondaires importants.
Le développement de thérapies plus spécifiques doit
donc être une priorité dans la recherche dans ce domaine.
Le système immunitaire a mis en place plusieurs mécanismes
de régulation, dont la majorité est très spécifique.
Un de ces mécanismes dépend de cellules capables d'inhiber
efficacement des réponses immunitaires (ex. contre des greffes) et
caractérisés par le niveau d'expression de certains marqueurs
de surface (CD8+CD28-). Ces lymphocytes
T suppresseurs ont été décrits chez l'homme et chez
la souris. Or, ces cellules restent mal caractérisées ce qui
empêche encore la manipulation de leur activité ainsi que leur
utilisation dans une thérapie cellulaire chez l'homme.
L'utilisation de différents modèles expérimentaux chez
l'animal, notamment chez la souris, permet d'étudier les MICI en mimant
les signes cliniques et histologiques
des pathologies humaines. Dans notre laboratoire, nous avons observé
que les cellules CD8+CD28- sont capables d'inhiber le développement
de la colite dans un modèle murin.
Le but du projet de recherche est de mieux caractériser ces cellules
et de comprendre comment ces cellules inhibent les MICI.
Cette étude devrait ouvrir la voie au développement de nouvelles
techniques immunologiques et de protocoles de thérapie cellulaire
visant à prévenir ou guérir les maladies inflammatoires
de l'intestin chez l'homme.
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| 25 k |
Modulation du
métabolisme du fer au cours d'une MICI
Pr Carole Beaumont
INSERM U773 - Centre de recherche biologique Bichat-Beaujon, Faculté
Xavier Bichat - 16 Rue Henri Huchard - Paris 18.
Les maladies inflammatoires intestinales, comme la maladie de Crohn, sont
associées à un grand nombre de manifestations extraintestinales
telles que l'anémie. Cette anémie vient aggraver la maladie
avec des répercussions sur la qualité de vie, la mortalité
et la morbidité. En effet, la
prévalence de l'anémie
chez des patients atteints de ces maladies inflammatoires chroniques de
l'intestin peut atteindre jusqu'à 74 %, selon les études.
Les causes de cette complication hématologique peuvent être
variées et le fait que certains patients se montrent réfractaires
à une supplémentation orale en fer suggère qu'il pourrait
exister, au niveau intestinal, une modification de l'absorption du fer ou
de son métabolisme.
L'homéostasie du fer au niveau
de l'organisme est finement contrôlée et toute modification
(baisse ou surcharge) est mal tolérée. Ce contrôle s'exerce
en partie sur l'absorption intestinale. Il est peut-être médié
par l'hepcidine, petit peptide circulant
synthétisé essentiellement par le foie. En condition inflammatoire,
la synthèse de l'hepcidine est augmentée et pourrait
contribuer à l'anémie des états inflammatoires. Cependant,
le mode d'action de l'hepcidine dans ces conditions inflammatoires
reste encore à préciser.
Le but de ce projet est de caractériser le mécanisme par lequel
l'hepcidine régule l'absorption intestinale du fer et
d'étudier l'influence d'une inflammation localisée ou
systémique sur le métabolisme intestinal du fer. Cette étude
permettra également de préciser si le métabolisme du
fer au niveau intestinal est modifié au cours de la maladie de Crohn
et si cette modification dépend des altérations locales de
la muqueuse intestinale ou du degré d'inflammation systémique.
Les cibles moléculaires impliquées dans ces processus pourront
ainsi être caractérisées. L'ensemble de ces approches
permettra une meilleure connaissance du mécanisme d'action de
l'hepcidine et pourrait contribuer au développement d'une nouvelle
stratégie thérapeutique lors de la prise en charge des affections
inflammatoires.
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| 18 k |
Influence de l'exercice physique
sur la régulation de l'inflammation intestinale
Jean-François Rahier
Laboratoire INSERM 795 - Physiopathologie des Maladies Inflammatoires
Intestinales, - CHRU de Lille - Hôpital Swynghedauw - Rue A. Verhaeghe
- 59037 Lille.
L'objectif de cette étude est d'évaluer sur le plan fonctionnel
le rôle des exercices physiques d'intensité faible à
modéré sur la durée et l'intensité de l'inflammation
intestinale aiguë et chronique chez la souris après administration
orale de DSS et d'apprécier sur le plan mécanistique, chez
des animaux avec ou sans inflammation colique, l'influence des exercices
physiques d'intensité faible et modérée sur la composition
de la flore fécale
adhérente,
iléale et
colique, la perméabilité
intestinale, la translocation bactérienne, l'expression intestinale
des récepteurs TLRs et nucléaires.
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