Microflore intestinale : mieux comprendre son rôle dans la survenue
des MICI, c'est mieux comprendre les MICI
Compte rendu de congrès - Symposium de Paris,
8 mars 2007 |
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"Parler de la vraie vie est nécessaire et complémentaire
de l'evidence-based medicine dans le domaine des maladies inflammatoires
chroniques intestinales (MICI) : en effet, beaucoup de situations
fréquentes ne sont pas incluses dans les études, en particulier
lorsqu'elles sont trop complexes."
La microflore intestinale est l'ensemble des micro-organismes présents
dans le tube digestif.
Les faits
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Les lésions de MICI surviennent là où les concentrations
de bactéries sont les plus élevées.
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Des modifications de la microflore sont parfois associées à
des poussées de MICI.
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Au cours des poussées de MICI, il existe une rupture de la tolérance
immunitaire vis-à-vis de la microflore.
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L'efficacité des
probiotiques et
prébiotiques a été
montrée dans certaines situations.
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Il existe un rôle du chyme dans
la récidive postopératoire.
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Les mutations de NOD2 concernent un récepteur de l'immunité
innée.
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La microflore porterait le ou les
antigène(s) responsable(s) de
l'inflammation.
Caractéristiques
La microflore intestinale participe à la
physiologie normale (mutualisme).
À la naissance, le tube digestif est stérile. La microflore
d'adulte est acquise entre 2 et 6 ans, avec trois caractéristiques
(figure 1).
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biodiversité : 1014 bactéries (100 000
milliards) dans le tube digestif, 1013 cellules dans le corps
humain. Les taux de bactéries croissent tout au long du tube digestif
(figure 2). Il existe une progression qualitative des populations
bactériennes le long du tube digestif (figure 3).
Il existe environ 400 espèces bactériennes dans le tube digestif
et, pour chaque individu, on peut obtenir le profil de sa microflore
fécale.
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stabilité : chez un individu, la microflore est stable
au cours du temps. Les facteurs de déstabilisation sont
l'antibiothérapie, une infection intestinale, une poussée de
MICI. La microflore fécale est
résiliente. Après une
antibiothérapie, on retrouve la flore intestinale en 30 à 60
jours. Au cours de la maladie de Crohn, la flore est instable et moins
résiliente.
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fonctions : la microflore a des fonctions de fermentation (sucres),
de putréfaction
(protéines), de transformation
des acides biliaires ou des xénobiotiques. Elle exerce un effet de
barrière (figure 4), s'opposant à la colonisation de l'intestin
par des micro-organismes
pathogènes comme Clostridium
difficile. Les mécanismes font intervenir des relations
bactéries-bactéries et des relations
bactéries-cellules
épithéliales. Certaines
bactéries imposent aux cellules épithéliales de
sécréter des
défensines qui luttent contre
les bactéries pathogènes. L'acquisition de la microflore permet
la maturation du système immunitaire avec une tolérance
vis-à-vis de notre propre microflore, qui joue un rôle adjuvant
pour la tolérance des protéines alimentaires et permet de maintenir
l'intégrité de l'épithélium intestinal.
Au cours des MICI
Il existe une altération de la barrière muqueuse avec une
diminution des défensines, surtout en cas de mutation de NOD2, ce
qui entraîne des concentrations élevées de bactéries
dans le mucus.
Il existe également une dysbiose, c'est-à-dire un
déséquilibre entre bactéries protectrices et agressives.
Certains micro-organismes persistants ont été décrits
comme Escherichia coli adhérents et invasifs (AIEC) ou
Mycobacterium paratuberculosis.
Conclusion
La microflore intestinale est un élément clé
dans les MICI, portant le ou les antigène(s) responsable(s) de
l'inflammation, et pouvant être modulée pour un effet
bénéfique. Les patients atteints de MICI ont un capital flore
qui doit être préservé en évitant les antibiotiques
et les AINS, ou restauré par l'utilisation de pré- ou
probiotiques.
Pr Marc-André Bigard (CHU Nancy)
D'après l'exposé de Dr Philippe
Seksik,
Service de gastro-entérologie et nutrition - Hôpital
Saint-Antoine, Paris