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Je ne sais si il en va de même pour tout le monde, mais autour de moi, le sentiment le plus partagé est l'incompréhension. J'entends par là que l'on ne réalise pas ce qu'est ma maladie et ses conséquences. Ce qui pourrait être flatteur, en ce sens que l'on me traite comme quelqu'un de normal(c'est qu'au moins je fais illusion), ne fait qu'être bien souvent très pesant. La première chose qui nous touche tous est le régime alimentaire. Je ne compte plus les gaffes à répétition, les questions stupides et ressassées, et l'absence de mémorisation (relativement simple : pas de fruits ni de légumes (sans entrer dans les détails)) de mon alimentation par mes proches. De ce fait, à part moi même, mon niveau de confiance pour la nourriture ira d'abord, avec des failles, à ma fiancée puis mes parents. Tous les autres sont loin derrière voir n'y prêtent carrément pas attention. La deuxième chose est les "invitations-injonctions" à se rendre dans des lieux publics : restaurants, cinémas, magasins... Toujours très simple à gérer quand on risque de se faire dessus n'imorte quand et que l'on ne sait pas où se trouve les toilettes. Très agréable à vivre aussi lorsque l'on est en train de souffrir en silence et que l'on aurait envie que d'une chose se pelotonner sans bouger dans son coin. Mais non, au lieu de cela on vous demande d'être debout, de marcher, et de suivre la cadence alors que vous suffoquez, et après on vous regarde au mieux avec de la pitié, au pire en maugréant contre vous car vous ralentissez le rythme et empêcher d'en profiter par vos grimaces, pauses et douleurs. Et on vous dit ensuite "Mais il fallait le dire que tu ne voulais pas sortir", la réplique miracle!!! Bon sang de bois c'est vrai que l'on est en pleine forme 24/24h quand on est en crise!!! Cette satanée réplique qui n'a qu'un but nous faire culpabiliser et nous forcer à sortir la fois suivante, encore une fois malgré la douleur et la gêne. Cette réplique qui à un avant goût amer de couperet, prêt à rendre une sentence que l'on redoute, l'abandon par l'être ou les êtres aimé(s) ... Et voilà comment l'on passe ses journées dans un monde d'incompréhension, à jongler pour cacher les côtés "bizarres" des hurluberlus que nous sommes, pour que la société veuille bien nous accepter. Et après çà on se demande pourquoi nous sommes épuisés!!! Pour ceux qui se reconnaissent dans ce portrait faîtes le lire à vos proches, il auront peut-être un regard nouveau sur vous ensuite.
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