Les interventions chirurgicales en cas de recto-colite hémorragique
(source : Intestinfo) En urgence : En cas de colite aiguë, la maladie peut s'aggraver rapidement, les médicaments sont parfois inefficaces. Le risque de complications est grand, faisant craindre pour la vie du malade. La seule solution est de pratiquer une intervention sans trop attendre. ➤ Quelles opérations ?
Une colectomie subtotale (ablation du colon) avec mise à la peau du grêle terminal (iéostomie) et mise à la peau du sigmoïde (sigmoïdostomie). Deux à trois mois plus tard une nouvelle opération sera nécessaire à froid. L'ileostomie (la poche) n'est pas définitive.
À froid : L'opération est décidée si les signes sont trop pénibles et les médicaments insuffisants ou encore plus rarement si apparaît un risque de cancer. Lors de la décision le chirurgien explique les inconvénients possibles de l'opération et aussi ses avantages. ➤ Quelles opérations ?
Colo proctectomie totale avec anastomose iléo anale : On enlève complètement le colon et le rectum et on raccorde l'extrémité du grêle à l'anus après avoir confectionné un réservoir sur la fin du grêle. Une ileostomie (poche) est mise en place à l'endroit repéré par le chirurgien ou une infirmière stomathérapeute avant l'opération. Elle sera supprimée quelques mois plus tard, après cicatrisation de la suture entre grêle et anus.
Résultats : L'état général s'améliore permettant la reprise d'une activité normale, les selles peuvent rester fréquentes, en moyenne 6 par jour, malgré la confection du réservoir. Colectomie totale avec anastomose ileo rectale : Le grêle est abouché au sommet du rectum. Il faut que le rectum soit peu atteint par la maladie. Un examen est nécessaire par rectoscopie tous les ans pour déceler un risque de cancer. La maladie peut récidiver au niveau du rectum laissé en place.
Les interventions chirurgicales dans le cas de la maladie de Crohn
(source : Intestinfo) Beaucoup de malades doivent être opérés. Malheureusement on ne peut assurer que la guérison sera définitive même si toutes les lésions ont pu être enlevées. Les récidives sont fréquente. En urgence : l'opération est indispensable pour des perforations de l'intestin donnant des abcès ou une péritonite, pour une occlusion ou encore une colite grave. À froid : Quand les signes de la maladie deviennent trop pénibles du fait de fistules, de rétrécissement de l'intestin, avec souvent une fatigue, de l'infection, un amaigrissement. Une préparation peut être nécessaire avant l'opération avec mise au repos de l'intestin et perfusions intra veineuses pendant quelques semaines. Pour les lésions du grêle : ➤ Quelles opérations ?
Une résection ileo caecale : Les lésions siègent très souvent au niveau de la fin du grêle (ileon terminal), on pratique une ablation du grêle malade et pour des raisons techniques celle du caecum (partie initiale droite du colon) avec suture iléo colique (anastomose) : il n'y a pas de poche. Parfois cette opération peut être faite par de petites incisions (souscoelioscopie). Une résection du grêle sans toucher au colon : Si la fin du grêle est normale. Une plastie du grêle (stricturoplastie) : Élargissement d'un court segment de grêle rétréci. La nécessité d'une stomie (poche) est rare, sauf dans des cas d'abcès ou de péritonite. Elle sera temporaire. Pour les lésions du colon et du rectum : ➤ Quelles opérations ?
Colectomie segmentaire (ablation partielle du colon) : Est possible lorsque les lésions sont parfaitement localisées.
Colectomie subtotale suivie d'ileostomie (mise en place d'une poche) et de sigmoidostomie (abouchement à la peau de l'intestin juste avant le rectum) : Elle est nécessaire en cas de maladie évoluant gravement sur le colon, souvent en urgence, chez des patients affaiblis. Après quelques mois on jugera de la possibilité de raccorder le grêle au rectum et de supprimer la poche. Si le rectum reste malade ce rétablissement de continuité ne sera pas possible. Colectomie totale avec anastomose ileo rectale avec parfois une ileostomie (poche) : Durant deux ou trois mois, pendant la cicatrisation de la suture entre le grêle et le rectum. Elle est possible en cas de colites graves chroniques, lorsque le rectum est peu malade, avec un inconvénient : la maladie peut évoluer au niveau du rectum et de l'anus. Colo proctectomie totale : Ablation totale du colon et du rectum avec ileostomie (poche) définitive. Elle est la seule solution si les signes sont trop pénibles, en particulier lorsqu'il existe en plus d'une colite ou d'une rectite, des fistules au niveau de l'anus, du vagin ou une incontinence. La décision est lourde à prendre mais le confort de vie sera meilleur avec une stomie qu'avec les multiples inconvénients de la maladie. Il est possible que la cicatrisation du périnée, à l'emplacement de l'anus soit longue. Lésions de l'anus et du périnée : Les abcès doivent être incisés sous anesthésie. En cas de fistules il peut être utile de mettre en place un drain élastique, laissé longtemps en place. Lorsque la gêne est discrète les lésions peuvent être respectées. Le traitement médical est souvent efficace. Malheureusement existent des lésions graves : rétrécissement de l'anus, incontinence des matières fécales, fistules avec le vagin, ulcérations autour de l'anus qui résistent aux médicaments et pour lesquels les opérations sont aléatoires. |
Qu'est-ce qu'une stomie ?
« Stomie : faut-il en avoir peur ? »
Quelques remarques préalables sur le tube digestif L’intestin grêle a un rôle majeur dans l’absorption des nutriments et des hydro-électrolytiques. L’iléon, partie terminale de l’intestin grêle, a quelques spécificités, puisque c’est à ce niveau que la vitamine B12, et les sels biliaires sont absorbés. En cas de résection de l’iléon, une supplémentation en vitamine B12 en intramusculaire, est souvent nécessaire. Quant au côlon, il a un rôle d’absorption d’eau et d’électrolytes. Cependant, il a un rôle mineur dans la digestion. On peut d’ailleurs vivre sans côlon (en s’hydratant bien), mais pas sans intestin grêle. Toute résection intestinale entraînait un risque potentiel de diarrhée avec ou sans malabsorption intestinale. Les risques varient selon l’étendue de la résection, le siège (grêle et/ou côlon), … Selon des études relativement anciennes, 80% des malades de Crohn seront un jour, opérés (Une étude plus récente parle plutôt de 60%). Toujours selon cette étude, les risques de ré-intervention à 10 ans sont de 35% et les risques de stomie définitive 10%. La chirurgie de la maladie de Crohn est une chirurgie d’économie (la maladie de Crohn pouvant toucher tout le tube digestif) et répond à des critères essentiels : - N’opérer que les formes compliquées et résistantes au traitement médical - Pratiquer une résection la plus limitée possible | | Qu’est ce qu’un stomie ? Une stomie digestive est l’abouchement d’un morceau de l’intestin à la peau, permettant l’évacuation des selles, qui se fait dans une poche de recueil. La stomie étant de la muqueuse, elle est rouge (comme l’intérieur d’une joue) et son toucher est indolore. Elle est insensible. La stomie peut être : - provisoire : en cas de colite grave, péritonite, abcès, - définitive (cette intervention est appelée amputation abdomino-périnéale) Enfin, en cas de maladie active réfractaire, une stomie de dérivation peut être proposée. Sans ablation d’intestin, cette stomie permet de mettre au repos le reste du tube digestif par lequel le transit ne circulera plus, dans l’attente d’un nouveau traitement et d’une éventuelle remise en continuité. Il existe plusieurs styles de stomies digestives selon leur localisation. Les plus fréquentes sont : - L’iléostomie : la stomie est placée au niveau de l’iléon. - La colostomie gauche : la stomie est placée au niveau du côlon gauche. | |
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| Iléostomie | Colostomie |
Dans le cas d’une iléostomie, les selles sont alors, le plus souvent liquides. Le débit de l’iléostomie varie de 500 mL à 1L par jour. Pour les colostomies gauches, les selles sont pâteuses ou moulées, et produisent moins de quantité qu’une iléostomie, l’eau étant absorbé par le côlon. Il n’y a pas de conséquences sur la digestion et l’absorption. L’évacuation des selles et des gaz se fait dans une poche de recueil, autrement appelée « appareillage ». A l’heure actuelle, 4 marques proposent des poches et il en existe de nombreux modèles. L’appareillage 2 pièces (le plus souvent utilisé pour les iléostomies) est composé d’un support qui adhère à la peau, et d’une poche (vidable pour les iléostomies ou fermée pour les colostomies) qui se fixe au support. La poche peut ainsi être changée tous les jours en fonction des besoins, et le support en moyenne tous les 3 à 4 jours. L’appareillage 1 pièce est composé d’un support solidaire de la poche |
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Appareillage 2 pièces | Appareillage 1 pièce
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Insistons sur le fait qu’il n’y a pas un appareillage idéal, la personne stomisée doit trouver SON appareillage, en faisant des essais avec l’aide du stomathérapeute. Le confort qu’apporte un appareillage fiable est un élément essentiel au bien-être et au travail d’acceptation de la stomie. Les appareillages (poches et supports), ainsi que la pâte (qui sert à faire le joint entre la peau, la stomie et le support pour éviter les fuites), sont remboursés à 100%, dans le cadre de l’ALD. Des complications peuvent apparaître : problèmes cutanés (boutons, rougeurs), allergies à l’appareillage, fuites. Dans ce cas-là, il est important de recontacter le stomathérapeute pour avoir des conseils pour remédier à ces soucis, et éventuellement, ajuster l’appareillage. En cas d’iléostomie, il y a un risque de déshydratation (le côlon n’étant plus là pour absorber l’eau). Il est donc important de saler les aliments et de contrôler le débit de la stomie, qui doit être inférieur à 1L/24h. Quelques conseils sur les « soins » d’une stomie, : Il s’agit de soins d’hygiènes simples (laver uniquement à l’eau et au savon). Il ne faut pas en avoir peur, car ce n’est pas une plaie. Elle a également souligné l’importance de l’apprentissage avec le stomathérapeute lors de l’hospitalisation, mais aussi une fois de retour chez soi. Les appareillages de stomie sont parfaitement étanches, et permettent de prendre bains et douches. Le style vestimentaire peut rester le même, s’il y a eu un repérage par le stomathérapeute, fait avant l’intervention, pour situer l’endroit « idéal » de la stomie, pour ne pas gêner dans les mouvements, ni l’habillement.Toutes les activités physiques sont possibles, sauf pour les sports violents (tels que judo, karaté, …) qui pourraient occasionner des chocs au niveau de la stomie. L’hydratation est là encore très importante ! Une stomie n’empêche pas de voyager. Il faut juste prévoir d’emmener suffisamment de matériel, et penser à prédécouper les supports, car les ciseaux sont confisqués en cas de voyages en avion ! De plus, le matériel, ainsi que les médicaments doivent voyager en bagage-cabine, pour ne pas prendre le risque, en cas de valise en soute perdue, de se retrouver sans ce qui est indispensable pour un malade. Au niveau diététique, tout est permis. Juste après une intervention, il est recommandé de faire pendant quelques jours un régime sans résidu, qui est élargi dès que possible, afin de retrouver une alimentation normale et variée. Enfin, la grossesse est tout à fait possible avec une stomie. Il n’y a pas d’interaction avec celle-ci. La surveillance se fait le plus souvent par une équipe pluri-disciplinaire (stomathérapeute, médecin traitant, obstétricien, gastro-entérologue, chirurgien, …)
Pour conclure, la stomie est souvent un traumatisme psychique, d’autant plus grave si elle est réalisée en urgence. Elle occasionne souvent peur et questionnements. Cependant, les infirmières-stomathérapeutes, présents dans chaque département (liste disponible auprès de l’AFET (association française d’entérostomathérapeutes) : www.afet.asso.fr) sont là pour informer sur la vie avec une stomie. Des associations de malades, telles que l’afa ou la FSF (Fédération des Stomisés de France) peuvent également apporter du soutien et du partage d’expériences.`
par le Dr Isabelle Nion-Larmurier, gastro-entérologue à l’hôpital St-Antoine à Paris (juin 2009)
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