Lorsqu'un homme ou une femme atteint de MICI décide d'avoir un enfant, il faut formellement interrompre tout traitement par Méthotrexate®, dont la prise au moment de la conception (et pour la mère pendant la grossesse) peut faire courir un risque de malformation.
Les hommes voulant concevoir et traités par sulfasalazine (Salazopyrine®) doivent être informés que ce médicament peut réduire la fertilité. Ce phénomène est réversible à l'arrêt du traitement. Les femmes voulant concevoir et traitées par sulfasalazine (Salazopyrine®) doivent être informées que ce médicament fait courir un risque de carence en acide folique, qui peut être préjudiciable au développement du foetus. Il est donc recommandé aux femmes désireuses de grossesse et traitées par Salazopyrine® une supplémentation en acide folique, par exemple sous la forme de trois comprimés de Spéciafoldine® par semaine. Ce traitement doit être débuté dans les mois précédant l'arrêt de la contraception.
Les femmes qui envisagent une grossesse et qui sont traitées par des dérivés salicylés par voie orale (Fivasa®, Pentasa®, Rowasa®) doivent réduire le cas échéant la dose à 2 g/jour (dose maximale autorisée en cas de grossesse) avant la conception et pendant toute la durée de la grossesse.
Les corticoïdes sont utilisables pendant la grossesse en faisant en sorte, si possible, que la dose ne soit pas trop élevée au moment attendu de l'accouchement de l'enfant.
Lorsqu'une femme désireuse de grossesse est traitée par azathioprine (Imurel®), elle doit savoir que ce médicament n'est plus considéré comme accroissant le risque de malformation fœtale. Néanmoins, nous n'avons pas encore une absolue certitude sur l'absence de conséquences à long terme chez les enfants, voire les petits enfants des mères traitées par azathioprine (Imurel®) pendant la grossesse. Il faut donc, au cas par cas, peser le pour et le contre d'un maintien de l'Imurel®. Lorsque l'homme ou la femme traité par Imurel® souffrait d'une MICI sévère avant la mise en route du traitement et a très bien réagi à ce traitement (ce qui leur a permis d'avoir des projets de grossesse), la durée de la rémission sous Imurel® conditionne le risque lié à l'arrêt du traitement. Lorsque la rémission est récente (moins de 2-3 ans), le risque de rechute de la MICI dans l'année suivant l'arrêt est élevé. L'homme qui a arrêté l'Imurel® dans ce contexte risque ainsi de faire une poussée, du simple fait de son désir de paternité. La femme qui vient d'arrêter l'Imurel® a un risque notable de son côté de développer une poussée pendant la grossesse, elle-même menaçant l'issue de la grossesse. Dans cette situation de rémission récente d'une MICI sévère grâce à l'Imurel®, le mieux est probablement de continuer le traitement, tout en laissant le choix au malade après l'avoir pleinement informé. Inversement, lorsque la rémission d'une MICI est ancienne (plus de 4-5 ans), le risque de récidive de la MICI dans l'année qui suit est assez faible et justifie de proposer aux malades d'interrompre le traitement, le temps de mener à bien le projet de grossesse.