Pour deux projets sur la RCH. Ces projets exceptionnels de 500 000 € sont dûs à la générosité d’une famille, celle de Fabrice Glikson. Ce jeune homme de 39 ans, est parti trop tôt des suites des suites d’une RCH qui a évolué en cancer, faute d’un suivi médical régulier. Sa mère Maddy, et sa femme Véronique ont souhaité que le nom de Fabrice soit associé à un espoir pour tous les malades et les proches et ont donc fait une donation importante à l’afa, qui finance en partie ces projets désormais nommés : « Les bourses de recherche exceptionnelles à la mémoire de Fabrice Glikson » Vous aussi pouvez soutenir ces projets de recherche, vous savez qu’il faut encore beaucoup de fonds avant d’aboutir. La recherche médicale en France est une des plus dynamiques au monde, grâce à des équipes exceptionnelles, grâce modestement à l’afa, grâce à vous !
Pour le 1er projet, il s’agit d’un projet sur recto-colite hémorragique et cholangite sclérosante primitive : un modèle humain pour le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques. La rectocolite hémorragique (RCH) comporte une inflammation chronique du côlon chez des individus génétiquement prédisposés. La cholangite sclérosante primitive (CSP) est une affection inflammatoire et fibrosante des voies biliaires qui est associée dans 75% des cas à une RCH en général modérée, comme si la CSP avait un effet bénéfique sur la RCH. D'ailleurs la transplantation hépatique parfois nécessaire s'accompagne d'une reprise évolutive de la RCH. Le but de ce projet est d'identifier les mécanismes à l'origine de cette action anti-inflammatoire et de les exploiter dans de nouvelles stratégies thérapeutiques. Des travaux sur des modèles murins de colite doivent permettre de confirmer l'effet régulateur sur la colite d'une inflammation hépatique, de préciser le rôle des lymphocytes hépatiques et de les caractériser chez la souris et chez l'homme, de fabriquer des antigènes spécifiques capables de les activer, d'isoler ces lymphocytes pour pouvoir envisager une thérapie cellulaire. Pour le second projet, il porte sur les anomalies du stress du réticulum endoplasmique dans la recto-colite hémorragique : influences génétiques, environnementales et perspectives thérapeutiques. La RCH est une inflammation superficielle et homogène de la muqueuse colique qui souligne le rôle de l'épithélium. Le but de ce projet est de mettre en évidence les anomalies cellulaires de la barrière épithéliale muqueuse qui la rend sensible aux modifications environnementales. Les cellules à mucus ont un rôle fondamental dans la protection de l’épithélium (ensemble des cellules recouvrant la surface de l’intestin). Elles sont particulièrement sensibles à la dérégulation d'un processus d'adaptation : le stress du réticulum endoplasmique (SRE). L'hypothèse est qu'il existe des anomalies primitives des voies du SRE qui rendraient l'épithélium colique (surtout les cellules à mucus) sensible à l'environnement qui induirait des réponses inflammatoires inadaptées. Il est ainsi prévu de caractériser les anomalies du SRE en cas de RCH par rapport à des sujets témoins, d'identifier des mutations génétiques éventuelles, d'étudier les rôles des facteurs d'environnement et l'effet potentiel des molécules permettant de moduler les différentes voies du SRE Merci au Pr Jean Pierre Gendre
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 | | RAPID : effet de la prescription précoce d’immunosuppresseur sur l’évolution de la maladie de Crohn au cours de ses trois premières années Promoteur : GETAID Responsable du projet : Jacques Cosnes |
L'utilisation de plus en plus large de l'Imurel® a profondément modifié l'évolution de la maladie de Crohn qui, sous traitement, devient moins évolutive avec des poussées plus espacées et moins sévères. Cependant, le risque d'être opéré ne paraît pas influencé, peut-être parce que ce traitement est débuté trop tard, alors que la maladie est déjà anatomiquement trop avancée. La plupart des patients finissent par recevoir de l'Imurel®, mais on attend habituellement pour le débuter la survenue de poussées graves ou rapprochées ou de complications nécessitant une intervention chirurgicale, soit en pratique plusieurs mois ou années. On ne sait pas si la mise en œuvre précoce de l'Imurel® (dans les 6 mois suivant l'établissement du diagnostic) permettrait de modifier l'histoire naturelle de la maladie et, notamment, de prévenir le développement de lésions nécessitant la chirurgie. Ce point est particulièrement important pour les patients à haut risque d'évolution grave, en particulier les sujets jeunes, porteurs de lésions anopérinéales et nécessitant un traitement corticoïde. L’intérêt de ce projet : Cet essai thérapeutique, proposé par le Groupe d'Etudes Thérapeutiques des Affections Inflammatoires Digestives (GETAID), conduit dans plusieurs centres en France et en Belgique, a pour objectif de déterminer si la mise en route précoce d'un traitement par Imurel® ou éventuellement Purinéthol® ou Méthotrexate® (produits analogues), permet de retarder ou d'espacer la survenue des poussées cliniques au cours des trois premières années de la maladie chez des patients à haut risque d'évolution grave
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 | | Suivi clinique et prise en charge thérapeutique des MICI des sujets âgés de plus de 60 ans au diagnostic : étude en population générale à partir d’une cohorte du Registre EPIMAD (1988-2004) Guillaume Savoye- CHU Charles Nicolle- ROUEN |
Le but de notre étude est d’extraire du Registre EPIMAD la cohorte de patients âgés d’au moins 60 ans lors du diagnostic de MICI recensés entre le 1/01/1988 et le 31/12/2004 afin de décrire les profils diagnostique et évolutif dans le temps de ces MICI ainsi que d'en préciser la prise en charge thérapeutique et ses complications éventuelles et enfin d'estimer les risques de dégénérescence néoplasique et la mortalité. Nous étudierons l'ensemble des patients présentant une MC, une RCH ou une proctite ulcérée recensés par le Registre EPIMAD entre 1988 et 2004 (n=1005 sujets incluables) dont 55% de RCH, et 45% de MC. Nous pensons pouvoir disposer de données fiables chez environ 800 malades. Pour chaque patient sera recueillie auprès du Gastroentérologue une fiche de renseignements sur laquelle seront notifiés concernant l'histoire naturelle, les pathologies associées et les traitements reçus, leurs succès et leurs effets secondaires. Les informations sur les décès éventuels obtenues auprès des praticiens (spécialistes et généralistes) seront corroborées en croisant la liste des sujets étudiés avec les fichiers EPIDC qui recensent l'ensemble des décès et de leurs causes. Les informations seront recueillies par les Médecins enquêteurs du Registre à partir des dossiers des Gastroentérologues à l'aide de la fiche de recueil spécifique. Le contact du Médecin généraliste sera systématiquement effectué en cas de pathologies associées afin d’avoir le maximum d’informations. L’intérêt de ce projet : La description de cette population de sujets de plus de 60 ans au diagnostic de MICI devrait permettre outre une meilleure connaissance de la maladie et de son histoire naturelle (incluant la mortalité liée à la pathologie) d'orienter les traitements en précisant leurs risques spécifiques dans cette population. De plus, cette cohorte de sujet pourrait servir à l'avenir de base à des études complémentaires pour apprécier le rôle de facteurs environnementaux dans ce groupe de sujets chez lesquels les facteurs génétiques semblent moins impliqués.
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 | | Effet protecteur sur la muqueuse intestinale du domaine CYS des mucines sécrétées dans des modèles expérimentaux de colite Jean-Luc Desseyn. CR1 Inserm, Lille |
La couche de mucus qui couvre l’épithélium digestif joue de nombreuses fonctions qui collectivement protègent les cellules épithéliales. Les mucines sont le constituant organique majoritaire du mucus et lui confèrent ses propriétés visqueuses et élastiques. Ces mucines sont de grandes molécules fortement O-glycosylées qui forment de longs filaments par polymérisation et portent des domaines « nus » appelés « CYS ». Ce domaine hydrophobe très conservé dans l’évolution est probablement impliqué dans l’établissement de liaisons réversibles et ainsi responsable en partie des propriétés rhéologiques du mucus. La recto-colite hémorragique et la maladie de Crohn sont les deux plus importantes maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) et ont très probablement pour origine une réponse inappropriée ou inadaptée du système immunitaire. La couche de mucus est compromise dans les MICI avec une diminution de son épaisseur. Les études sur des modèles animaux suggèrent que la réponse aberrante immunitaire de l’hôte est en partie due au défaut du mucus. L’intérêt de ce projet : Le but de nos travaux est de montrer l’efficacité du domaine CYS pour contrebalancer les anomalies retrouvées dans le mucus dans des modèles murins de colite. Le domaine CYS sera apporté dans la lumière colique par l’utilisation d’un transgène qui permet la sécrétion d’un chapelet de 12 domaines. Si les résultats sont prometteurs, alors nous envisagerons de délivrer dans le mucus intestinal la molécule protectrice par l‘utilisation de bactéries recombinantes non pathogènes ou de levures recombinantes.
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 | | Base moléculaire d’une nouvelle forme de MICI de l’enfant : défaut génétique du récepteur à l’IL-10. Frank Ruemmele, Hôpital Necker Enfants Malades, Paris |
Nous venons tout juste de découvrir la cause d’une nouvelle forme particulièrement sévère de MICI de l’enfant débutant les premières années de vie : Un défaut génétique responsable de l’absence d’une partie du récepteur à la cytokine anti-inflammatoire IL-10. Ce défaut entraîne la perte de la fonction biologique de la cytokine IL-10 qui par la suite est responsable du développement d’une colite inflammatoire, présentant comme une maladie de Crohn. Ceci explique également pourquoi ces enfants sont particulièrement résistants aux traitements immunosuppresseur et en conséquent ils subissent souvent des chirurgies. Dans ce projet de recherche, nous proposons de rechercher des défauts du système IL-10 avec son récepteur chez les patients pédiatriques atteints de MICI. Nous voulons tester deux hypothèses 1) celle d’un défaut génétiquement prédéterminé, comme identifié chez le patient index ou 2) celle d’un défaut secondaire ou acquis. Seront analysés les différents parties du récepteur à l’IL10 ainsi que la cytokine IL-10 elle-même, d’abord au niveau fonctionnel, puis par analyse génétique, si défaut il y a. Ce projet de recherche permet une approche moléculaire causale des MICI de l’enfant. L’intérêt de ce projet : Les patients avec une mutation identifiée dans le système IL-10 et son récepteur pourront profiter d’un traitement par greffe de moelle, qui pour la première fois, permettrait de guérir les enfants atteints d’une MICI extrêmement sévère.
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 | | Analyse de l'induction de la réponse Th17 dans la maladie de Crohn à travers le modèle de la réponse à Candida albicans. Julien Verdier et Frank M. Ruemmele INSERM U793 Université Paris-Descartes, Faculté de Médecin Hôpital Necker-Enfants Malades |
Chez les patients atteints de maladie de Crohn, une voie inflammatoire, appelée Th17 semble d’être particulièrement importante dans l’entretien de l’inflammation chronique. Nous avons mis en évidence que la levure Candida albicans (responsable de la production d’ASCA) est un stimulus particulièrement important de cette voie Th17, caractérisé par la cytokine IL-17. Ce projet de recherche a comme but d’identifier les facteurs clés de l’induction de TH17 chez les patients en analysant d’un côté les structures moléculaires de Candida et de l’autre côté les facteurs cytokiniques, comme TNFa, IL-1, IL6 ou IL-23, nécessaires et indispensables pour l’induction d’une réponse IL-17. L’intérêt de ce projet : Nous attendons de ce projet fondamental des retombées importants pour la compréhension de l’induction de l’inflammation par l’environnement et également pour le traitement visant les cytokines TNFa, IL-6 ou IL-23, dont les traitements biologiques sont actuellement en essais cliniques ou déjà rentrés dans la routine clinique.
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 | | DYDJY : Dépistage endoscopique de la dysplasie et de l’adénocarcinome dans la maladie de Crohn Jéjunale et/ou iléale chez des patients à haut risque – Etude interventionnelle sur une cohorte prospective Promoteur : GETAID Responsable du projet : Marc Lémann et Marion Simon |
Le dépistage endoscopique de dysplasie colique (lésion précancéreuse) est recommandé dans la maladie de Crohn avec atteinte colique ancienne, afin de prévenir l’apparition d’un cancer colorectal. L’intérêt d’un tel dépistage dans les lésions anciennes de maladie de Crohn du grêle n’est pas connu. Ces lésions inflammatoires chroniques constituent un facteur de risque pour le cancer de l’intestin grêle. Du fait de la prise en charge de plus en plus fréquemment non chirurgicale de cette forme de la maladie, la question de la surveillance de ces lésions à risque se pose aujourd’hui. Il s’agit d’une étude prospective conduite dans les centres du GETAID chez des personnes ayant une maladie de Crohn (MC) du grêle avec des lésions non opérées, connues depuis au moins 10 ans. A ces patients nous proposerons une endoscopie dont les modalités seront adaptées pour permettre une exploration aussi complète que possible de l’intestin grêle (coloscopie avec iléoscopie et/ou entéroscopie par voie haute). Comme au niveau du côlon, des colorants seront utilisés et des biopsies multiples réalisées. Des experts anatomopathologiques sont impliqués pour l’analyse de ces biopsies. Les résultats ne pouvant être anticipés (il n’existe pas d’étude de ce type publiée), le nombre de malades qui devront être étudiés est difficile à évaluer. Après avoir étudié les 50 premiers malades, une évaluation statistique sera faite pour déterminer plus précisément ce nombre. L’intérêt de ce projet : L’étude proposée est originale et exploratoire: elle se fixe comme objectif d’évaluer la faisabilité et la rentabilité d’un dépistage de la dysplasie et du cancer dans la maladie de Crohn du grêle.
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 | | Rôle des produits de glycation avancés dans la physiopathologie des maladies inflammatoires intestinales Noura El Jamal. Unité INSERM 795. Physiopathologie des maladies inflammatoires intestinales. Amphis J et K. Bd du Pr Jules Leclerc. 59045 Lille Cedex |
Les Maladies Inflammatoires Chronique de l’Intestin (MICI) sont des maladies multifactorielles, entraînant une inflammation chronique de la paroi intestinale, dont l’origine exacte est encore inconnue. Récemment, des avancées majeures dans la compréhension de leur physiopathologie ont permis de les définir comme des maladies polygéniques hétérogènes, survenant chez des sujets génétiquement prédisposés. A elle seule, l’hypothèse génétique n’explique pas le développement des MICI et de nombreux arguments plaident en faveur de l’implication de facteurs environnementaux dans la genèse de ces maladies. Le but de ce projet est d’évaluer le rôle de l’alimentation et en particulier des produits de glycation avancés (AGEs) dans la physiopathologie des MICI. En effet, la modification des comportements alimentaires avec la consommation accrue de produits industriels, de sucre et de protéine liée à l’augmentation de l’incidence des MICI dans les pays émergents préjuge un rôle néfaste de l’alimentation dans l’apparition d’une MICI. Afin d’étayer cette hypothèse, nous réaliserons des études in vitro sur des cellules épithéliales intestinales et sur des macrophages afin d’évaluer le potentiel inflammatoire des AGEs, in vivo dans différents modèles de colites expérimentales chez la souris. La pertinence de cette hypothèse sera également étudiée chez les patients. L’intérêt de ce projet : L’identification des AGEs en tant que nouveau facteur capable de moduler les processus d’inflammation au niveau intestinal permettra 1) de mieux comprendre la physiopathologie des MICI, et notamment le rôle de contaminants alimentaires, au cours de la réponse inflammatoire intestinale, 2) d’envisager une réduction de la formation de ces produits par l’optimisation des procédés industriels, 3) idéalement, d’orienter les comportements alimentaires des patients visant à limiter leur consommation de nourriture riche en AGEs.
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| | Etude de la capacité des souches adhérentes et invasives de Escherichia coli à coloniser, induire une inflammation et déstabiliser la barrière intestinale chez des souris transgéniques exprimant le récepteur CEACAM6 et invalidées pour le gène nod2 Nicolas Barnich. Pathogénie Bactérienne Intestinale, Université d’Auvergne, Pr A. Darfeuille-Michaud |
Une forte prévalence de souches de Escherichia coli adhérentes et invasives (adherent-invasive E. coli ou AIEC) associées à la muqueuse iléale a été observée chez les patients atteints de maladie de Crohn (MC). La souche AIEC de référence LF82 adhère à la bordure en brosse d’entérocytes isolés de muqueuse iléale de patients atteints de MC via le récepteur entérocytaire CEACAM6 surexprimé chez 35% des patients. Par ailleurs, la mise en évidence du gène nod2/CARD15 comme gène de susceptibilité de la MC a permis de renforcer l'hypothèse qu'une sensibilité de l'hôte vis-à-vis d’une infection à AIEC contribuerait au développement de la MC. Notre hypothèse serait qu’une expression anormale au niveau iléal du récepteur CEACAM6 chez un patient exprimant un récepteur intracytoplasmique NOD2 variant augmenterait la sensibilité vis-à-vis d’une infection par des souches AIEC. Dans ces conditions, les souches AIEC pourraient non seulement coloniser la muqueuse iléale mais également déstabiliser la barrière intestinale puis transloquer en échappant aux mécanismes bactéricides de l’immunité innée. Pour étudier cette hypothèse, nous envisageons d’élaborer un modèle murin en créant des souris transgéniques exprimant le récepteur CEACAM6 humain et invalidées pour le gène nod2. Nous étudierons dans ce modèle 1) la sensibilité des animaux à développer une inflammation suite à l’administration de produits chimiques et/ou consécutivement à une infection par des bactéries AIEC ou des mutants, 2) la capacité des souches AIEC à coloniser et à déstabiliser l’épithélium intestinal, 3) la translocation de bactéries pathogènes ou commensales au niveau des ganglions mésentériques, du foie et de la rate, et 4) les modifications de perméabilité intestinale en fonction du contexte génétique et/ou d’une infection à AIEC. L’intérêt de ce projet : Ce travail devrait conforter le lien entre les bactéries Escherichia coli adhérent-invasifs associées à la MC et la susceptibilité génétique de l’hôte. L’étude de la virulence in vivo des souches AIEC doit permettre à court terme de définir quels facteurs bactériens doivent être ciblés en vue du développement d’outils thérapeutiques pour contrôler les infections à AIEC.
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| | Développement de l’immunisation active anti-cytokine dans le cadre du traitement des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. Jean-François Zagury. Chaire de bioinformatique, Conservatoire National des Arts et Métiers |
La surproduction des cytokines, messagers essentiels du système immunitaire, est liée à la pathogenèse de nombreuses maladies, dont les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). Le rôle de la surproduction de la cytokine IL23 dans les MICI a été clairement documenté et cette cytokine constitue ainsi une cible thérapeutique privilégiée. Notre équipe souhaite, dans le cadre de ce projet, développer une approche d’immunisation active anti-IL23. Cette approche est basée sur la vaccination contre des peptides d’IL23, afin d’induire la production directe d’anticorps anti-IL23 par l’organisme. Notre équipe a déjà pu développer avec succès cette approche pour les cytokines TNFa et IL1b et nous souhaitons appliquer cette expertise à la cytokine IL23. Dans le cadre de cette demande, nous allons sélectionner des peptides d’IL23 (murine et humaine) par design bioinformatique. Des souris seront vaccinées avec ces peptides et le niveau de la réponse immunitaire sera évalué par des tests biologiques. Les peptides induisant un niveau suffisant de réponse immunitaire et des anticorps neutralisant l’IL23 seront sélectionnés. Les meilleurs peptides identifiés au cours de ce projet seront sélectionnés pour l’étape suivante, le test sur un modèle murin de colite dont nous disposons déjà au laboratoire. L’intérêt de ce projet : A terme, ce projet peut potentiellement aboutir au développement d’un futur traitement pour les MICI.
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 | | Identification des composants actifs et des mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués dans les capacités anti-inflammatoires des probiotiques Corinne Grangette. Laboratoire des Bactéries Lactiques et Immunité des Muqueuses - Institut Pasteur de Lille – IFR 142 |
Les maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) sont des maladies dont l’étiologie reste méconnue. Elles sont néanmoins caractérisées par une dérégulation de la réponse immunitaire muqueuse, probablement dirigée contre des éléments de la microflore intestinale chez des individus génétiquement prédisposés. En particulier, l’inflammation semble résulter d’un excès de lymphocytes effecteurs pro inflammatoires (tels les lymphocytes Th1 et Th17) et/ou d’un défaut de lymphocytes régulateurs à potentialité anti-inflammatoire. De façon intéressante, la composition de la flore intestinale (ou microbiote) semble être un élément crucial de régulation de la balance entre ces deux types de populations cellulaires. Alors que certaines bactéries semblent favoriser le développement de réponse pro- inflammatoire, certaines bactéries commensales et probiotiques pourraient limiter l’activation incontrôlée du système immunitaire. Les probiotiques sont des micro-organismes ingérés vivants dont on considère qu'ils sont capables d'avoir un effet bénéfique sur l'hôte et représente une alternative thérapeutique intéressante étant donné leur caractère « naturel » et leur absence d’innocuité. De nombreuses études expérimentales effectuées à l’aide de divers modèles animaux de colite, ont rapporté des effets protecteurs de diverses souches de probiotiques et un certain nombre d’études cliniques chez l’homme ont démontré l’action bénéfique de ces microorganismes chez des patients atteints de MICI. Cependant les résultats restent controversés et les effets semblent être souche-dépendants. Nous avons montré que la composition de la paroi a une influence considérable sur les propriétés anti-inflammatoires des lactobacilles. Le but de notre projet est d’une part de mieux caractériser les différences de structure de la paroi afin de pouvoir mieux appréhender les effets souche-spécifiques observés. D’autre part, notre objectif est de mieux comprendre les mécanismes d’action des probiotiques par l’étude des populations cellulaires impliqués dans leur effet protecteur et en particulier suivre la modulation de la balance T effecteurs / T régulateurs. Cette étude sera réalisée à l’aide d’un modèle murin de colite. L’intérêt de ce projet : Par une meilleure compréhension des mécanismes d’actions, tant cellulaires que moléculaires, ces travaux devraient permettre d’élargir les critères de sélection des probiotiques pour une application thérapeutique plus efficace dans la prise en charge des MICI.
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 | | Dynamique des sous-populations de Lymphocytes T effecteurs et T régulateurs dans la récidive postopératoire de la maladie de Crohn Stéphane Nancey. Service d’Hépato-Gastroentérologie ; Centre Hospitalier Lyon-Sud |
La cause de la maladie de Crohn reste encore inconnue même si le rôle du système immunitaire dans son développement est bien établi. Ainsi, certaines cellules de l’immunité, qui favorisent l’inflammation (appelées lymphocytes T effecteurs) pourraient déclencher la poussée de la maladie et contribuer à perpétuer son évolution. D’autres cellules immunitaires (les lymphocytes T régulateurs, appelés aussi suppresseurs) sont capables d’empêcher la survenue de l’inflammation dans l’intestin et en cas d’inflammation constituée, de réduire la sévérité de la maladie. Grâce à l’aide de l’AFA, nous avons précédemment montré que chez les patients avec une maladie de Crohn opérée, un nombre important de lymphocytes T effecteurs (appelés « CD8 cytotoxiques ») était détecté dans le sang et dans l’intestin avant la survenue de la rechute de la maladie. L’objectif de notre projet est donc d’étendre ces résultats prometteurs en étudiant l’ensemble des différentes cellules immunitaires qui déclenchent la récidive de la maladie de Crohn opérée et celles qui au contraire protègent le patient de la rechute. Nous nous proposons pour cela de suivre une cohorte de patients avec une maladie de Crohn opérée et de déterminer la proportion des différents lymphocytes T effecteurs et celle des lymphocytes T régulateurs dans le sang et dans l’intestin avant la survenue d’une rechute de la maladie. L’intérêt de ce projet : Ce travail doit ainsi permettre de mieux comprendre l’évolution des anomalies immunologiques qui aboutissent à la récidive ou non de la maladie. Ceci devrait aussi permettre d’identifier certaines cellules immunitaires comme de nouvelles cibles pour un traitement préventif des poussées de la maladie de Crohn.
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 | | La protéine cellulaire du prion : un nouvel acteur des jonctions intercellulaires, de la barrière épithéliale intestinale et de l’inflammation ? Caroline Clair et Sophie Thenet. Equipe « Différenciation intestinale et métabolisme lipidique »UMR S 872 Centre de Recherche des Cordeliers |
Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), comme la maladie de Crohn, s’accompagnent de modifications de la fonction de barrière de l’épithélium intestinal entre le milieu extérieur et l’organisme. Cette fonction repose sur l’intégrité des jonctions mises en place entre les cellules. Ces jonctions (jonctions serrées, jonctions adhérentes et desmosomes) sont des structures complexes, dynamiques et hautement contrôlées. Nous avons récemment identifié un nouveau partenaire de ces complexes jonctionnels: la protéine cellulaire du prion (PrPc). La PrPc, initialement identifiée à travers les maladies à Prion, est la protéine prion normale exprimée dans la plupart des tissus. Son rôle biologique reste mal connu et peu d’études concernent sa fonction dans l’intestin. Nous avons montré que les souris n’exprimant pas la PrPc présentent une altération des jonctions intercellulaires suggérant un rôle important de la PrPc dans leur stabilité. Nous nous proposons d’apporter de nouvelles connaissances sur le rôle de la PrPc, via son impact sur l’intégrité des jonctions épithéliales, dans la fonction de barrière et les pathologies inflammatoires de l’intestin.
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 | | Rôle de CARD15/Nod2 dans la reconnaissance de Mycobacterium avium ssp. paratuberculosis au cours de la maladie de Crohn Franck Biet et Céline Pujol, équipe Paratuberculose, INRA, Unité UR1282, Infectiologie Animale, Santé Publique |
La maladie de Crohn fait partie des maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) dont l’étiologie reste inconnue. Cette maladie multifactorielle est associée à des prédispositions génétiques et facteurs environmentaux ou infectieux, et cause chez les patients des réponses immunitaires anormales au niveau de la muqueuse intestinale. Il a été établi que le risque de développer la maladie de Crohn était corrélé avec des mutations dans le gène NOD2, impliqué dans la reconnaissance intracellulaire des bactéries et indirectement dans l’induction d’une activité pro-inflammatoire. Parmi les espèces bactériennes potentiellement en cause, une mycobactérie pathogène, Mycobacterium avium spp. paratuberculosis (Map), apparaît en tête de liste. Récemment, une étude a montré que le dipeptide N-glycolyl muraminique, un composé spécifique de la paroi des mycobactéries, aurait une meilleure affinité pour NOD2 que le MDP d’autres bactéries. Cette découverte renforce donc l’hypothèse selon laquelle Map pourrait bénéficier d’une mutation dans NOD2 pour persister et/ou envahir la barrière intestinale. Le but de ce projet de recherche est 1/ d’étudier à l’aide d’un modèles in vitro et ex vivo, le rôle des entérocytes et des cellules M dans l’invasion par Map de la barrière intestinale humaine, 2/ d'évaluer le rôle potentiel de NOD2 dans la translocation de ce bacille et 3/ de caractériser l’activité anti-mycobactérienne de NOD2 au niveau de l’épithélium intestinal. L’intérêt de ce projet : Notre projet vise donc à éclaircir le rôle potentiel de Map dans la physiopathologie de la maladie de Crohn et de préciser le rôle de NOD2 au niveau de l’épithélium intestinal en réponse à une infection par Map.
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 | | Nous remercions l'ensemble des donateurs et les familles GLIKSON et LEMARCHAND pour leur contribution importante à la Recherche Médicale des MICI.
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