Actualités de la rechercheCette revue de Presse se fait l'écho d'articles concernant les MICI parus dans des revues spécialisées. Ces articles, bien-entendu n'engagent que leurs auteurs. Ils sont repris ici au titre de l'information que l'afa s'efforce de fournir à ses adhérents. Il n'est pas question d'exhaustivité, loin de là ! C'est beaucoup de travail en cours, et dans la limite de nos moyens.  
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(2010/2) MICI : des patients à haut risque de thromboses veineusesCet article est protégé : vous devez vous identifier pour y accéder.
( 2010/2) De la vitamine D pour lutter contre la maladie de Crohn (accés libre)MONTREAL, 02 février - Une nouvelle étude révèle que la vitamine D, facilement disponible sous la forme de suppléments ou dans l’huile de foie de morue, pourrait permettre de lutter contre les effets de la maladie de Crohn. John White, endocrinologue à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, est à la tête d’une équipe de scientifiques de l’Université McGill et de l’Université de Montréal qui présente ses derniers résultats concernant la maladie inflammatoire de l’intestin dans le Journal of Biological Chemistry.
« De la vitamine D pour lutter contre la maladie de Crohn » « Pour la première fois, nos données laissent entrevoir le fait qu’une carence en vitamine D pourrait contribuer à la maladie de Crohn », livre le Dr White, professeur au département de physiologie de l’Université McGill en soulignant que les personnes vivant dans l’hémisphère Nord - une région du monde qui reçoit moins de soleil qui est nécessaire à la fabrication de la vitamine D par le corps humain - sont particulièrement vulnérables à la maladie de Crohn. La vitamine D, sous sa forme active (1,25-dihydroxyvitamine D), est une hormone qui se lie aux récepteurs des cellules du corps. L’intérêt particulier que porte le Dr White à la vitamine D concerne les effets qu’elle pourrait avoir dans la lutte contre le cancer. Puisque ses résultats de recherche mettaient constamment en évidence les effets de la vitamine D sur le système immunitaire, et plus particulièrement sur le système immunitaire inné qui est la première barrière de défense contre les microbes envahisseurs; il s’est donc intéressé à la maladie de Crohn. « C’est une dysfonction du système immunitaire inné, au niveau de l’attaque des bactéries intestinales, qui engendre une réponse inflammatoire pouvant conduire à une maladie auto-immune », insiste-t-il. L’effet de la vitamine D L’équipe du Dr White a constaté que la vitamine D intervenait directement sur le gène bêta-défensine 2, lequel code un peptide antimicrobien, et sur le gène NOD2 qui informe les cellules de la présence de microbes envahisseurs. Les deux gènes ont été associés à la maladie de Crohn. Si le gène NOD2 est déficient ou altéré, il ne peut lutter contre l’envahisseur dans le tractus intestinal. Le Dr White souligne que l’aspect le plus encourageant de cette découverte en matière de génétique tient à la rapidité avec laquelle elle peut être mise à l’épreuve. « Les enfants de patients souffrant de la maladie de Crohn qui n’ont pas encore développé cette maladie seraient bien avisés de s’assurer de ne pas souffrir de carence en vitamine D. Pour pallier ce problème, rien de plus simple que d’aller à la pharmacie et d’acheter des suppléments de vitamine D. La majorité de ces personnes pourrait éventuellement être candidate pour un traitement à base de vitamine D. » « Cette découverte est intéressante, car elle montre qu’un supplément disponible en vente libre comme la vitamine D pourrait aider les personnes à se défendre contre la maladie de Crohn », s’enthousiasme Marc J. Servant, professeur à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal et collaborateur de l’étude. « Nous avons trouvé une nouvelle voie de traitement pour les personnes souffrant de la maladie de Crohn ou d’une autre maladie inflammatoire intestinale. » (Tian-Tian Wang, Basel Dabbas, Ari J. Bitton, Hafid Soualhine, Luz E. Tavera-Mendoza, Serge Dionne, Alain Bitton, Ernest G. Seidman, Marcel A. Behr et John H. White de l’Université McGill et du Centre universitaire de santé McGill en collaboration avec Marc J. Servant, David Laperriere, Sylvie Mader de l’Université de Montréal. "Direct and indirect induction by 1,25-dihydroxyvitamin D3 of theNOD2/CARD15-beta defensin 2 innate immune pathway defective in Crohn's disease". Journal of Biological Chemistry, 285, 2227-2231.) Source : Université McGill (2009/12) Cicatrisation muqueuse endoscopique : un nouvel objectif thérapeutique dans les MICI ?Cet article est protégé : vous devez vous identifier pour y accéder.
(2009/12) MICI : 5-ASA et diminution du risque de cancer colorectalCet article est protégé : vous devez vous identifier pour y accéder.
(2009/11) Mise en évidence d’une molécule clé à l’origine de l’inflammation de la muqueuse intestinale (accès libre)
( 2009/11) Crohn, rectocolite hémorragique : des maladies proches, mais différentesCet article est protégé : vous devez vous identifier pour y accéder.
( 2009/07) Le rôle hypothétique des mycobactéries dans la maladie de Crohn (accès libre)25% des patients atteints de la maladie de Crohn portent une mutation dans le gène NOD2, mais son mode d'action n'est pas connu. La dernière étude menée par le Dr Marcel Behr, de l'Université McGill, au Québec, lève partiellement le voile sur ce mécanisme. Elle a été publiée le 9 juillet dans la revue Journal of Experimental Medicine. Le gène NOD2 définit un récepteur de notre système immunitaire qui, en temps normal, reconnait les bactéries et lance un signalde combat. Cette étude prouve que le récepteur NOD2 reconnait de façon préférentielle un peptide appelé N-glycolyl-MDP, qui se trouve uniquement dans une certaine famille de bactéries : les mycobactéries. Ainsi, lorsqu'une mycobactérie envahit le corps humain, elle provoque une réponse immunitaire immédiate et très forte par l'intermédiaire du récepteur NOD2. « Maintenant que nous connaissons mieux le rôle normal de NOD2, il est possible de faire l'hypothèse que sa mutation empêche de reconnaitre correctement les mycobactéries, » explique le Dr Behr. « Puisque les mycobactéries ne sont plus reconnues, elles ne sont pas combattues efficacement et peuvent infecter le corps de façon persistante. » Le lien entre la présence de mycobactéries et la maladie de Crohn était déjà connu des chercheurs, mais sans savoir si la présence des bactéries était une cause ou une conséquence de la maladie. Cette nouvelle découverte permet d'associer la prédisposition à la maladie de Crohn avec la mutation du gène NOD2 et la présence de mycobactéries : une association qui rapproche les chercheurs du mécanisme de développement de la pathologie. D'autres recherches seront nécessaires pour aboutir à une explication satisfaisante. Mais celles-ci ouvriront probablement aussi de nouvelles approches thérapeutiques pour combattre la maladie de Crohn. Les mycobactéries sont des bactéries mal colorées par coloration de Gram et bien colorées par la coloration de Ziehl-Neelsen où elles apparaissent rouges sur fond bleu. Elles sont phylogénétiquement classées parmi les bactéries Gram-positives à haut GC %. Il s'agit d'un genre bactérien extrèmement polymorphe qui comporte des mycobactéries à croissance rapide (moins de 7 jours pour produire des colonies visibles), des mycobactéries à croissance lente (7-60 jours pour produire des colonies visibles) et une espèce non-cultivée en dehors des animaux, Mycobacterium leprae, agent de la lèpre. L'analyse basée sur la séquence du gène 16S ARNr permet de décrire les principaux groupes de mycobactéries. Egalement, le pouvoir pathogène va de la simple contamination jusqu'aux infections mortelles telles que la tuberculose due aux espèces du complexe Mycobacterium tuberculosis. De nombreuses espèces nouvelles ont été décrites depuis dix ans à partir de l'utilisation de nouvelles techniques moléculaires d'identification basées sur le séquençage de gènes appropriés. Certaines espèces sont responsables d'infections émergentes ayant l'eau comme source de contamination.
Source : "Sciences-et-Avenir" (2009/06) Nouveautés MICI du congrès DDW à ChicagoCet article est protégé : vous devez vous identifier pour y accéder.
(2009/04) Grossesse et MICI- Actualités 2009Cet article est protégé : vous devez vous identifier pour y accéder.
(2009/3) La surprenante résurrection d’un gène (accès libre) En tentant de mieux connaître la fonction d’un gène lié à une maladie intestinale, la maladie de Crohn, des chercheurs ont découvert une étonnante histoire : celle d’un gène ‘revenu à la vie’ chez les grands singes et les humains après avoir été laissé pour mort pendant 25 millions d’années… Une «résurrection» plutôt inhabituelle. Chez les mammifères, le gène IRGM fait partie d’une famille de gènes impliqués dans la défense de l’organisme contre des bactéries, comme les salmonelles ou le bacille responsable de la tuberculose. Chez les êtres humains, il ne subsiste que deux membres de cette famille. Une étude a récemment montré qu’une des variantes du gène IRGM était liée à un risque accru de développer la maladie de Crohn. D’où la curiosité des chercheurs pour mieux connaître le rôle de ce gène dans l’immunité. En comparant la séquence du gène chez l’être humain et chez plusieurs primates, l’équipe d’Evan Eichler (University of Washington, Seattle, USA) a découvert qu’un petit morceau d’ADN répétitif s’était inséré dans le gène IRGM il y a 40 à 50 millions d’années, chez l’ancêtre commun aux singes à queue, aux grands singes et aux humains. IRGM est alors devenu inactif, incapable de fabriquer une protéine. Actuellement encore chez les singes à queue le gène est bloqué par des codons : le gène est comme mort, commentent les chercheurs, qui publient leurs travaux dans la revue PLoS Genetics. Pourtant, 20 à 25 millions d’années après cette insertion, le gène a été réveillé et remis en fonction chez l’ancêtre commun des humains et des grands singes, expliquent Eichler et ses collègues. L’arrivée inopinée d’un rétrovirus, suivie par deux mutations, auraient été nécessaires pour réactiver le gène IRGM. Pour quoi faire ? Cela reste à déterminer. Quoi qu’il en soit, ces accidents de l’évolution suggèrent qu’on ne saurait être trop prudent avant de déclarer qu’un gène est mort. Tant qu’elles sont là, des séquences génétiques peuvent revenir en scène, telle la Belle au bois dormant libérée de son sortilège. Cécile Dumas Source : Sciences-et-Avenir.com 09/03/09 (2008/12) Des chercheurs découvrent un nouveau gène de susceptibilité (gène de la fièvre) à la MC (accès libre)Un capteur bactérien « défectueux » ne détecte pas les bactéries nocives dans le système digestif Des chercheurs de l’Université McGill, de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR CUSM) et du Centre d’innovation Génome Québec et Université McGill, de même que leurs confrères d’autres établissements canadiens et belges, ont découvert des variations dans l’ADN d’un gène qui accroît la susceptibilité à la maladie de Crohn. Les résultats de leur étude ont été publiés dans le numéro de janvier de la revue Nature Genetics. Cette étude a été conduite par l’étudiante de doctorat de McGill Alexandra-Chloé Villani, sous la direction des professeurs Denis Franchimont et Thomas Hudson. Le docteur Franchimont, qui est rattaché à l'ULB-Hôpital Érasme de Bruxelles (Belgique), est un ancien titulaire d’une Chaire de recherche du Canada et faisait partie du département de gastroentérologie du CUSM. Le docteur Hudson, ancien directeur du Centre d’innovation Génome Québec et Université McGill, est aujourd’hui président et directeur scientifique de l’Institut ontarien de recherche sur le cancer (IORC), à Toronto. Les chercheurs ont mis au jour des variations dans la séquence d’ADN d’un gène du nom de NLRP3, qui augmente la susceptibilité à la maladie de Crohn. La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique évoluant par poussées, qui peut atteindre tout les segments du tube digestif. Les patients qui en souffrent présentent différents groupes de symptômes, dont des douleurs abdominales, des diarrhées sanglantes, de la fièvre, des vomissements et une perte de poids. Les complications plus rares incluent des atteintes cutanées et ostéo-articulaires et une inflammation oculaire. « Même si l’origine exacte de la maladie de Crohn est encore inconnue, nous savons que des facteurs environnementaux et génétiques jouent un rôle essentiel dans la pathogenèse de cette maladie », indique le docteur Franchimont. La maladie de Crohn touche toutes les régions du monde, mais semble néanmoins plus fréquente en Amérique du Nord et dans le nord de l’Europe. Le Canada est particulièrement touché, puisque le taux d’incidence de cette maladie y est parmi les plus élevés au monde. La maladie de Crohn touche entre 400 000 et 600 000 personnes en Amérique du Nord. Elle apparait en général entre l’âge de 15 et de 30 ans, mais peut néanmoins survenir à tout autre âge. La plus grande surface de notre corps est composée du tube digestif, et couvre près de 400 mètres carrés. Elle est tapissée par des milliards de bactéries de la microflore intestinale. « La couche unique de cellules qui tapisse notre tube digestif est par conséquent constamment exposée à de fortes concentrations de bactéries et d’agents pathogènes », explique Alexandra-Chloé Villani. « Ces cellules doivent reconnaître les bactéries nocives et y répondre tout en préservant leur tolérance aux ‘bonnes’ bactéries, c'est-à-dire aux bactéries non pathogènes qui constituent notre flore microbienne. Le principal défi de notre système immunitaire digestif consiste donc à préserver l’équilibre entre la tolérance et la défense ». « Le gène NLRP3 de susceptibilité à la maladie de Crohn code pour une protéine, la cryopyrine, qui est en fait un capteur bactérien intracellulaire jouant un rôle clé dans le déclenchement de la réponse immunitaire», poursuit Mme Villani. D’après les résultats qu’ils ont obtenus, les chercheurs pensent que le capteur bactérien cryopyrine est probablement défectueux chez certains patients et qu’il ne reconnait pas les bactéries dangereuses. « L’insuffisance de la contre-attaque du système immunitaire digestif à écarter la menace permet aux bactéries nocives d’infiltrer la paroi intestinale à travers la première ligne de défense. Le système immunitaire digestif va tenter à plusieurs reprises de repousser l’agression bactérienne, mais des efforts insuffisants peuvent entraîner un cercle vicieux qui aboutit à une inflammation chronique de la paroi et fait le lit de la maladie de Crohn. » « Ce gène joue également un rôle central dans la régulation de la fièvre, qui est l’un des mécanismes de défense les plus primitifs pour combattre les bactéries pathogènes. Par ailleurs, les variations de la séquence d’ADN du gène NLRP3 sont également connues pour être responsables des fièvres périodiques héréditaires », ajoute le docteur Hudson. « Les études d’association génomique menées antérieurement avaient déjà permis d’identifier plus de 30 facteurs génétiques distincts mis en cause dans la maladie de Crohn, mais ces derniers expliquent seulement un cinquième du caractère héréditaire de cette maladie », souligne le professeur Franchimont. Même si, à court terme, ces résultats ne déboucheront pas sur de nouveaux traitements pour la maladie de Crohn, le professeur Franchimont pense que les patients en bénéficieront à long terme : « Les études de cette nature nous permettent de mieux comprendre les mécanismes qui entrent en jeu dans la pathogenèse de la maladie. Nous savons aujourd’hui que les capteurs bactériens y jouent un rôle, si bien que des mesures pourront être prises pour développer de nouvelles stratégies thérapeutiques qui tiennent compte de ces nouvelles connaissances ». ### Cette étude a bénéficié de subventions de la Fondation canadienne pour l’innovation, du programme des chaires de recherche du Canada, de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill et de la Fondation canadienne des maladies inflammatoires de l’intestin (FCMII). Source : Mac Gill University (2008/10) Le rôle clé d’une bactérie dans la maladie de Crohn : interview des découvreursCet article est protégé : vous devez vous identifier pour y accéder.
( 2008/10) Système immunitaire et bactéries intestinales : les clefs d'une cohabitation équilibréeCet article est protégé : vous devez vous identifier pour y accéder.
(2008/09) De retour de l’AGA 2008 : les perspectives dans les MICICet article est protégé : vous devez vous identifier pour y accéder.
(2008/06) Nouvelles perspectives thérapeutiques chez les patients en perte de réponse à l'infliximab au cours de la MCCet article est protégé : vous devez vous identifier pour y accéder.
(2008/06) Traitement actuel des MICI chez l'enfant et l'adolescentCet article est protégé : vous devez vous identifier pour y accéder.
(2008/05) Une bactérie contre les MICICet article est protégé : vous devez vous identifier pour y accéder.
(2008/04) Infections et MICICet article est protégé : vous devez vous identifier pour y accéder.
(2008/04) La maladie de Crohn peut-elle s'éteindre ? (accès libre)La maladie de Crohn peut-elle s'éteindre ?
M. Nourani, P. Seksik, I. Nion-Larmurier, L. Beaugerie, J. Cosnes ButLa maladie de Crohn (MC) est une maladie chronique ne bénéficiant pas de traitement curatif. Cependant, son histoire naturelle suggère qu'il existe un sous groupe de patients chez lesquels la maladie pourrait s'éteindre. Patients et MéthodesAu sein de la cohorte de patients suivis à l'hôpital Saint-Antoine ayant une MC, nous avons identifié les patients ayant un suivi depuis 1995 et n'ayant pas eu de poussée évolutive de la maladie pendant 12 années consécutives (1995-2006) sous traitement excluant corticoïdes, immunosuppresseurs et anti-TNF. Une poussée évolutive était définie par la présence de signes fonctionnels digestifs ayant conduit à une modification thérapeutique, une hospitalisation, ou un traitement chirurgical. Les facteurs prédictifs d'extinction de la MC ont été recherchés par régression logistique après exclusion des patients décédés d'autre cause, ou ayant une maladie associée nécessitant un traitement majeur, ou ayant un diagnostic non certain ou un suivi < 12 ans (n = 181), par comparaison avec les patients suivis depuis 1995 mais ayant fait une poussée et/ou ayant reçu un traitement immunosuppresseur au cours de la période 1995-2006 (n = 1607). RésultatsLa MC était restée inactive entre 1995 et 2006 chez 71 patients (4 % de la cohorte) : 27 hommes, 44 femmes, ayant en 1995 un âge médian de 39 ans (15 - 81 ans) et une ancienneté médiane de la MC de 141 mois (14 - 582 mois). Cinquante quatre patients (76 %) avaient eu une exérèse intestinale avant 1995, et 11 (15 %) avaient une stomie définitive. L'endoscopie, réalisée au cours du suivi chez 38 patients, montrait des lésions chez 8 (21 %) : ces lésions étaient toutes pré-anastomotiques et aucune n'était sévère. La comparaison avec le groupe de malades actifs ou recevant des immunosuppresseurs permettait d'identifier 3 facteurs indépendants associés à la MC « éteinte » : une maladie ancienne (> 15 ans) (Odds Ratio [OR] = 1,75 ; IC 95 % 1,35 - 2,26), la présence d'une stomie définitive (OR = 1,26 ; IC 95 % 1,01 - 1,56) et l'absence d'intoxication tabagique (OR = 1,28 ; IC 95 % 1,03 - 1,59). ConclusionLa MC peut s'éteindre pendant une durée prolongée. C'est une éventualité rare, de l'ordre de 4 % dans un centre tertiaire. L'ancienneté de la maladie, la présence d'une stomie et l'absence d'intoxication tabagique favorisent ce type évolutif. Mots-clés : Source : Société nationale de gastroentérologie - JFPD 2008 (2008/03) IL-17/IL-23 : une nouvelle piste thérapeutique dans les maladies inflammatoires chroniques intestinalesCet article est protégé : vous devez vous identifier pour y accéder.
(2008/03) Les patients atteints de MC ont-ils un niveau de précarité socio-économique plus faible? (accès libre)
Bas du formulaire Source : Société nationale de gastroentérologie - Poster JFPD 2008 (2008/03) Le choix et le bon usage des anti-TNFCet article est protégé : vous devez vous identifier pour y accéder.
(2008/01) L'amorce d'un tournant stratégique, 1997-2007 (accès libre)Le dixième anniversaire de la revue Crohn-RCH est pour nous l'occasion de faire le point sur la période écoulée en termes de stratégies thérapeutiques, avec Marc Lémann, chef du service d'hépato-gastroentérologie de l'hôpital Saint-Louis (Paris).
Crohn & RCH : Durant la période 1978-1998, les risques d'intervention chirurgicale et de recours à une stomie définitive plus de 20 ans après le diagnostic de maladie de crohn étaient respectivement évalués à près de 80 % et 20%; ces résultats étaient identiques à ceux de la période 1958-1978, donnant un sentiment de statu quo quant au contrôle évolutif de cette affection [1]. Si l'on devait qualifier d'« immobile » la période 1978-1998, comment décririez-vous la décennie qui vient de s'écouler?
Pr M. Lémann : Ce constat d'immobilisme est un peu pessimiste : si les progrès n'étaient pas spectaculaires, des changements commençaient déjà à s'annoncer dès cette période, même si le tournant plus net dans nos pratiques s'est amorcé il y a dix ans. L'étude d'I. Etienney et coll. ne montrait, en effet, pas d'évolution sur deux indicateurs : le nombre de malades opérés et de ceux qui, chaque année, avaient une période d'activité de la maladie [1]. Mais elle n'évaluait ni la qualité de vie des patients, ni la pénibilité des traitements. L'introduction des immunosuppresseurs dans la prise en charge des maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) date des années 90 et avait déjà permis de réduire l'utilisation de la corticothérapie au long cours. Concernant les dix ans qui viennent de s'écouler, je parlerais d'un « tournant qui s'amorce » ; le changement n'est pas derrière nous, mais il a débuté. Certaines interventions (par exemple, les colectomies totales pour maladie de Crohn), encore assez courantes il y a dix ans, si elles n'ont pas disparu, sont aujourd'hui devenues rares. De nouveaux médicaments sont, ou seront prochainement, disponibles. Enfin, et surtout, nos conceptions des MICI évoluent, avec des ambitions bien plus importantes qu'auparavant. Par le passé, l'objectif principal était que les patients soient le plus souvent possible en rémission. Aujourd'hui, l'ambition est, grâce notament aux traitements biologiques, de prévenir les complications, de retarder au maximum la date de la chirurgie - d'autant plus qu'il s'agit d'une intervention mutilante - et que les patients aient une qualité de vie optimale, ce qui exclut notamment les traitements mal tolérés.
Crohn & RCH : Pourriez-vous nous rappeler les principaux travaux publiés ces 10 dernières années par le GETAID (Groupe d'Étude Thérapeutique des Affections Inflammatoires Digestives), dont vous êtes le président? Ce constat, qui pourrait être considéré comme décevant, a en réalité stimulé la réflexion sur de nouvelles stratégies pratiques de prise en charge. De nombreux autres travaux sont en cours sous l'égide du GETAID, groupe international francophone reconnu pour son dynamisme et son indépendance. Réunissant moins de 20 centres il y a 10 ans, il en fédère aujourd'hui 36, dont l'ensemble des centres hospitalo-universitaires français et plusieurs centres belges et suisses.
Crohn & RCH : Pourriez-vous nous citer trois autres travaux internationaux les plus marquants de cette période? Un autre grand changement des pratiques a été déclenché par l'arrivée des anti-TNF dans la recto-colite hémorragique à la suite de la publication de P. Rutgeerts et coll. en 2005 [6].
Enfin, mentionnons aussi une excellente publication française, décrivant l'évolution à long terme de la maladie de Crohn, avec le passage de formes initialement inflammatoires à des formes fistulisantes, puis sténosantes [7]. Ce travail, et d'autres, ont apporté une nouvelle mise en perspective de la maladie, invitant à penser non plus à 12 mois, mais à envisager l'évolution de la maladie à 10 ou 20 ans. L'objectif de la prise en charge ne doit pas être de « mettre un éteignoir » sur la maladie pendant quelques mois, mais bien d'en changer la pente d'évolutivité.
Crohn & RCH : Ce nouveau concept de pente d'évolutivité et le fait que plusieurs travaux évaluent actuellement la possibilité d'utilisation des biothérapies très rapidement après le diagnostic de la maladie (dans le respect des indications des traitements) soulèvent la question de l'importance de disposer de marqueurs pronostiques fiables pour ces affections. À partir de quels éléments considérez-vous, aujourd'hui, qu'un nouveau patient atteint de MICI devrait bénéficier de traitements majeurs d'emblée? Sur le plan génétique, les gènes impliqués dans la maladie de Crohn ne semblent pas représenter des marqueurs de sévérité. Ainsi, NOD-2, la grande découverte des années 2000, est associé à la maladie de Crohn iléale et l'association aux complications de type sténose et au risque d'intervention chirurgicale semble en rapport, non pas avec la présence du gène, mais avec la localisation de l'atteinte. Ce relatif constat d'échec est tempéré par l'espoir que pourraient apporter les travaux étudiant la combinaison de gènes. Ces études sont en cours sur de très vastes cohortes (souvent plus de 5 000 patients), grâce à l'union des forces au niveau international. Ce type de recherche pourrait permettre de définir des sous-groupes génétiques correspondant aux profils les plus agressifs. Mais cette approche n'en est qu'à ses balbutiements et sa mise en pratique me semble encore lointaine.
Crohn & RCH : Ainsi, en l'absence actuelle de tels facteurs pronostiques, comment déterminer la stratégie thérapeutique? Pr M. Lémann : Notre stratégie actuelle s'appuie, d'une part, sur l'enjeu (correspondant souvent au type de chirurgie en balance) et, d'autre part, sur l'échec des traitements antérieurs. Par exemple, une maladie de Crohn iléo-pancolique avec atteinte anale chez un sujet jeune fait envisager une stratégie rapidement intensive, pour éviter le recours à la stomie définitive ; à l'inverse, une atteinte non compliquée, limitée à quelques centimètres d'intestin grêle chez un sujet plus âgé laisse la possibilité de tentatives thérapeutiques successives. Mais cette approche reste empirique et seule l'identification précise de marqueurs de la pente d'évolutivité de la maladie permettrait de faire un bond en avant dans l'amélioration de nos stratégies. La place du patient dans la prise de décision a aussi évolué. Cette décennie a été marquée par l'ouverture d'un dialogue médecin-patient, scientifique et honnête, permettant une réelle discussion des enjeux et des risques liés à la maladie et aussi à la toxicité des traitements.
Crohn & RCH : Selon vous, quelle sera la stratégie de mise en 2012 chez les patients atteints de MICI? Pr M. Lémann : À cette date, on peut espérer disposer d'indicateurs de l'évolutivité de la maladie au-delà d'une perspective de quelques mois. La cicatrisation muqueuse, témoin du processus inflammatoire, ne reflète, en effet, que partiellement l'évolution réelle de la maladie et, si la maîtrise de l'inflammation reste un objectif majeur, elle n'est pas suffisante sur le plan stratégique. En revanche, les lésions irréversibles (« damages » des Anglo-Saxons), qui peuvent faire l'objet d'une détection précoce grâce aux performances actuelles de l'imagerie (scanner et IRM), constituent certainement l'un des meilleurs indicateurs d'évolutivité.
Propos recueillis par A. le Masne
Références 1. Etienney I, Bouhnik Y, Gendre JP et al. Crohn's disease over 20 years after diagnosis in a referral population. Gastroenterol Clin Biol 2004 ; 28 : 1233-9. 2. Lémann M, Mary JY, Duclos B et al. GETAID. Infliximab plus azathioprine for steroid-dependent Crohn's disease patients: a randomized placebo-controlled trial. Gastroenterology 2006 ; 130 : 1054-61. 3. Lémann M, Mary JY, Colombel JF et al. GETAID. A randomized, double-blind, controlled withdrawal trial in Crohn's disease patients in long-term remission on azathioprine. Gastroenterology 2005 ; 128 : 1812-8. 4. Hanauer SB, Feagan BG, Lichtenstein GR et al. ACCENT I Study Group. Maintenance infliximab for Crohn's disease: the ACCENT I randomised trial. Lancet 2002 ; 359 : 1541-9. 5. Rutgeerts P, Feagan BG, Lichtenstein GR et al. Comparison of scheduled and episodic treatment strategies of infliximab in Crohn's disease. Gastroenterology 2004 ; 126 : 402-13. 6. Rutgeerts P, Sandborn WJ, Feagan BG et al. Infliximab for induction and maintenance therapy for ulcerative colitis. N Engl J Med 2005 ; 353 : 2462-76. 7. Cosnes J, Cattan S, Blain A et al. Long-term evolution of disease behaviour Impact of Crohn's disease. Inflamm Bowel Dis 2002 ; 8 : 244-50. 8. Beaugerie L, Seksik P, Nion-Larmurier I, Gendre JP, Cosnes J. Predictors of Crohn's disease. Gastroenterology 2006 ; 130 : 650-6. |
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