Le fait d'être atteint d'une maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI) ne doit pas être une limitation à voyager à l'étranger. Certaines recommandations peuvent néanmoins être faites concernant:
Le choix du moment du départ et du lieu de destination : Dans la mesure du possible, il est préférable d'éviter de partir à l'étranger lorsque la maladie est mal contrôlée par le traitement ou à fort risque de récidive : poussée évolutive sévère traitée par corticoïdes, période postopératoire précoce… Dans ces circonstances, il faut certainement éviter de partir dans des pays à faible niveau de développement sanitaire ou dans des conditions de voyage où une prise en charge médicale serait difficile : trekking au fin fond du Népal ou traversée du Sahara à dos de chameau, par exemple…! En revanche, lorsque la maladie est bien contrôlée avec ou sans traitement, il n'y a aucune limitation à un voyage à l'étranger.
Emporter avec soi le traitement nécessaire pour la durée du séjour afin de ne pas se trouver à court de médicaments. Une précaution supplémentaire pour les voyages en avion : garder ses médicaments dans ses bagages à mains et éviter de les mettre dans les bagages en soute. Les bagages peuvent s'égarer, voire disparaître …!
En cas de séjour prolongé, il peut être prudent de connaître la dénomination internationale des médicaments. En effet, les médicaments n'ont pas le même nom dans tous les pays, par exemple azathioprine pour Imurel®, mésalazine pour Pentasa®. Cette précaution permettra de pouvoir demander à un médecin local de represcrire le traitement si les stocks sont insuffisants ou en cas de perte du médicament.
Vaccination : il n'y a aucune contre indication à la vaccination chez les patients porteurs de maladie inflammatoire chronique de l'intestin, en dehors du cas particulier des patients traités par immunosuppresseurs (Imurel®, Purinéthol®, Méthotrexate®, traitement "d'entretien" par Rémicade®) pour lesquels les vaccins vivants atténués sont contre indiqués, c'est le cas en particulier de la fièvre jaune. Il est important de se préoccuper suffisamment tôt de la mise à jour des vaccinations. Chez les patients porteurs de MICI, il est fortement conseillé de réaliser une vaccination contre l'hépatite A en cas de voyage en pays en voie de développement. Les recommandations concernant les vaccinations peuvent être obtenues sur le site "Santé Voyages" du CHU de Rouen. Prévention du paludisme : aucune contre indication à l'utilisation des médicaments pour prévenir le paludisme. Le schéma thérapeutique dépend de la zone de voyage.
Les recommandations de l'OMS peuvent également être obtenues sur le site du CHU de Rouen.
La turista : la diarrhée survient le plus fréquemment 3 à 5 jours après l'arrivée et disparaît spontanément en quelques jours. Il peut exister un deuxième pic de fréquence vers le 10e jour. L'Amérique Latine, l'Afrique et l'Asie du sud-est sont des zones à haut risque. La cause de la turista est essentiellement infectieuse. Le risque n'est pas augmenté en cas de MICI, mais la symptomatologie peut être plus bruyante et invalidante, gênant le patient lors de son séjour.
La prévention repose sur le respect d'un certain nombre de règles élémentaires d'hygiène alimentaire : peler les fruits, éviter les crudités, cuire les aliments à plus de 65°, ne boire que des boissons encapsulées ou bouillies. Il peut être utile de demander à son médecin traitant de prescrire avant le départ un anti-diarrhéïque (Tiorfan®) et éventuellement un antibiotique à visée intestinale de la famille des quinolones (Noroxine®, Oflocet®, Ciflox®). La prise d'antibiotiques ne doit pas être systématique en cas de diarrhée, mais uniquement si celle-ci persiste. Se méfier néanmoins des possibles phénomènes de photosensibilisation avec ces médicaments responsables de "coup de soleil".
Prévoir systématiquement une assurance annulation et une assurance rapatriement. Certaines cartes de paiement comprennent ce type d'assurance, se renseigner auprès de sa banque et de l'agence de voyages.
Cette longue énumération de précautions ne doit pas vous empêcher de partir si vous en avez le souhait et les moyens.
Bon voyage !!!
paru dans la Lettre de l'afa en 2003
réactualisé en juin 2008