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(2012/06) Traiter la maladie de Crohn en changeant nos bactéries ? (Accès libre)


Traiter la maladie de Crohn en changeant nos bactéries ?

Par Laurent Beaugerie - le 04/06/2012

 

AVIS D'EXPERTS - Quelque cent mille milliards de bactéries peuplent notre tube digestif et constituent la majeure partie du règne animal séden­taire de l'intestin, le microbiote.

Les bactéries résidentes, dix fois plus nombreuses que les cellules de notre propre corps, colonisent progressivement le tube digestif (surtout le côlon) dans les premiers mois de la vie, sous l'influence notamment de l'environnement bactérien et de l'alimentation, donc du mode de vie.

Grâce aux progrès de la biologie moléculaire, nous savons que plus de mille espèces occupent l'intestin, selon une composition et une répartition propres à chaque individu et relativement stables dans le temps, sauf déséquilibre transitoire induit par des antibiotiques ou modifications progressives liées à une évolution du mode alimentaire. Ainsi utilise-t-on volontiers l'image d'un code-barres signant la composition de l'organe bactérien tapi dans nos entrailles. Des découvertes scientifiques récentes suggèrent qu'une écologie perturbée du microbiote intestinal dès l'enfance (dysbiose) pourrait sous des formes diverses être déterminante dans la genèse des maladies inflammatoires intestinales, mais aussi du cancer du côlon, de certaines formes d'obésité, d'allergie, de dépression… Un axe majeur de la recherche médicale vient de s'ouvrir pour les vingt ans qui viennent.

Les maladies inflammatoires chroniques intestinales comportent à parts à peu près égales la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Regroupées sous l'acronyme MICI, ces maladies touchent plus de 150 000 personnes en France, avec un risque de survenue sur toute la période de la vie supérieur à un pour cent. Pour des raisons encore mal connues s'installe un jour chez des adultes le plus souvent jeunes, voire des adolescents ou des enfants, une inflammation récidivante d'une ou plusieurs régions du tube digestif. Une centaine de déterminants génétiques des MICI ont été découverts, mais ils semblent constituer plus un élément favorisant que déterminant dans l'apparition des maladies. Pour le moment, le traitement des MICI repose sur l'utilisation prolongée des médicaments anti-inflammatoires et immunosuppresseurs.

 

 

 

Pourtant, l'environnement apparaît depuis longtemps comme essentiel dans l'épidémiologie des MICI, puisque ces maladies touchent les pays ayant un mode de vie occidental, qu'il s'agisse des pays développés ou des pays en développement gagnés par le mode de vie occidental. L'évolution du microbiote pourrait être l'élément explicatif central. Chez les personnes vivant avec une MICI, il existe une dysbiose particulière, avec un manque relatif de certaines bactéries «anti-inflammatoires», dont la principale porte le nom de Faecalibacterium prausnitzii, et un excès de bactéries pathogènes, dont certaines souches d'Escherichia coli. Que cette dysbiose soit une cause première des MICI ou déjà une conséquence participant à l'entretien de l'inflammation, le champ est ouvert pour évaluer l'impact de la «restauration» d'une flore moins «pro-inflammatoire».

Probiotiques et prébiotiques

Les probiotiques sont des micro-orga­nismes bons pour la santé mais qui ne s'implantent pas durablement dans la flore. Les premiers essais dans les MICI ne sont globalement pas probants, mais ils doivent être poursuivis en sélectionnant mieux les propriétés anti-inflammatoires des bactéries ou le­vures utilisées. Les prébiotiques sont des aliments dont la fermentation modifie la composition de la flore colique, mais, là encore, aucune étude n'a démontré pour l'instant un effet favo­rable au cours des MICI.

Deux autres approches sont à considérer. La première consiste à identifier en laboratoire les composants ou les produits de sécrétion des «bonnes» bactéries anti-inflammatoires et de les produire industriellement avant de les expérimenter comme des médicaments. La deuxième approche, plus radicale, est la «transplantation de flore». Cette opération consiste à administrer par lavements ou par coloscopie un extrait de selles d'un «donneur» proche ou anonyme, après y avoir vérifié l'absence d'agent pathogène. Cette tentative de remplacement de la flore a été évaluée avec succès dans d'autres pays pour venir à bout d'infections intestinales à rechutes incessantes par Clostridium difficile. Au-delà des tabous et des réticences psychologiques qu'elle véhicule naturellement, cette procédure se doit d'être un jour évaluée au cours des MICI.

 

Source, le figaro.





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