Témoignages Forum Chat
Reconnue d’utilité publique
par décret du 14 août 1996 J.O du 22 août 1996


2004

(2004/09) Nouvelles molécules : adalimumab, natalizumab, fontolizumab, visilizumab, sargramostim, OPC 6535, Trichuris Suis


Pr Laurent Beaugerie, Service de Gastro-Entérologi, Hôpital Saint Antoine Paris

Pr Claire Guédon, Service de Gastro-Entérologie, CHU Caen

Pr Jean-Pierre Hugot, Service de Gastro-Entérologie, Hôpital Robert Debré

Pr Marc Lémann, Service de Gastro-Entérologie, Hôpital Saint Louis Paris

Pr Jean-Marie Reimund, Service de Gastro-Entérologi, CHU Caen

 

 

Les MICI à la Digestive Disease Week (AGA), Nouvelle Orléans, 15 au 20 mai 2005

 

L'adalimumab est un nouvel anticorps monoclonal anti-TNF entièrement humanisé, à haute affinité et spécificité pour le TNF, administré par voie sous-cutanée, déjà utilisée dans la polyarthrite rhumatoïde. Il a fait l'objet d'un essai (CLASSIC) portant sur 299 patients ayant une maladie de Crohn active, naïfs pour l'infliximab. Les patients étaient randomisés entre placebo à S0 et S4, adalimumab 40 mg à S0 puis 20 mg à S4, ou 80 mg puis 40 mg. Les taux de rémission à S4 étaient respectivement de 12 %, 18 %, 34 % et 36 % (P = 0,01 pour la dose la plus forte) ; les taux de réponse (variation du CDAI de plus de 70 points) étaient de 37 %, 54 % 59 % et 60 % (différence significative pour les trois posologies contre le placebo).

 

Le natalizumab avait déjà fait l'objet d'essais pour l'induction de la rémission dans la MC. Un essai complétant une étude précédemment présentée a été mené pour le maintien de la rémission (Sandborn et al, Last Breaking Session) : 339 patients ayant une MC, répondeurs au natalizumab dans l'étude ENACT1 ont été randomisés entre poursuite du natalizumab, une perfusion de 300 mg toutes les quatre semaines pendant 12 mois et injections de placebo. A un an, les taux de maintien de la réponse avec le traitement étaient de 61 % contre 29 % avec le placebo ; les taux de maintien de la rémission était de 44 % contre 26 % (différences significatives). Un anticorps monoclonal humanisé anti-interleukine 12 (J695, ABT-874) a également fait l'objet d'une étude de phase II portant sur 39 patients ayant une MC active. Les patients recevaient chaque semaine une injection souscutanée de placebo ou du produit (1 ou 3 mg/kg) pendant 7 semaines. Les taux de rémission à S7 étaient respectivement de 0 %, 8 % et 38 %; les taux de réponse de 25 % 27 % et 75 % (Mannon et al,162).

 

Le fontolizumab est un anticorps monoclonal anti-interféron gamma humanisé. Il a fait l'objet d'une étude de phase II, randomisée en double aveugle contre placebo, portant sur 133 patients ayant une MC active (Hommes et al, Last Breaking Session). Les patients recevaient des perfusions de placebo, ou de 4 ou 10 mg/kg du produit à S0 et S4. Les taux de réponse à S8 étaient de 33 % dans le groupe placebo, contre 38 % et 44 % dans les groupes recevant le traitement (différence non significative). Toutefois l'analyse post hoc montrait des différences significatives chez les patients ayant une élévation de la CRP = 10 mg/L à l'inclusion (14 % vs 77 % vs 71 %).

 

Le visilizumab est un anticorps monoclonal anti-CD3 (donc dirigé contre les lymphocytes T) proposé dans la RCH. Une étude a été présentée par Plevy et al (579), portant sur 32 malades résistant aux corticoïdes IV. Les patients devaient être indemnes d'infection par le virus EBV. Deux doses étaient utilisées : 15 µg/kg (n=8) ou 10 µg/kg (n=24). Une réponse, jugée sur l'évolution du score de Truelove, était observée dans 84 % des cas, et une rémission dans 66 % des cas; une réponse endoscopique est observée dans près de 3/4 des cas. Il faut noter que 63 % des patients ont présenté un syndrome de libération des cytokines, marqué par des nausées, des arthralgies ou des douleurs diffuses à J2 de l'injection. Une baisse transitoire des lymphocytes T était observée entre 2 et 6 jours suivant l'injection. Aucune infection grave n'est survenue.

 

La sargramostim est un facteur de croissance des leucocytes (GM-CSF) utilisés par les hématologistes au cours des chimiothérapies. Après quelques publications encourageantes, il a été testé dans la MC active par Korzenik et al (582) dans une étude de phase de phase II portant sur 124 patients. La posologie utilisée était de 6 ?/kg, chaque jour, en sous-cutané, comparée à un placebo, selon un ratio de 2:1. Le traitement était poursuivi 8 semaines. Le taux de réponse à 2 mois était voisin de 50 % contre 25 % avec le placebo ; les taux correspondant de rémission étant d'environ 40 et 20 %. Outre l'hyperleucocytose attendue, les effets secondaires les plus fréquents étaient une réaction au point d'injection (90 %) et des douleurs osseuses (38 %), surtout observées durant la première semaine de traitement.

 

OPC 6535 n'est ni un anticorps monoclonal ni une molécule issue de la biotechnologie. C'est une petite molécule, que l'on peut prendre par la bouche, agissant comme inhibiteur des phosphodiesterases 4 (c'est donc un cousin des inhibiteurs des PDE 5 utilisés pour l'impuissance). Il possède des propriétés anti-inflammatoires et immunomodulatrices, notamment anti-TNF, anti-leucotriène B4, anti-radicaux libres, anti-adhésion… et pourrait donc trouver sa place dans diverses affections inflammatoires chroniques, dont les MICI. Une première étude de phase II a été présentée par Hanauer et al (814) dans la RCH active : 186 patients ont été randomisés entre placebo, 25 mg ou 50 mg du médicament, pendant 8 semaines; les dérivés 5-ASA étaient autorisés, à condition d'être maintenus à posologie stable. Les taux d'amélioration (critère principal) étaient de 40 %, 55 % et 48 % (différence non significative). Pour les autres paramètres d'efficacité, la même tendance était observée en faveur du traitement (taux de rémission, diminution des saignements, diminution des indices d'activité), approchant la significativité. L'effet secondaire le plus fréquent était des nausées, obligeant à l'arrêt du traitement chez 8 % des patients recevant la plus forte dose.

 

Mais la vedette du Congrès était sans nul doute Trichuris Suis, un parasite du porc dont l'utilisation a été proposée dans les MICI par le groupe de Summers. L'idée d'utiliser ce traitement est venue de l'épidémiologie des MICI, qui indique une relation inverse entre la fréquence de ces maladies dans le monde et celle de l'infestation par les helminthes, et de l'observation que la présence de ces parasites dans l'intestin est à l'origine d'une production locale d'interleukine 10, molécule a effet immunorégulateur, dont la production est supposée être favorable dans les MICI puisqu'il l'est dans des modèles animaux. Une étude pilote, ouverte, a donc été menée dans la MC active chez 29 patients (580) : 2 500 oeufs de Trichuris Suis étaient ingérés par les patients toutes les trois semaines, pendant 24 semaines. Les taux de réponse à 12 et 24 semaines étaient de 76 et 79 %, et les taux de rémission de 62 % et 72 % ! Il n'y avait pas d'effets secondaires du traitement et l'on ne retrouvait pas de vers au niveau des selles.

Cette étude assez impressionnante (mais non contrôlée) était doublée d'une étude contre placebo, en double aveugle, dans la RCH active, chez 54 patients (644). Les patients recevaient 2 500 oeufs toutes les 2 semaines pendant 12 semaines (au terme desquelles un cross-over était effectué). Le taux de réponse était de 43 % dans le groupe traité, contre 17 % dans le groupe placebo. D'après les auteurs, les patients ne semblaient pas trop embarrassés à l'idée d'ingérer des parasites !

 

MICI n°56 - Septembre 2004
(Les textes sont rédigés sous la responsabilité des auteurs)






Réagissez 0 Commentaire(s) être alerté(e) des nouveaux commentaires

actualités
prés de chez vous

Échanger avec la communauté

Derniers posts

Courage... j'ai appris la maladie de mon fils sur...
Elsako - le 22/08/2019 08:47

Bonsoir super du monde du Finistère.ce serait supe...
Ronnie10 - le 21/08/2019 23:44

Bonjour, Diagnostiquée Crohn au bout de deux ans...
Anonymous5c8abaffcb88d - le 21/08/2019 20:48

Finalement il y en a des personnes du Finistère !...
thomas29 - le 21/08/2019 18:30

Dernière actu / La recherche
Dernière actu / L'afa
Suivez-nous sur Suivez-nous sur afa Web TV

Info MICI Info MICI

Un portail d'information qui rassemble l'information validée sur la maladie de Crohn et la Recto-colite hémorragique dédié aux malades et proches mais aussi des professionnels de santé.

S'informer S'informer

L'application mobile afaMICI vous permet de :

- Accéder aux toilettes les plus proches

- Suivre l'actualité des MICI

- Avoir des infos pratiques

L'application afaMICI est disponible sur :

Inscrivez-vous à notre newsletter Inscrivez-vous à notre newsletter
Autres sites Autres sites de l'afa

MICI Connect 

L'Observatoire national des MICI 

Journée Mondiale des MICI