Témoignages Forum Chat
Reconnue d’utilité publique
par décret du 14 août 1996 J.O du 22 août 1996


Conseils et prévention

Cancers et MICI


Cancers et MICI : les raisons de l'optimisme

Le cancer fait partie de la vie, puisqu’il touche un homme sur deux et une femme sur trois au cours de l’existence. Ce n’est pas qu’un problème du troisième âge, puisque quatre cancers sur dix surviennent avant l’âge de 65 ans.

Globalement, le risque de développer un cancer lorsqu’on a une MICI n’est pas différent de celui de la population générale, mais certains types de cancers sont un peu plus fréquents en fonction du type de la MICI et de son traitement. Les autres cancers à considérer particulièrement au cours des MICI sont ceux liés au tabac, à l’inflammation et ceux liés aux traitements immunosuppresseurs.

 

  • Risques de cancers liés au tabac

Le tabagisme actif étant plus fréquent au cours de la maladie de Crohn que dans la population générale, les cancers liés au tabac, qui représentent environ un quart des cancers, y sont un peu plus fréquents. Le phénomène inverse est observé au cours de la RCH dont la plupart des personnes atteintes sont non-fumeuses. Dans tous les cas de figure bien sûr, l’arrêt du tabac est salutaire.

 

  • Risques de cancers liés à l’inflammation

En ce qui concerne l’inflammation, une petite minorité des personnes vivant avec une MICI ont une inflammation chronique des voies biliaires qu’on appelle cholangite sclérosante. Chez eux, un risque de cancer des voies biliaires existe, et justifie une surveillance attentive de la cholangite par les médecins qui connaissent bien cette affection.

L’inflammation très ancienne (plus de 10 à 15 ans) d’une partie de l’intestin grêle, observée chez une partie des personnes vivant avec une maladie de de Crohn, favorise une transformation heureusement rare de l’inflammation vers la dysplasie légère (sorte de stade intermédiaire entre l’inflammation et le cancer) puis le cancer, d’abord superficiel. Il n’est pas facile pour le moment d’accéder par endoscopie aux lésions inflammatoires de l’intestin grêle, même si de nouvelles techniques endoscopiques (entéroscopie) commencent à se développer dans certains centres hospitaliers. En attendant, une surveillance clinique régulière par les gastro-entérologues est justifiée, et les progrès majeurs dans le contrôle durable de l’inflammation par les traitements immunosuppresseurs et les anti-TNF iront sans doute dans le sens d’une réduction du risque de ce cancer.

 

 

Info afa :

L’entéroscopie. Les techniques d'endoscopie ne permettaient en principe d'explorer que le duodénum. De nouveaux endoscopes récemment mis au point, spécialement conçus pour l'intestin grêle, arrivent maintenant à explorer jusqu'à un mètre d'iléon (après le duodénum) et 60 cm de jéjunum (avant le côlon). D’éventuels prélèvements peuvent être réalisés en cours d’examen, si le médecin le juge nécessaire. L’intestin grêle est un organe long et, de ce fait, difficile à explorer. La durée moyenne de l’examen est de 45 minutes pour une entéroscopie jéjunale seule. Elle est de 90 minutes pour une entéroscopie complète, jéjunale et iléale.

 

En cas d’inflammation ancienne (plus de 7 à 10 ans) et étendue du gros intestin (côlon), le risque de cancer colorectal, l’un des plus fréquents dans la population générale, est modérément accru.

Les deux moyens actuellement présumés efficaces pour réduire ce risque sont le dépistage endoscopique par coloscopies régulières (avec prélèvements biopsiques) et la prise régulière de 5-ASA. Il est important que ces deux méthodes soient bien connues des gastro-entérologues, des patients, des associations et des instances de santé Publique, car il s’avère dans la réalité qu’une proportion non négligeable de personnes à risque ne se voient proposer ou n’acceptent aucune des deux méthodes de contrôle de risque. A noter également que les personnes ayant à la fois une inflammation des voies biliaires et une atteinte étendue du côlon doivent pouvoir bénéficier de ces mesures dès la période de diagnostic des affections.

 

Info afa :

La surveillance par coloscopie, doit être réalisée en dehors des poussées de la maladie, à raison de tous les 2 à 3 ans (périodicité variable selon les résultats, à voir avec le médecin) et permet de dépister ces dysplasies. Au cours de la coloscopie, des biopsies systématiques sont réalisées dans ce but. De nouvelles techniques sont apparues pour aider à la recherche de ces dysplasies comme la chromo-endoscopie. On répand dans le côlon, au cours de la coloscopie, un colorant, le bleu de méthylène, par un canal opérateur pour colorer la paroi colique, les zones anormales dites dysplasiques apparaissent, permettant ainsi de cibler les biopsies.

 

  • Les risques de cancer liés au traitement

Les traitements immunosuppresseurs les plus utilisés au cours des MICI sont l’Imurel®, le méthotrexate et les anti-TNF. Tous, et en particulier l’Imurel®, sont susceptibles d’augmenter un peu le risque de lymphomes, un type de cancer du sang et des ganglions lymphatiques le plus souvent curable. L’excès de risque brut est modéré et en général accepté en regard du bénéfice potentiel du traitement, au moins pour des périodes de 10-15 ans chez des personnes non âgées, notamment, le bénéfice de la cicatrisation muqueuse et donc de la diminution de l’inflammation.

De plus, la majorité des lymphomes liés aux traitements immunosuppresseurs sont liés à l’infection latente chronique par le virus d’Epstein-Barr (EBV), qu’il sera sans doute possible de surveiller dans les années à venir par des tests sanguins réguliers.

L’Imurel®, et probablement aussi d’autres anti-TNF, accroissent la vulnérabilité de la peau par rapport à la toxicité de certains rayons ultra-violets, elle-même élément déterminant de la genèse de la plupart des cancers de la peau. Les règles universelles de protection contre les rayons agressifs du soleil s’appliquent donc particulièrement au cours des MICI.

Info afa :

Le « soleil : mode d’emploi » est une information qui s’adresse au grand public et a fortiori aux malades atteints de MICI sous traitement immunosuppresseurs

Les bons gestes pour une protection efficace : éviter le soleil de 12h à 16h, recherchez l'ombre, couvrez-vous, renouvelez souvent votre protection solaire (indice 50) , peaux jeunes = peaux fragiles.
Ils sont la base des recommandations qui font consensus parmi les experts, et visent à rappeler que la crème solaire ne suffit pas et que seule la combinaison d’un ensemble de précautions garantit une protection efficace.

 

De même, chez les femmes, la surveillance du col utérin par frottis itératifs doit être effective et régulière, car il est possible que plusieurs éléments propres aux MICI, dont les traitements immunosuppresseurs, favorisent l’infection virale du col utérin à l’origine de la plupart des cancers.

Info afa :

La prévention du cancer du col de l'utérus se fait grâce au frottis dès l'âge de 20/25 ans. Il est recommandé d'effectuer un frottis tous les 3 ans, après avoir obtenu 2 frottis normaux, à un an d'intervalle chez des femmes ayant une activité sexuelle. Mais l'intervalle de 3 ans recommandé semble trop long pour de nombreux spécialistes. Une période de 2 ans semble actuellement conseillée.

 

En conclusion : Les cancers sont d’autant plus dangereux qu’ils sont tabous. Des travaux de recherche clinique de plus en plus performants permettent d’identifier certains excès de risque propres aux MICI et leurs déterminants. A chaque fois, les informations obtenues doivent être intégrées dans les recommandations thérapeutiques internationales, et dans toute prise de décision individuelle, ainsi que l’information précise qui doit la précéder. Le plus souvent également, des décisions d’actions collectives et individuelles allant dans le sens d’une réduction de risque, peuvent être prises. C’est pourquoi il faut être résolument optimiste dans le domaine des cancers associés aux MICI, car le meilleur contrôle de l’inflammation et les progrès dans les méthodes de surveillance des immunosuppresseurs iront tous deux dans le sens d’une réduction des risques.

Source afa magazine n°35

Pr Laurent Beaugerie, hôpital St Antoine

 

Infos pratiques :

notre fiche pratique Cancers et MICI

- l'application Tabac Info Service pour vous accompagner dans votre arrêt du tabac





Réagissez 0 Commentaire(s) être alerté(e) des nouveaux commentaires

actualités
prés de chez vous

MICI Infos Services

La ligne MICI Infos Services

du lundi au vendredi de 14h00

à 17h30 au 0811 091 623 (prix d'un

appel local) ou au 01 42 00 00 40



Échanger avec la communauté

Derniers posts

Bonsoir, Ce n’est pas grave. J’ai ça aussi. C’est...
Nana99 - le 15/01/2019 21:56

Bonjour, sous Pentasa et cortisone ( pour une mala...
Anonymous599af70ae5e3a - le 15/01/2019 15:42

Bonjour, Meilleurs voeux et bonne santé à tous le...
Patou - le 15/01/2019 13:09

Bonjour. J'espère que cela sa s'arrangera pour vou...
Anonymous5a75e515e38f7 - le 15/01/2019 13:06

Dernière actu / La recherche
Dernière actu /
Dernière actu / L'afa
Suivez-nous sur Suivez-nous sur afa Web TV

Info MICI Info MICI

Un portail d'information qui rassemble l'information validée sur la maladie de Crohn et la Recto-colite hémorragique dédié aux malades et proches mais aussi des professionnels de santé.

S'informer S'informer

L'application mobile afaMICI vous permet de :

- Accéder aux toilettes les plus proches

- Suivre l'actualité des MICI

- Avoir des infos pratiques

L'application afaMICI est disponible sur :

Inscrivez-vous à notre newsletter Inscrivez-vous à notre newsletter
Autres sites Autres sites de l'afa

MICI Connect 

L'Observatoire national des MICI 

Journée Mondiale des MICI