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Dénutrition, prévention et carences

La dénutrition dans les maladies inflammatoires intestinales


La dénutrition dans les maladies inflammatoires intestinales est la conséquence d’une part d’une diminution des apports en calories, en protéines et en micronutriments (vitamines et oligo-éléments), d’autre part d’une élévation des besoins de l’organisme.

La diminution des apports alimentaires peut devenir effectivement très importante : inappétence, nausées, limitation des repas par crainte de douleurs abdominales ou de diarrhées, régime trop restrictif, enfin dépression larvée. A cette réduction alimentaire s’associe une augmentation des pertes digestives par malabsorption, stéatorrhée, diarrhées, entéropathie exsudative, résections éventuelles de l’intestin et saignements parfois occultes.

Par ailleurs, on observe une majoration des besoins énergétiques en cas de fièvre, infection ou abcès, ainsi que des besoins en protéines lors d’inflammation ou corticothérapie.

Les recherches sur le métabolisme intérieur sont capitales. De Capristo et Al-Jaoni ont bien montré que les dépenses énergétiques de repos sont augmentées de 10 à 15 % au cours des poussées, principalement dans la maladie de Crohn, comme si le starter d’une voiture restait tirée en permanence. Ces perturbations trahissent la présence de molécules sanguines actives, appelées cytokines, responsables d’une résistance à l’insuline et d’une utilisation préférentielle des graisses comme carburant énergétique. Il s’en suit une fonte du tissu gras périphérique, révélée par l’amincissement du visage par exemple. De plus elles mobilisent les protéines des muscles pour fournir des acides aminés au foie, qui fabrique alors plus de protéines inflammatoires.

On comprend alors les conséquences nutritionnelles sur les réserves corporelles. Les réserves énergétiques, représentées par la masse grasse, diminuent lentement, surtout dans les zones périphériques, alors que la masse grasse intra-abdominale tend à augmenter par résistance à l’insuline. Les réserves protéiques, appréciées grâce à la mesure de la circonférence du bras à mi-hauteur ou de celle du mollet, s’abaissent régulièrement si les apports alimentaires sont insuffisants : il faut au moins une portion de viande ou équivalent au déjeuner et au dîner chaque jour.

Enfin on observe une réduction des taux sanguins de nombreuses vitamines, oligo-éléments et minéraux, comme : les vitamines liposolubles A, E et D, les vitamines du groupe B (la gravité des poussées de maladie de Crohn serait proportionnelle au taux sanguin de vitamine B2), le calcium et le magnésium, le zinc. Certains médicaments peuvent aggraver ces déficits en micronutriments : corticoïdes (calcium et vitamine D), sulfasalazine (vitamine B9), Questran® (vitamines liposolubles). Enfin des résections intestinales comme celle de l’iléon terminal perturbent gravement l’absorption de la vitamine B12.

 

Quand faut-il s’inquiéter devant une inappétence ou un amaigrissement ?

  • Lorsque la perte de poids involontaire est supérieure à 10 % ou que l’alimentation est réduite de moitié pendant plus de cinq jours.

Quand faut-il s’alarmer ?

  • Lorsque l’albuminémie est inférieure à 30 g / L car la morbidité et la mortalité sont alors multipliés par 3 - 4 !

Comment corriger ce retard protéino-énergétique ?

D’abord faire appel aux compléments nutritionnels car ils correspondent à de la nutrition entérale sans sonde gastrique, nutrition dont on connaît la très grande efficacité dans ces affections. Leur intérêt réside dans leurs apports caloriques et protéiques importants, leur digestibilité, leurs apports en micronutriments, leur absence de lactose ou gluten, leurs parfums et textures variés, convenant à tous les goûts. On distingue trois types de compléments nutritionnels :

  • le Rénutryl 500®,
  • le Modulen®, proposé initialement aux enfants atteints de maladie de Crohn (12 cuillerées mesure par 500 ml d’eau),
  • L’Impact®, 2 à 3 sachets par jour, pour stimuler l’immunité ou pour préparer à une interventtion chirurgicale,
  • enfin les tétrabriks, malheureusement non remboursés pour ces maladies mais dont il faut absolument obtenir le remboursement grâce à la mobilisation des associations de malades : Fortimel®, Clinutren HP®, ProtenPlus®, Resource 2. fibres® par exemple pour les plus enrichis.

Dr Patrick Gelas, Nutritionniste

Mise à jour : Décembre 2013





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