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Manger en poussée

Les régimes… Que faut-il en penser ?


Recommandations officielles

En ce qui concerne l’alimentation des malades de MICI, il existe depuis mai 2008 des recommandations officielles. La Haute Autorité de Santé a publié deux Guides ALD 24 « Maladie de Crohn » et « Rectocolite hémorragique évolutive » concernant l’alimentation. En voici un extrait qui reprend les points essentiels :

« {…} L’alimentation n’influe pas sur le cours de la maladie. Il n’est donc pas nécessaire d’imposer un régime particulier : l’alimentation doit rester diversifiée et équilibrée.

Lors des poussées marquées, un régime d’épargne intestinale (apports restreints en fruits et légumes) peut être prescrit transitoirement.

Un régime sans résidu strict n’est pas justifié. Après la poussée, le retour à l’alimentation normale doit être assuré à court terme… ».

Régime sans résidu, régime sans fibre

L’intervention du diététicien peut être indispensable pour vous aider à réguler votre transit en fonction de vos symptômes digestifs, en poussée comme en rémission. Pour cela, il vous orientera vers les aliments à privilégier ou à éviter le temps des symptômes.

Cette sélection temporaire sera personnalisée puisque reposant sur vos symptômes : volume et fréquence des diarrhées, des gaz et/ou ballonnements, des gargouillis, durée et intensité de votre constipation, siège et longueur des sténoses, présence de sang et/ou de glaires à l’émission des selles, localisation et intensité des douleurs…

Le diététicien n’a donc pas pour mission de vous proposer systématiquement un régime sans résidu ; ce dernier ne sera préconisé que dans des cas très précis.

Bien sûr, la plupart des aliments que l’on vous conseillera de consommer ou d’éviter, se retrouveront systématiquement dans les listes d’aliments issues des régimes (pauvres ou sans résidu ; pauvres ou sans fibre ; d’épargne digestive…).

Par contre, cela ne sert à rien de s’imposer un régime de ce type dans sa globalité. Ils sont très voire trop complets, ils peuvent servir sur différents symptômes bien au delà de ceux des poussées.

Pour finir, l’alimentation d’un malade de MICI est variable en fonction de l’évolution de l’inflammation donc les choix alimentaires doivent évoluer aussi. De nombreux malades peuvent ainsi au bout de quelques semaines de poussées, consommer des aliments appartenant à chacun des régimes ci-dessus sans augmenter les symptômes. Cet élargissement étant personnel, il est commun de voir un malade consommer à nouveau des épices ou des légumineuses ou des matières grasses cuites et ne pas encore tolérer certains légumes peu fibreux cuits…

Régime sans lactose

Le régime sans lactose est conseillé dans 2 situations dans lesquelles les manifestations physiques seront l’apparition de diarrhées, parfois très intenses et très nombreuses, associées à des douleurs, voire des gaz.

  • Incapacité physiologique du côlon à digérer le lactose (glucide contenu dans le lait et ses dérivés),
  • Stimulation du transit trop forte et trop rapide lors de l’ingestion d’aliments contenant du lactose, parfois dans les minutes qui suivent la prise alimentaire.

L’intolérance permanente au lactose se manifeste par une impossibilité de dégrader le lactose car la lactase (enzyme nécessaire à cette dégradation) est absente. Dans ce cas, le seul traitement est un régime d’exclusion des aliments contenant du lactose. Il n’existe aucun traitement médicamenteux.

Lors d’épisodes de diarrhées, on recommande ponctuellement de diminuer les aliments contenant du lactose car le lactose est identifié comme un élément accélérateur du transit.

Cependant, dans les cas de poussées inflammatoires de MICI, cette éviction peut durer plusieurs semaines voire plusieurs mois et ainsi engendrer des apports insuffisants en calcium, vitamines A, D, E et B9, sans parler de l’apport en protéines animales. A noter que dans ces périodes, les vitamines et le calcium sont mal assimilés à cause de l’inflammation et que les besoins en calcium sont accrus à cause de la décalcification.

Il est donc important de garder à l’esprit qu’il existe des aliments avec une faible teneur en lactose. Il est primordial de les consommer pour couvrir vos besoins nutritionnels et ce, sans effet sur le transit :         

- lait sans lactose (ALL 110, Diargal…)

- lait avec faible teneur en lactose

- tous les fromages à pâte pressée cuite et non cuite (emmental, comté, parmesan...)

- lait en faible quantité (jusqu’à 250mL/j) et pour une meilleure digestion utiliser ce lait dans des préparations à base d’amidon (purée, riz au lait, crêpes…)

- yaourts, petits-suisses et fromage blanc

- entremets à base de lait (flan, crème dessert…)

- fromage fondu, fromage frais

- préparations à base de soja enrichies en calcium

Régime sans gluten

Il n’y a pas d’effet démontré d’une éviction du gluten par des études dans la prise en charge des MICI.

Le régime sans gluten est seulement conseillé s’il y a diagnostic de la maladie cœliaque. Il s’agit d’une intolérance permanente au gluten (protéine contenue dans le blé, seigle, orge et avoine mais aussi épeautre, kamut, triticale)

La maladie cœliaque se manifeste sur la partie supérieure de l’intestin grêle et provoque, à ce niveau, une atrophie des villosités intestinales. Elle s’accompagne d’une malabsorption de nombreux nutriments, fer, calcium et des vitamines du groupe B. Les symptômes sont nombreux et proches de ceux des MICI : diarrhées, perte de poids, ballonnement abdominal, douleurs, fatigue… Le seul traitement de la maladie cœliaque est un régime strict sans gluten à vie. Il n’existe aucun traitement médicamenteux.

Cependant, lors d’hypersensibilité secondaire au gluten ou aux protéines de laits animaux, une possible amélioration des symptômes peut être constatée après une éviction (bilan biologique avec dosage IgG indispensable) mais il est primordial de réintégrer le gluten après quelques semaines lorsque la perméabilité de l’intestin est restaurée.

Il s’agit d’un régime peu convivial et extrêmement contraignant. Il engendre de nombreuses carences, un risque de perte d’appétit et de dénutrition ; donc fortement contre-indiqué !

Les régimes d'exclusion spécifiques

Les régimes d’exclusion sont nombreux. Ils peuvent s’avérer dangereux s’ils sont utilisés à mauvais escient ou mal conduit. Il est donc recommandé à tous les malades de MICI qui souhaiteraient expérimenter ce type de régime de demander au préalable de l’aide et des conseils auprès de professionnels aguerris tels que les diététiciens, médecins, pharmaciens… Il est nécessaire de bien connaître les aliments à exclure. Et il est indispensable de maîtriser les aliments à privilégier en fréquence et/ou en quantités pour compenser les aliments retirés afin d’éviter toutes carences nutritionnelles voire une dénutrition.

L’inflammation du tube digestif, lors des poussées inflammatoires, entraîne une mauvaise absorption de nombreux nutriments, vitamines et minéraux et parfois, elle peut conduire à une hyperperméabilité de la muqueuse de l’intestin.

En effet, les petites cellules composant la membrane de l’intestin sont inflammées et elles ne parviennent plus à jouer leur rôle de barrière filtrante. Cette hyperperméabilité se traduit par le passage dans le sang de molécules alimentaires qui devraient absolument rester dans l’intestin afin d’être encore digérées avant d’être assimilées. Cela peut conduire à des formes d’intolérance à certains nutriments ; elles sont dites « secondaires » puisqu’elles apparaissent suite à l’inflammation. Cette intolérance disparaît dès la fin de l’inflammation. L’éviction temporaire des aliments contenant les nutriments mal assimilés et/ou renforçant la mauvaise perméabilité de l’intestin pourra être envisagée suite à un dosage biologique de cette intolérance alimentaire temporaire. Le retrait est réalisé sur une courte période de quelques semaines, avec l’aide d’un diététicien et absolument réintroduit à la fin de la poussée.

Conclusion

Il est assez facile de constater que ces régimes n’apportent pas de solution rapide et efficace aux malades atteints de MICI. Une éviction temporaire de certains aliments peut s’avérer justifiée après des examens biologiques, donc au cas par cas et cela se détermine avec un professionnel de santé. Si vous mettez en place certains conseils, gardez toujours à l’esprit que vous gagnerez en confort de vie mais en aucun cas, ces éléments n’agiront sur l’évolution de votre maladie.

L’alimentation en période de poussée peut être une alimentation pauvre en fibres et en dehors des poussées, il est nécessaire d’élargir progressivement le choix des aliments pour tendre vers une alimentation diversifiée, en respect avec la tolérance de chacun tout en évitant au maximum les interdits.

Il est important de toujours garder à l’esprit qu’aucun aliment ne guérit ou provoque une poussée mais certains peuvent améliorer les symptômes.

 

Consulter le Guide de l’ALD 24 « Maladie de Crohn » passages sur l’alimentation page 13

Consulter le Guide de l’ALD 24 « Rectocolite hémorragique évolutive » passages sur l’alimentation page 11

Info : des fiches thématiques sur la nutrition, le vivre avec... sont téléchargeables en cliquant ici





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