Biothérapies

Qu'est-ce qu'une biothérapie ?

C’est l’emploi thérapeutique de produits dérivés des substances présentes dans l’organisme vivant. Cette nouvelle classe médicamenteuse datant de 2000 pour les produits les plus anciens a révolutionné la prise en charge des MICI en permettant d’obtenir des rémissions chez des patients sévères.

Il existe aujourd’hui plusieurs classes thérapeutiques : anti-TNF, anti-intégrine et anti-interleukine. La première classe thérapeutique développée a été les anti-TNF avec comme premier médicament l’infliximab en 1999. Il existe aujourd’hui plusieurs anti-TNF indiqués dans les MICI : l’infliximab, l’adalimumab, le golimumab.

Les anti-TNF

Les anti-TNF sont des anticorps monoclonaux produits grâce à la biotechnologie pour neutraliser de façon spécifique le TNFα une protéine produite en excès au cours de la maladie de Crohn et la RCH. Le TNF alpha est un élément clé du processus inflammatoire. Il est produit par les cellules de l’organisme et favorise l’inflammation, en participant à la lutte contre certaines infections.

L’infliximab est un anticorps monoclonal chimérique (mi-humain 75%, mi-souris 25%) dirigé contre le TNF alpha. Il est administré par perfusion courte. Il reste présent dans l’organisme pendant 2 à 3 mois, avant d’être détruit.

Les effets secondaires sont dominés par les infections, rarement sévères (toutefois des précautions particulières vis-à-vis de la tuberculose sont indispensables), et les réactions d’hypersensibilité (l’immunisation anti-chimérique les favorise, et favorise les échappements au traitement). L’association des immunosuppresseurs à l’infliximab est habituelle pour réduire cette immunisation (on parle de combothérapie).

L’adalimumab et le golimumab sont des anticorps monoclonaux humains produits grâce à la biotechnologie pour neutraliser de façon spécifique le TNFα. On utilise pour sa synthèse des cellules isolées d’origine humaine et cet anticorps est humanisé à 100%. Lorsque l’on effectue une injection d’adalimumab ou de golimumab, celui-ci reste présent dans l’organisme pendant 2 à 3 mois avant d’être détruit.

Ces derniers anti-TNF se font par voie sous-cutanée. Ils ont les mêmes effets secondaires que l’infliximab en dehors des phénomènes d’immunisation.

Tous les anti-TNF n’ont pas une AMM dans la maladie de Crohn. La place des anti-TNF dans la stratégie thérapeutique des MICI est souvent en seconde ligne en échec des immunosuppresseurs classiques et/ou de la corticothérapie, mais dans certaines circonstances de maladies graves ou compliquées, ils peuvent être utilisés en première ligne de la maladie de Crohn ou de la RCH.

Les anti-intégrines

Le vedolizumab (Entyvio®) agit en bloquant l’intégrine α4-β7 qui est une molécule permettant l’acheminement de cellules de l’immunité – les lymphocytes – au niveau des tissus inflammatoires du tube digestif au cours de la maladie de Crohn et de la rectocolite hémorragique.

Au cours d’une MICI le recrutement de ces cellules est anormalement élevé ce qui amplifie et perpétue l’inflammation intestinale. Le vedolizumab est un anticorps monoclonal de type IgG1 qui neutralise de façon spécifique l’intégrine α4-β7 humaine.

Cet anticorps produit grâce à la biotechnologie est humanisé à 100 %. Après une injection de vedolizumab, le produit reste présent dans l’organisme pendant 3 à 4 mois avant d’être éliminé.

Au cours de la maladie de Crohn et de la rectocolite hémorragique, l’efficacité du vedolizumab a été démontrée chez l’adulte, par des études qui l’ont comparé à un placebo. En 2014, le vedolizumab a obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) en France et en Europe pour ces deux maladies :

  • Lors des poussées modérées à sévères chez les patients adultes atteints d’une maladie de Crohn non contrôlée, malgré un traitement conventionnel (corticoïdes, immunosuppresseurs) et/ou les anticorps anti-TNFα (ou bien en cas d’impossibilité de recourir à ces médicaments du fait d’effets secondaires),
  • lors des poussées modérées à sévères chez les patients adultes atteints d’une rectocolite hémorragique non contrôlée, malgré un traitement conventionnel (corticoïdes, immunosuppresseurs) et/ou les anticorps anti-TNFα (ou bien en cas d’impossibilité de recourir à ces médicaments du fait d’effets secondaires).

Les anti-interleukines

L’ustékinumab (Stélara®) est un anticorps monoclonal bivalent conçu pour se lier à deux cytokines (molécules messagères) du système immunitaire, appelées interleukine-12 (IL-12) et interleukine-23 (IL-23). Ces cytokines interviennent dans l’inflammation intestinale et d’autres processus à l’origine des lésions de la maladie de Crohn. En bloquant ces interleukines, l’ustékinumab réduit l’activité du système immunitaire et les symptômes de la maladie.

L’ustekinumab est produit par la « technique de l’ADN recombinant » c’est-à-dire à partir de cellules dans lesquelles un gène (ADN) a été introduit afin de produire des anticorps anti IL-12 et anti IL-23 par les cellules. Ce traitement a démontré son efficacité sur les symptômes de la maladie de Crohn dans des études de grande ampleur chez des patients en échec (CERTIFI, UNITI 2), et chez des patients naïfs (UNITI 2) d’anti-TNF.

L’ustékinumab est indiqué depuis novembre 2016 dans le traitement de la maladie de Crohn active modérée à sévère, chez les adultes en échec à l’infliximab, à l’adalimumab et au védolizumab, ou qui sont intolérants, ou qui ont une contre-indication à ces traitements. Pour l’instant, il existe des données préliminaires sur l’efficacité de l’ustékinumab dans la rectocolite hémorragique et ce traitement n’a pas encore d’AMM dans cette indication, mais il semble être efficace également dans cette pathologie.

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