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CONTAMINANTS ALIMENTAIRES ET MICI : UNE PISTE DE RECHERCHE
LES MYCOTOXINES, DES CONTAMINANTS ALIMENTAIRES QUI POURRAIENT INTERVENIR DANS LES MICI
Marcon Gasperini, A., Faccenda, D. & Garcia-Cela, E. (2025). Unravelling the impact of mycotoxins on gut health: implications for inflammatory bowel disease. Current Opinion in Food Science, 64, 101316.
https://doi.org/10.1016/j.cofs.2025.101316
Les mycotoxines sont des substances produites par certains champignons qui peuvent contaminer différentes denrées alimentaires, notamment les céréales.
Une revue publiée en 2025 s’est intéressée spécifiquement à leur rôle potentiel dans les MICI.
Les données disponibles suggèrent que certaines mycotoxines pourraient :
- altérer la barrière intestinale ;
- modifier la composition et le fonctionnement du microbiote intestinal ;
- favoriser des mécanismes inflammatoires ;
- potentiellement contribuer au développement ou à l’aggravation de l’inflammation intestinale.
Le déoxynivalénol (DON), une mycotoxine fréquemment retrouvée dans les céréales et les produits céréaliers, fait notamment partie des contaminants étudiés.
→ Toutefois, ces résultats ne permettent pas actuellement d’affirmer que l’exposition alimentaire aux mycotoxines provoque ou déclenche une MICI chez l’être humain.
Les auteurs soulignent la nécessité de poursuivre les recherches afin de mieux comprendre les niveaux d’exposition réellement pertinents chez l’humain et leurs éventuelles conséquences sur les MICI.
LES PATIENTS ATTEINTS DE MICI POURRAIENT-ILS ÊTRE PLUS VULNÉRABLES AUX CONTAMINANTS ALIMENTAIRES ?
Khan et al. (2024). Elevated risk of adverse effects from foodborne contaminants and drugs in inflammatory bowel disease: a review. Archives of Toxicology.
https://doi.org/10.1007/s00204-024-03844-w
Cette revue s’intéresse à la possibilité que les personnes atteintes de MICI présentent une sensibilité particulière à certains contaminants alimentaires.
Concernant les mycotoxines, les auteurs soulignent notamment que :
- le DON est l’une des mycotoxines les plus fréquemment retrouvées dans l’alimentation ;
- il est notamment présent dans les céréales et produits à base de blé ;
- des travaux expérimentaux montrent qu’il peut affecter la barrière intestinale ;
- des modèles animaux suggèrent qu’il pourrait aggraver une colite préexistante.
→ Ces données renforcent l’intérêt de la recherche sur les interactions entre contaminants alimentaires, microbiote, barrière intestinale et inflammation.
→ Elles ne justifient toutefois pas, à ce jour, de recommander aux patients atteints de MICI d’exclure les céréales de leur alimentation.
QUE SAIT-ON AUJOURD’HUI ?
Les recherches récentes montrent que l’alimentation ne se résume pas à ses seuls nutriments.
Les chercheurs s’intéressent désormais également à l’impact potentiel de différents composés présents naturellement ou ajoutés aux aliments, ainsi qu’à leurs interactions avec :
- le microbiote intestinal ;
- la barrière intestinale ;
- le système immunitaire ;
- le métabolisme intestinal.
Une étude publiée en 2025 a par exemple analysé 768 composés alimentaires chez des patients atteints de MICI et identifié plusieurs composés potentiellement associés à l’activité de la maladie. Les auteurs soulignent toutefois que ces associations doivent encore être validées avant de pouvoir en tirer des recommandations alimentaires.
De manière générale, le consensus ECCO publié en 2025 rappelle que la majorité des données concernant les interventions alimentaires dans les MICI restent de qualité limitée et que les recommandations doivent privilégier une approche personnalisée plutôt que l’exclusion systématique de composants alimentaires.





