BOURSES DE L’AFA 2025 : 10 PROJETS DE RECHERCHE D’EXCELLENCE

En décembre 2025, le Comité Scientifique de l’afa a méticuleusement sélectionné les projets de recherche MICI lauréats des bourses de recherche 2025, pour un montant total de 200 000 euros. Ces projets de recherche sont financés grâce à vos dons et adhésions.

Nous vous proposons de découvrir ce que ces projets recouvrent et qui sont leurs porteurs !  

PROJET 1 – Comprendre le dialogue entre le système immunitaire et la paroi de l’intestin

Dans quel contexte ?

Les MICI sont dues à un mauvais fonctionnement du système immunitaire dans l’intestin. Ce dérèglement provoque une inflammation durable et fragilise la paroi intestinale, qui joue pourtant un rôle essentiel : elle protège l’organisme tout en laissant passer les nutriments nécessaires.

Certaines cellules du système immunitaire semblent jouer un rôle clé dans cette maladie, notamment les lymphocytes iNKT. Ces cellules sont particulières car elles se situent entre deux types de défenses immunitaires et peuvent soit aggraver l’inflammation, soit au contraire la freiner, selon les situations.
Même si elles sont liées à l’évolution de la maladie de Crohn, leur rôle exact reste mal connu, car la plupart des études ont été réalisées chez l’animal et non chez l’humain.

Quels sont les objectifs du projet ?

Ce projet cherche à mieux comprendre le comportement de ces cellules immunitaires dans l’intestin humain, en particulier chez les personnes atteintes de la maladie de Crohn.

Plus précisément, les chercheurs veulent :

  • Comparer le fonctionnement des lymphocytes iNKT chez des patients atteints de Crohn et chez des personnes en bonne santé,
  • Comprendre comment la paroi intestinale influence l’activation de ces cellules,
  • Étudier l’effet de certaines substances produites par les bactéries intestinales sur la capacité des iNKT à calmer l’inflammation.

Comment les chercheurs vont-ils s’y prendre ?

Les scientifiques vont reproduire en laboratoire une version miniature de l’intestin humain à partir de cellules humaines. Ces « mini-intestins », appelés organoïdes, proviendront aussi bien de patients que de personnes en bonne santé.

En parallèle, les chercheurs isoleront les lymphocytes iNKT directement dans l’intestin, puis les étudieront pour savoir quelles substances ils produisent et comment ils réagissent à leur environnement.

Les mini-intestins seront ensuite organisés pour imiter au mieux la paroi intestinale réelle. Ils seront mis en contact avec les cellules immunitaires du même individu, ce qui permettra d’observer comment ces deux types de cellules interagissent, dans des situations normales ou inflammatoires.

Enfin, les chercheurs testeront l’effet de molécules produites par les bactéries intestinales, afin de comprendre comment le microbiote peut influencer ces interactions.

Quels résultats sont attendus ?

Ce projet devrait permettre :

  • De mieux comprendre le rôle des lymphocytes iNKT dans la maladie de Crohn chez l’humain,
  • D’identifier ce qui déclenche leur activation au niveau de la paroi intestinale,
  • De repérer des facteurs capables de réorienter ces cellules vers un rôle protecteur et anti-inflammatoire,
  • Et, à terme, de contribuer au développement de nouvelles approches thérapeutiques ciblant l’immunité, le microbiote et la barrière intestinale.

Quelle équipe est impliquée dans ce projet ?

Le projet est porté par Chloé Terciolo et Allan Patinec, au sein de l’unité INSERM UMR1302 / CNRS EMR U6001 – Immunology and New Concepts in Immunotherapy (INCIT) à Nantes, sous la direction du Pr Frédéric Altare.

PRÉSENTATION DES PORTEURS DU PROJET

Chloé Terciolo est chercheuse à l’INSERM et spécialisée dans l’étude de la barrière épithéliale intestinale et de ses interactions avec l’environnement et le système immunitaire. Ses travaux portent notamment sur les mécanismes de régulation de l’inflammation intestinale et les modèles expérimentaux innovants, tels que les organoïdes humains.

Allan Patinec est chercheur spécialisé dans l’immunologie des lymphocytes iNKT et le développement de nouvelles approches d’immunomodulation. Il possède une expertise reconnue dans l’étude fonctionnelle des cellules iNKT humaines et leur potentiel thérapeutique.

 

PROJET 2 – Mieux comprendre la cicatrisation de l’intestin dans la RCH

Dans quel contexte ?

La rectocolite hémorragique (RCH) est généralement considérée comme une maladie qui touche uniquement la couche superficielle de la paroi du côlon. Pourtant, des études récentes montrent que des atteintes plus profondes de l’intestin peuvent persister, même lorsque la maladie semble calme et que le patient va mieux.

Ces anomalies invisibles peuvent expliquer pourquoi certains patients continuent à souffrir de symptômes gênants, comme des diarrhées, des envies urgentes d’aller à la selle ou une perte de contrôle, alors que la maladie est officiellement « en rémission ». Ces troubles sont parfois attribués à tort à un syndrome de l’intestin irritable.

L’échographie intestinale est un examen simple, indolore et sans préparation, qui permet aujourd’hui d’examiner toute l’épaisseur de la paroi intestinale. Cependant, son utilité pour prédire l’évolution de la RCH reste encore mal définie.

Quels sont les objectifs du projet ?

L’objectif principal est de déterminer combien de patients atteints de RCH en rémission présentent une cicatrisation incomplète de la paroi intestinale, malgré l’absence de symptômes majeurs.

Les chercheurs cherchent aussi à :

  • Évaluer le risque de rechute de la maladie dans l’année qui suit,
  • Identifier des signes visibles à l’échographie permettant de prédire une rechute,
  • Faire le lien entre les anomalies vues à l’échographie et les symptômes persistants ainsi que la qualité de vie des patients,
  • Comparer l’échographie intestinale à un test couramment utilisé, la calprotectine fécale, pour évaluer la cicatrisation de l’intestin,
  • Repérer des marqueurs biologiques dans le sang ou les tissus qui pourraient aider à mieux suivre la maladie.

Comment les chercheurs vont-ils procéder ?

Il s’agit d’une étude nationale menée dans plusieurs centres, qui inclura 250 patients adultes atteints de RCH en rémission.

Chaque patient bénéficiera :

  • D’une échographie intestinale au début de l’étude et un an plus tard,
  • D’évaluations régulières de l’état clinique,
  • D’analyses biologiques,
  • D’examens endoscopiques et de prélèvements de tissus intestinaux lorsque nécessaire.

En parallèle, les chercheurs analyseront des échantillons de sang et de biopsies intestinales afin de mieux comprendre les mécanismes biologiques liés à la cicatrisation et aux rechutes.

Quels résultats sont attendus ?

Cette étude devrait permettre :

  • De mieux définir la fréquence et l’importance clinique des atteintes profondes de l’intestin chez les patients en rémission,
  • D’identifier des signaux d’alerte précoces permettant de prévoir une rechute,
  • De mieux comprendre pourquoi certains patients continuent à avoir des symptômes malgré une maladie apparemment contrôlée,
  • Et, à terme, de favoriser une prise en charge plus personnalisée, fondée sur des examens simples et des marqueurs biologiques innovants.

Quelle équipe est impliquée dans ce projet ?

Le projet est porté par Paul McLellan, en collaboration avec Catherine Reenaers, au sein du réseau AFUSIM (Association Française d’Ultrasonographie dans les MICI), impliquant de nombreux centres experts en France.

PRÉSENTATION DU PORTEUR DU PROJET

Paul McLellan est gastroentérologue et chercheur, impliqué dans le développement et la structuration de l’échographie intestinale dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). Il est membre actif de l’AFUSIM et contribue à des travaux nationaux et internationaux visant à améliorer le suivi non invasif des patients atteints de RCH et de maladie de Crohn.

Son expertise porte sur l’évaluation échographique de l’activité intestinale, la cicatrisation transmurale, la prédiction des rechutes et l’intégration de biomarqueurs innovants dans une approche de médecine personnalisée.

 

 

PROJET 3 – Comprendre le lien entre l’intestin et le foie dans les MICI

Dans quel contexte ?

Les MICI apparaissent lorsque l’équilibre normal entre le système immunitaire, les bactéries de l’intestin et la paroi intestinale est perturbé.
Lorsque cette paroi devient trop perméable (on parle parfois d’« intestin qui fuit ») des substances indésirables peuvent traverser la barrière intestinale et entretenir l’inflammation. Ce phénomène est aujourd’hui reconnu comme un élément clé du développement et des rechutes des MICI.

La cholangite sclérosante primitive (CSP) est une maladie inflammatoire chronique rare mais grave qui touche les voies biliaires du foie. Elle est très souvent associée aux MICI, en particulier à la rectocolite hémorragique. Les patients atteints à la fois de MICI et de CSP présentent un risque élevé de complications sévères, notamment des cancers du côlon et des voies biliaires.

Malgré cette association bien connue, les mécanismes qui relient l’inflammation de l’intestin aux atteintes du foie restent mal compris.

Quels sont les objectifs du projet ?

Ce projet vise à mieux comprendre comment les MICI et la CSP se développent et s’aggravent mutuellement, en s’intéressant plus particulièrement au rôle de la perméabilité intestinale.

Les chercheurs cherchent à savoir :

  • Si l’inflammation de l’intestin peut favoriser l’apparition et la gravité de la CSP,
  • Si, à l’inverse, la CSP peut fragiliser la paroi intestinale et rendre l’intestin plus vulnérable à l’inflammation,
  • Si l’augmentation de la perméabilité intestinale joue un rôle central dans ce cercle vicieux,
  • Comment les bactéries intestinales et les acides biliaires participent à ces interactions entre intestin et foie.

Comment les chercheurs vont-ils procéder ?

Les scientifiques utiliseront des modèles expérimentaux chez l’animal qui reproduisent les principales caractéristiques des MICI et de la CSP.

Ils étudieront :

  • Comment une inflammation de l’intestin peut influencer le développement de la maladie du foie,
  • Et inversement, comment une atteinte des voies biliaires peut perturber la barrière intestinale et favoriser une inflammation chronique.

La perméabilité de l’intestin sera mesurée directement, et les chercheurs analyseront en parallèle :

  • La composition des bactéries intestinales,
  • Le rôle des acides biliaires,
  • L’état des jonctions entre les cellules intestinales,
  • Les réponses du système immunitaire, aussi bien dans l’intestin que dans le foie.

Enfin, des approches innovantes ciblant des mécanismes clés de la perméabilité intestinale, ainsi que des modèles génétiques prédisposés aux MICI, permettront de mieux comprendre le lien de cause à effet entre fragilité de la barrière intestinale et développement de la CSP.

Quels résultats sont attendus ?

Ce projet devrait permettre :

  • De mieux expliquer pourquoi et comment les MICI et la CSP sont liées,
  • De confirmer le rôle central de la perméabilité intestinale dans la sévérité de la CSP,
  • De mieux comprendre les échanges complexes entre intestin, microbiote et foie,
  • De proposer de nouveaux modèles de recherche pour étudier ces interactions,
  • Et, à terme, d’ouvrir la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques, visant à renforcer la barrière intestinale afin de prévenir ou limiter les complications graves associées aux MICI et à la CSP.

Quelle équipe est impliquée dans ce projet ?

Le projet est porté par Frédérick Barreau, au sein de l’Institut de recherche en santé digestiveunité INSERM U1220, à l’Hôpital des Enfants du CHU de Toulouse, sous la direction de la Pr Nathalie Vergnolle.

PRÉSENTATION DU PORTEUR DU PROJET

Frédérick Barreau est professeur et chercheur à l’INSERM, spécialiste reconnu de la physiopathologie des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. Ses travaux portent principalement sur le rôle de la barrière épithéliale intestinale, de la perméabilité et du microbiote dans l’inflammation chronique et ses complications. Il développe depuis plusieurs années des modèles expérimentaux innovants permettant d’explorer les interactions entre intestin, système immunitaire et foie, avec un fort ancrage translationnel et un objectif d’impact direct pour les patients atteints de MICI.

PROJET 4 – Comprendre le rôle de l’autophagie et des gènes à risque dans la maladie de Crohn

Dans quel contexte ?

La maladie de Crohn résulte d’une combinaison complexe de facteurs génétiques, microbiens, immunitaires et environnementaux. Malgré de nombreuses avancées, on ne comprend pas encore parfaitement pourquoi certaines cellules intestinales deviennent inflammatoires et comment la dysbiose (déséquilibre des bactéries intestinales) se maintient.

Un mécanisme important impliqué est l’autophagie : c’est le processus par lequel une cellule recycle ses composants et élimine les bactéries indésirables.

Certaines variations génétiques, en particulier le gène ATG16L1 T300A, altèrent ce processus chez les patients Crohn. On sait que ces altérations peuvent favoriser la persistance de bactéries invasives, comme certaines E. coli caractéristiques de la maladie, mais on ne sait pas encore exactement quelles parties de la cellule ou quelles protéines sont affectées, ni comment cela contribue à l’inflammation.

Quels sont les objectifs du projet ?

L’objectif est de comprendre comment ces variations génétiques modifient l’autophagie et influencent la réponse des cellules aux bactéries.

Concrètement, les chercheurs veulent :

  • Étudier le contenu des autophagosomes (les « sacs » de recyclage cellulaire) dans des cellules portant la forme à risque du gène ATG16L1,
  • Comparer ce contenu à celui de cellules normales, pour repérer les différences,
  • Tester l’impact de ces altérations en situation normale et lors d’une infection par des bactéries AIEC, typiques de Crohn,
  • Identifier des protéines ou voies biologiques qui pourraient expliquer l’inflammation chronique et la dysbiose intestinale.

Comment les chercheurs vont-ils procéder ?

Ce projet repose sur une approche innovante et très précise pour mieux comprendre certains mécanismes de la maladie de Crohn.

Les chercheurs utiliseront des cellules intestinales humaines modifiées en laboratoire afin qu’elles expriment soit la version normale d’un gène, soit une version particulière associée à un risque accru de maladie (ATG16L1 T300A). Cela permettra de comparer directement leur fonctionnement.

Ils isoleront ensuite des structures présentes dans les cellules, appelées autophagosomes, qui jouent un rôle important dans le recyclage et la défense contre les bactéries. Grâce à un marquage spécifique, ils pourront analyser de façon très détaillée ce que contiennent ces structures.

Le contenu des autophagosomes sera étudié à l’aide de techniques très avancées, afin d’identifier les protéines impliquées, avant et après une infection par des bactéries AIEC, connues pour être associées à la maladie de Crohn.

Enfin, les résultats obtenus seront confirmés dans d’autres modèles plus proches de la réalité humaine, notamment dans des cellules du système immunitaire (comme les cellules dendritiques) et dans des prélèvements intestinaux de patients atteints de la maladie de Crohn et porteurs de cette variation génétique.

Quels résultats sont attendus ?

Ce projet devrait permettre :

  • D’identifier précisément quelles protéines ne sont pas correctement recyclées chez les patients porteurs du polymorphisme à risque,
  • De comprendre comment un défaut d’autophagie favorise une réponse inadéquate aux bactéries,
  • D’expliquer la dysbiose intestinale et la persistance de bactéries invasives,
  • De repérer de nouveaux biomarqueurs liés à l’activité et à la sévérité de la maladie,
  • Et à terme, d’ouvrir la voie à de nouvelles stratégies diagnostiques ou thérapeutiques ciblant l’autophagie.

Quelle équipe est impliquée dans ce projet ?

Le projet est porté au sein du CIRI – Centre International de Recherche en Infectiologie (INSERM U1111) à Lyon, au sein de l’équipe Autophagie, Infection et Immunité, dirigée par le Pr Michel Faure, sous la direction scientifique du Dr Dimitri Lavillette.

PRÉSENTATION DE LA PORTEUSE DU PROJET

Aurore Rozières est chercheuse INSERM au CIRI à Lyon. Ses travaux portent sur le rôle de l’autophagie dans les réponses immunitaires, les infections et la physiopathologie de la maladie de Crohn. Elle a contribué à des avancées majeures dans la compréhension du flux autophagique chez les patients Crohn, notamment par le développement d’approches quantitatives innovantes appliquées à des cellules humaines primaires. Son projet s’inscrit à l’interface entre recherche fondamentale et recherche translationnelle, avec un objectif clair d’impact pour les patients atteints de MICI.

PROJET 5 - Impact des pesticides et des métaux lourds sur l’évolution des MICI

Dans quel contexte ?

Les MICI touchent de plus en plus de personnes, avec un impact important sur la qualité de vie. Ces maladies évoluent par alternance de phases de rémission et de rechute.

Si l’on connaît bien le rôle des facteurs génétiques et immunitaires, les causes exactes restent encore mal comprises. L’augmentation des MICI avec l’industrialisation et le mode de vie occidental suggère que des facteurs environnementaux, comme les pesticides et les métaux lourds, pourraient jouer un rôle.

Certaines études ont déjà montré un lien entre exposition à ces polluants et risque de développer une MICI, mais leur influence sur la survenue de rechutes chez les patients en rémission n’a jamais été étudiée.

Quels sont les objectifs du projet ?

L’objectif principal est de savoir si l’exposition aux pesticides et aux métaux lourds augmente le risque de rechute chez les patients en rémission.

Les objectifs spécifiques sont :

  • Étudier le lien entre les concentrations de pesticides dans le sang et les urines et le risque de rechute,
  • Analyser séparément la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique,
  • Évaluer l’impact des métaux lourds,
  • Explorer l’effet combiné de plusieurs polluants (l’« effet cocktail »),
  • Identifier des facteurs environnementaux et de mode de vie qui augmentent l’exposition.

Comment les chercheurs vont-ils procéder ?

  • 450 patients adultes atteints de MICI et en rémission seront inclus dans trois centres hospitalo-universitaires français (Amiens, Lille, Rouen),
  • Des prélèvements sanguins et urinaires seront réalisés pour mesurer les pesticides et les métaux lourds grâce à des techniques très précises,
  • Les patients seront suivis pendant 2 ans pour identifier les rechutes,
  • Des analyses statistiques permettront de savoir quels polluants, seuls ou combinés, sont associés à un risque accru de rechute.

Quels résultats sont attendus ?

Ce projet devrait permettre :

  • De déterminer si l’exposition à certains polluants influence l’évolution des MICI,
  • D’identifier les substances environnementales à risque,
  • De mieux comprendre le rôle des facteurs environnementaux modifiables,
  • D’ouvrir la voie à des stratégies de prévention personnalisées, visant à réduire l’exposition chez les patients à risque,
  • Et de fournir des données concrètes pouvant guider la prise en charge et l’éducation des patients.

Quelle équipe est impliquée dans ce projet ?

Le projet est porté par l’équipe PeriTox de l’Université de Picardie Jules Verne, au sein du service d’hépato-gastroentérologie du CHU d’Amiens, en collaboration avec les CHU de Lille et de Rouen.

Les dosages biologiques des pesticides et des métaux lourds seront réalisés par le laboratoire de référence national en toxicologie analytique du CHU de Limoges, spécialisé dans l’analyse des polluants environnementaux.

PRÉSENTATION DU PORTEUR DU PROJET

Pr Mathurin Fumery est gastro-entérologue et chercheur au CHU d’Amiens. Il est spécialisé dans la prise en charge et la recherche clinique sur les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. Il a coordonné de nombreuses études multicentriques nationales et internationales portant sur l’évolution des MICI et l’efficacité des traitements innovants. Son expertise en épidémiologie clinique et en recherche translationnelle garantit la faisabilité et la pertinence clinique de ce projet à fort impact pour les patients.

PROJET 6 – MicroARNs du lait maternel et origines précoces des MICI

Dans quel contexte ?

Le microbiote intestinal (les bactéries de l’intestin) est essentiel pour la santé digestive et immunitaire. Sa mise en place commence dès la naissance, une période critique où certains facteurs précoces peuvent influencer la fonction intestinale et le risque futur de maladies comme la maladie de Crohn.

Le lait maternel joue un rôle central pendant cette période. Il contient de nombreuses molécules capables de façonner le microbiote et la barrière intestinale. Parmi elles, les microARNs sont de petits messagers qui peuvent influencer directement le dialogue entre l’intestin du bébé et ses bactéries.

Des études récentes suggèrent que certains microARNs peuvent modifier la composition du microbiote, la perméabilité intestinale et l’inflammation. Mais on ignore encore si ces microARNs jouent un rôle dans la prédisposition aux MICI à long terme.

Quels sont les objectifs du projet ?

Le projet cherche à comprendre comment les microARNs du lait maternel influencent la formation du microbiote chez le nourrisson et la susceptibilité future aux MICI.

Les objectifs sont :

  • Identifier des profils de microARNs dans le lait maternel associés à un risque de MICI,
  • Étudier comment ces microARNs influencent le microbiote intestinal précoce,
  • Évaluer l’effet d’une exposition néonatale à certains microARNs sur la barrière intestinale et la sensibilité à l’inflammation à l’âge adulte,
  • Explorer la possibilité d’une transmission non génétique du risque de MICI de la mère à l’enfant via le lait.

Comment les chercheurs vont-ils procéder ?

Le projet utilise des modèles de souris sensibles aux MICI et des souris témoins :

  1. Analyse des microARNs du lait maternel : grâce à des techniques de séquençage, les chercheurs identifieront les microARNs associés à une prédisposition à l’inflammation, et corréleront ces données avec le microbiote intestinal des bébés souris.
  2. Exposition précoce : certains microARNs candidats seront donnés par voie orale aux souriceaux pendant une fenêtre critique après la naissance.
  3. Évaluation des effets : les chercheurs examineront l’impact sur le microbiote, la perméabilité intestinale, l’inflammation et la susceptibilité future à la colite.

Cette approche permettra d’étudier de manière causale le rôle des microARNs dans la programmation précoce de la santé intestinale.

Quels résultats sont attendus ?

Le projet devrait permettre :

  • D’identifier les microARNs du lait maternel qui influencent le microbiote néonatal,
  • De montrer que certains microARNs ont un rôle protecteur ou favorisant l’inflammation,
  • D’apporter des preuves sur un mécanisme précoce de prédisposition aux MICI,
  • De préparer le terrain pour des études mère-enfant chez l’humain,
  • Et d’ouvrir la voie à de nouvelles stratégies de prévention précoces, basées sur la nutrition et la modulation du microbiote dès la naissance.

Quelle équipe est impliquée dans ce projet ?

Le projet est porté par l’équipe Viennois du Centre de Recherche sur l’Inflammation (INSERM U1149) à l’Université Paris Cité. Cette équipe possède une expertise reconnue dans l’étude des interactions entre microARNs, microbiote intestinal et inflammation, ainsi que dans les modèles expérimentaux de MICI.

PRÉSENTATION DE LA PORTEUSE DU PROJET 

Dr Emilie Viennois est chercheuse INSERM, spécialiste des interactions hôte–microbiote et du rôle des microARNs dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. Elle a publié des travaux pionniers démontrant que les microARNs dérivés de l’hôte peuvent moduler directement le microbiote intestinal et influencer l’inflammation. Son équipe est à l’avant-garde de ce champ de recherche émergent, avec une forte orientation translationnelle visant à identifier de nouveaux leviers diagnostiques et préventifs pour les MICI.

PROJET 7 – Comprendre comment certaines bactéries intestinales deviennent pathogènes dans la maladie de Crohn

BOURSE NICOLAS BARNICH 2025

Dans quel contexte ?

La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique de l’intestin, souvent liée à un déséquilibre du microbiote intestinal et à une réponse immunitaire inadaptée.

Parmi les bactéries impliquées, les E. coli adhérentes-invasives (AIEC) jouent un rôle majeur. Elles ont la capacité de :

  • S’accrocher aux cellules intestinales,
  • Les envahir,
  • Survivre à l’intérieur des cellules immunitaires (macrophages).

Cela contribue à une inflammation chronique persistante.

Contrairement aux bactéries pathogènes classiques, les AIEC ne possèdent pas de gènes de virulence spécifiques. Leur passage de bactéries « normales » (commensales) à pathogènes semble reposer sur une adaptation fine de l’expression de leurs gènes, rendue possible par la réorganisation de leur ADN à l’intérieur d’une structure appelée nucléoïde.

Des protéines appelées NAP (H-NS, Fis, HU) contrôlent la forme de l’ADN et l’activation ou l’arrêt des gènes, jouant un rôle clé dans cette adaptation. Comprendre ce mécanisme est essentiel pour mieux saisir comment ces bactéries persistent chez les patients Crohn.

Quels sont les objectifs du projet ?

L’objectif principal est de comprendre comment les AIEC utilisent l’organisation de leur génome pour s’adapter et survivre dans l’intestin humain.

Plus précisément, les chercheurs veulent :

  • Étudier le rôle des protéines H-NS, Fis et HU dans la régulation de la virulence,
  • Comprendre le lien entre la structure tridimensionnelle du génome et l’expression des gènes,
  • Expliquer comment les AIEC deviennent pathogènes sans changer leur ADN,
  • Identifier de nouvelles cibles moléculaires pour prévenir leur adaptation et leur persistance.

Comment les chercheurs vont-ils procéder ?

Ce projet fait appel à plusieurs disciplines (microbiologie, génétique et informatique) pour mieux comprendre le comportement de certaines bactéries dans l’intestin.

Les chercheurs vont notamment :

  • Modifier des bactéries en supprimant certaines de leurs protéines clés, afin d’observer comment ces changements influencent leur capacité à s’accrocher aux cellules de l’intestin, à y pénétrer et à y survivre.
  • Étudier l’organisation du matériel génétique de ces bactéries, grâce à des techniques de pointe :
    • une méthode permettant de repérer où certaines protéines se fixent sur l’ADN,
    • une autre qui permet de visualiser la structure en trois dimensions de l’ADN et de voir comment elle change selon l’environnement intestinal.
  • Mettre en lien la structure de l’ADN et l’activité des gènes, afin de comprendre comment ces bactéries deviennent plus ou moins agressives pour l’organisme.

Quels résultats sont attendus ?

Ce projet devrait permettre :

  • De mieux comprendre comment la forme de l’ADN bactérien influence la virulence des AIEC,
  • D’identifier des mécanismes d’adaptation non génétiques expliquant leur persistance chez les patients Crohn,
  • De révéler de nouveaux réseaux de régulation impliquant les protéines du nucléoïde,
  • D’ouvrir la voie à des thérapies ciblant la virulence des bactéries plutôt que l’élimination globale du microbiote,
  • Et de renforcer la compréhension du rôle du microbiote intestinal dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.

Quelle équipe est impliquée dans ce projet ?

Le projet est porté par Dr Antonio Frandi, maître de conférences en microbiologie au sein de l’unité M2iSH (Microbes Intestin Inflammation et Susceptibilité de l’Hôte – INSERM U1071) à l’Université Clermont Auvergne. L’équipe possède une expertise reconnue dans l’étude des bactéries AIEC, de la génétique bactérienne et des interactions hôte–microbiote. Ce projet permettra également l’implantation de nouvelles technologies de génomique structurale (ChIP-seq et Hi-C) au sein du laboratoire, renforçant durablement son potentiel de recherche.

PRÉSENTATION DU PORTEUR DE PROJET 

Le Dr Antonio Frandi est maître de conférences en microbiologie à l’Université Clermont Auvergne et chercheur au sein de l’unité M2iSH – Microbes, Intestin, Inflammation et Susceptibilité de l’Hôte (INSERM U1071). Ses travaux portent sur la régulation transcriptionnelle et l’organisation du génome bactérien, avec un intérêt particulier pour les souches d’Escherichia coli adhérentes-invasives (AIEC) impliquées dans la maladie de Crohn. Fort de son expertise en génétique bactérienne et en approches de génomique fonctionnelle, il explore les mécanismes moléculaires permettant à ces bactéries de s’adapter à l’environnement intestinal et intracellulaire. Ce projet s’inscrit dans la continuité de ses recherches et permettra de développer de nouvelles approches innovantes pour comprendre la transition des AIEC du statut commensal au statut pathogène.

PROJET 8 – Décoder la réponse immunitaire dans l’iléon des patients atteints de la maladie de Crohn

Dans quel contexte ?

La maladie de Crohn (MC) est une inflammation chronique de l’intestin, touchant surtout la partie terminale de l’iléon. Elle résulte d’une activation inappropriée du système immunitaire, mais on ne comprend pas encore exactement comment cette inflammation démarre et se maintient.

Chez les patients, on observe :

  • Une accumulation de plasmocytes, cellules qui produisent les anticorps, dans la muqueuse intestinale,
  • Des anticorps ciblant des bactéries intestinales (comme les flagellines),
  • Des clones cellulaires spécifiques et activés, ce qui suggère que certains antigènes stimulent en continu ces plasmocytes.

Identifier ces antigènes clés est essentiel pour comprendre les mécanismes de la maladie et développer de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Quels sont les objectifs du projet ?

Le projet vise à :

  • Comprendre comment et pourquoi les plasmocytes s’accumulent et s’activent dans l’iléon des patients Crohn,
  • Identifier les anticorps produits et les antigènes qui déclenchent leur activation,
  • Cartographier les différentes populations de B et plasmocytes et relier leur profil génétique à leur spécificité antigénique.

Comment les chercheurs vont-ils procéder ?

Pour comprendre la maladie, les chercheurs vont étudier des échantillons provenant de l’intestin, à la fois chez des patients et chez des personnes en bonne santé.

Ils utiliseront plusieurs techniques complémentaires :

  • Des prélèvements de tissu intestinal (biopsies) pour observer directement ce qui se passe dans l’intestin.
  • Des analyses très précises des cellules afin d’identifier les différents types de cellules du système immunitaire présentes.
  • Une étude cellule par cellule, qui permet de repérer les cellules produisant des anticorps particulièrement actifs et de comprendre quels anticorps elles fabriquent.
  • Une méthode permettant d’identifier les “cibles” de ces anticorps, c’est-à-dire les éléments (par exemple des microbes ou des protéines) qui déclenchent la réaction immunitaire.
  • Des tests en laboratoire sur ces cellules, pour confirmer qu’elles sont bien activées et comprendre comment elles réagissent.

Quels résultats sont attendus ?

Ce projet devrait permettre :

  • De montrer que la MC iléale s’accompagne d’une expansion anormale de plasmocytes activés et d’une production ciblée d’anticorps IgG,
  • D’identifier les antigènes microbiens ou auto-antigènes responsables de cette activation,
  • De proposer de nouveaux biomarqueurs pour suivre l’évolution de la maladie et de nouvelles cibles thérapeutiques pour la traiter.

Quelle équipe est impliquée dans ce projet ?

L’équipe du Laboratoire Autoimmunité et Immunité Lymphocytaire B (INSERM U1151, Créteil), dirigée par le Pr Matthieu Mahévas, coordonne ce projet avec le Pr Mathieu Uzzan, responsable scientifique.

PRÉSENTATION DU PORTEUR DU PROJET 

Pr Mathieu Uzzan est chercheur à l’INSERM et s’intéresse particulièrement aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et à l’immunité humorale. Il a réalisé sa thèse en immunologie et pathophysiologie intestinale et possède une expertise approfondie sur la biologie des lymphocytes B et des plasmocytes, leur rôle dans l’inflammation intestinale et la réponse immunitaire muqueuse.

Il a produit de nombreuses publications scientifiques dans des revues internationales, portant sur l’immunité intestinale, la maladie de Crohn, les réponses humorales et la pathogénie des MICI. Son travail a permis de mieux comprendre le rôle des B et plasmocytes dans la MC et de mettre en évidence l’existence de sous-populations cellulaires spécifiques de la maladie.

PROJET 9 – Prédire l’inflammation du réservoir intestinal après chirurgie de la rectocolite hémorragique : le Pouchoscore

Dans quel contexte ?

Environ 25 % des patients atteints de rectocolite hémorragique (RCH) doivent subir une chirurgie appelée coloproctectomie totale avec anastomose iléo-anale (AIA). Cette opération retire le colon et le rectum et crée un « réservoir intestinal » à partir de l’intestin grêle pour maintenir la fonction digestive.

Cependant, la moitié des patients développent une inflammation du réservoir, appelée pochite, dans les 2 à 5 ans suivant l’opération. Les symptômes incluent diarrhée, douleurs abdominales, sang dans les selles, fièvre et incontinence, et parfois nécessitent des traitements médicamenteux ou chirurgicaux supplémentaires.

Contrairement à la maladie de Crohn où le score de Rutgeerts permet de prédire les rechutes après chirurgie, il n’existe actuellement aucun score validé pour prévoir la pochite après AIA chez les patients RCH.

Quels sont les objectifs du projet ?

L’objectif principal est de concevoir et valider un score endoscopique, appelé Pouchoscore, pour prédire la survenue de pochite après chirurgie chez les patients RCH.

Les objectifs secondaires sont :

  • Évaluer la variabilité entre observateurs dans l’interprétation des lésions endoscopiques,
  • Déterminer l’incidence de la pochite et de la pochite chronique dans une cohorte prospective,
  • Évaluer l’incidence éventuelle de maladie de Crohn du réservoir après chirurgie.

Comment les chercheurs vont-ils procéder ?

Il s’agit d’une étude menée dans plusieurs hôpitaux spécialisés du réseau GETAID, qui suivra les patients dans le temps.

Les chercheurs incluront des patients adultes ayant été opérés d’une anastomose iléo-anale pour une rectocolite hémorragique, entre 6 et 12 mois avant le début de l’étude, et ne présentant pas de complication infectieuse du réservoir (pochite) ni de traitement récent pouvant influencer les résultats.

Entre 6 et 12 mois après la chirurgie, les patients bénéficieront d’un examen endoscopique du réservoir intestinal. Cet examen permettra d’observer l’état du réservoir et de l’intestin, et des prélèvements (biopsies) seront réalisés de manière systématique. Les images et les résultats seront enregistrés puis analysés de façon centralisée afin d’assurer une évaluation homogène.

Les patients seront ensuite suivis pendant au moins deux ans. Durant cette période, les chercheurs noteront l’apparition éventuelle de complications, telles qu’une pochite, une pochite chronique ou une maladie de Crohn touchant le réservoir.

Enfin, l’ensemble des données recueillies, qu’elles soient cliniques, biologiques ou issues des examens endoscopiques, sera analysé afin d’identifier les signes permettant de prédire la survenue d’une pochite. Ces informations seront combinées pour créer un score prédictif, destiné à repérer les patients les plus à risque et à mieux.

Quels résultats sont attendus ?

Le Pouchoscore devrait : 

  • Permettre de prévoir les patients à risque de pochite avant l’apparition des symptômes,
  • Guider la stratégie thérapeutique préventive, pour limiter l’inflammation chronique,
  • Améliorer la qualité de vie des patients opérés et réduire le risque de rechutes nécessitant des traitements supplémentaires.

Quelle équipe est impliquée dans ce projet ?

L’investigateur principal est le Dr Clément BRESTEAU du CHU Beaujon, Service de Gastroentérologie, MICI et nutrition. Ce projet est coordonné par le Pr Aurélien AMIOT du CHU Bicêtre, Département des maladies de l’appareil digestif et promu par le GETAID, réseau de recherche multicentrique sur les MICI. Plusieurs centres de référence du GETAID sont également impliqués dans ce projet.

PRÉSENTATION DU PORTEUR DU PROJET 

Clément Bresteau est gastro-entérologue et chercheur au CHU Beaujon, spécialisé dans les MICI et la prise en charge des patients opérés de RCH. Il coordonne des projets multicentriques sur la surveillance endoscopique, la pochite et le rôle du microbiote intestinal.

Il a publié de nombreuses études sur la prévalence, le suivi et la prise en charge des complications postopératoires de RCH, notamment sur la pochite et la maladie de Crohn du réservoir. Sa recherche vise à améliorer la prédiction des complications et à personnaliser la stratégie thérapeutique pour chaque patient.

PROJET 10 – Étude des rectites dans la RCH à partir du registre EPIMAD : comprendre l’histoire naturelle et les parcours de soins

Dans quel contexte ?

Chez les patients atteints de rectocolite hémorragique (RCH)1 patient sur 3 présente au diagnostic une rectite, c’est-à-dire une atteinte limitée au rectum. Même localisée, cette forme peut provoquer des symptômes gênants comme urgences, douleurs et incontinence, affectant fortement la qualité de vie.

Avec le temps, jusqu’à un tiers des patients voient leur maladie s’étendre plus haut dans le côlon, ce qui augmente le risque de chirurgie et de complications, y compris le cancer colorectal.

Le registre EPIMAD, qui couvre environ 6 millions d’habitants dans le nord de la France, permet de suivre depuis 1988 plus de 37 000 cas de MICI, dont ~3 300 rectites, offrant ainsi une opportunité unique d’analyser l’évolution naturelle de cette sous-population de patients.

En 2025, un projet de chaînage avec le Système National des Données de Santé (SNDS) permettra de relier les informations cliniques aux données administratives (hospitalisations, traitements, interventions), pour suivre les parcours de soins complets.

Quels sont les objectifs du projet ?

L’objectif principal est d’étudier l’histoire naturelle, l’évolution et la prise en charge des rectites dans la population générale, et de les comparer aux RCH étendues.

Objectifs spécifiques :

  • Décrire les caractéristiques cliniques et histologiques des rectites au diagnostic, et les comparer aux RCH plus étendues,
  • Étudier l’évolution de l’incidence des rectites dans le temps et estimer leur poids futur,
  • Suivre l’évolution des rectites débutant chez l’enfant, y compris l’extension, la chirurgie et les traitements, pour identifier des facteurs prédictifs de progression,
  • Décrire les parcours thérapeutiques, en particulier l’utilisation et l’efficacité des biothérapies grâce au chaînage EPIMAD/SNDS.

Comment les chercheurs vont-ils procéder ?

  • Extraction des données du registre EPIMAD pour identifier les patients avec rectite depuis 1988, et comparaison avec les RCH étendues,
  • Suivi longitudinal pour estimer l’extension de la maladie, les hospitalisations, les chirurgies et les complications,
  • Analyse des traitements, notamment des biothérapies, en termes d’initiation, d’efficacité et de persistance, grâce au chaînage avec le SNDS,
  • Analyses statistiques robustes (modèles de survie, régressions multivariées) pour identifier les facteurs influençant l’évolution de la maladie, en prenant en compte l’âge, le sexe et les caractéristiques cliniques.

Quels résultats sont attendus ?

Ce projet devrait permettre :

  • De mieux connaître les patients atteints de rectite,
  • De fournir des données inédites sur l’évolution de la rectite, son extension et ses complications,
  • De comprendre les parcours thérapeutiques et l’efficacité des traitements en vie réelle,
  • D’identifier des facteurs de risque de progression, vers RCH étendue ou chirurgie,
  • D’informer les cliniciens et les patients pour améliorer la prise en charge et adapter les traitements selon le stade de la maladie.

Quelle équipe est impliquée dans ce projet ?

Ce projet est conduit au sein du registre EPIMAD (Service de Santé publique, CHU de Lille) sous la direction de la Pr Pauline Wils, avec l’implication d’un large réseau de gastro-entérologues et épidémiologistes participant au registre depuis plus de 35 ans. L’étude repose sur une collaboration interdisciplinaire entre cliniciens, épidémiologistes et statisticiens pour exploiter pleinement la richesse des données longitudinales.

PRÉSENTATION DE LA  PORTEUSE DU PROJET  

Pauline Wils est professeure des universités-praticienne hospitalière au CHU de Lille, responsable du registre EPIMAD (MICI) au sein du Service de Santé publique. Elle est spécialiste de l’épidémiologie des MICI et de l’utilisation des données de registre pour comprendre l’évolution des maladies digestives dans la population générale. Son expertise porte sur l’analyse des trajectoires de soins, l’évaluation des traitements en vie réelle (notamment biothérapies) et l’identification des facteurs pronostiques de progression de la maladie.

Elle a coordonné et participé à de nombreuses publications internationales sur l’incidence, la prévalence et l’histoire naturelle des MICI, montrant l’impact des stratégies thérapeutiques modernes sur les résultats cliniques. Son travail contribue à affiner les recommandations de prise en charge en s’appuyant sur des preuves issues du monde réel, avec un fort impact pour les patients atteints de RCH et de ses formes localisées.

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