Lou-Ann au triathlon de Lacanau : rendre visible l’invisible

S’engager, c’est parfois transformer une épreuve personnelle en message collectif. À travers le défi sportif emblématique du triathlon de Lacanau, Lou-Ann choisit de faire entendre une réalité encore trop souvent passée sous silence.
Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous ?
Je m’appelle Lou-Ann, j’ai 24 ans. Je dirais que je suis quelqu’un de déterminé, qui aime rester active, qui aime aussi se lancer des défis et je suis surtout quelqu’un qui aime voir du positif dans toutes les situations.
Pour ce qui est de mon parcours avec la maladie, on a mis du temps à m’orienter vers un spécialiste, huit mois en tout, ça a été long et marqué par une vraie errance médicale, en passant par des « peut-être une intolérance au gluten, peut-être ci, ou peut-être ça… »
Après l’annonce du diagnostic, j’ai traversé une phase de déni persuadée que je n’étais pas malade. Et petit à petit j’ai essayé de comprendre, puis à en parler et enfin à accepter pour avancer avec et plus contre.
Après votre diagnostic, vous avez pris conscience que la rectocolite hémorragique reste une maladie très peu connue et peu visible. À quel moment vous êtes-vous dit : “il faut que ça se voie davantage” ?
C’est après mon diagnostic que j’ai réalisé à quel point cette maladie était peu connue. Je tiens vraiment à souligner le mot “personne”, parce que, dans mon entourage, personne ne savait ce que c’était.
L’envie que ça se voie davantage est venue de ce constat : c’est une maladie invisible pour les autres, mais bien réelle pour ceux qui la vivent, et elle impacte fortement notre quotidien.
Cette invisibilité crée une barrière, liée à l’incompréhension. On en parle encore trop peu, notamment parce que ça touche à des sujets qui restent tabous.
Vous avez choisi de rendre la cause MICI visible à travers le triathlon de Lacanau. Pourquoi ce sport en particulier, qu’est-ce qu’il vous apporte ? Et qu’est-ce qu’il vous permet d’exprimer ou de porter comme message ?
Ce sport en particulier, car il demande du mental, de la persévérance, et avec la maladie, j’ai appris exactement ça : tenir, m’adapter, continuer malgré les moments compliqués.
C’est pour moi un défi personnel au-delà d’un défi sportif, une façon de me prouver que malgré les difficultés je peux continuer à me dépasser.
À travers ça, j’ai aussi envie de faire passer un message : montrer que même avec une MICI, on peut faire des choses fortes, qu’on doit croire en soi, c’est ma manière de rendre visible ce qui ne se voit pas, et de porter un message d’espoir pour toutes les personnes concernées.
Devenir bénévole a été une suite assez naturelle pour moi. Déjà parce que plus nous sommes nombreux, plus nous pouvons rendre les MICI visibles.
Mais aussi parce que, pendant mon parcours, il y a eu des moments où je me suis sentie seule face à tout ça. Aujourd’hui, j’ai envie d’être là pour les autres et de faire avancer les choses, à commencer par libérer la parole face à ce sujet.
M’engager, c’est pouvoir écouter, soutenir, informer, et faire en sorte que personne ne se sente isolé.
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