La Véloscénie, un chemin de résilience pour Fabrice

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À partir du 15 mai, Fabrice s’élancera sur le magnifique itinéraire de La Véloscénie, reliant Paris au Mont-Saint-Michel : 450 kilomètres pour donner de la visibilité aux personnes atteintes de MICI et à  leurs proches.
Vous vivez avec la maladie de Crohn depuis 1987. Avec ce recul, quel regard portez-vous aujourd’hui sur votre parcours, et qu’est-ce qui vous a donné la force de transformer cette expérience en engagement ?

Depuis 1987, mon parcours avec la maladie de Crohn a été une véritable école de la patience. Avec près de 40 ans de recul, je ne vois plus la maladie comme une fatalité, mais comme un apprentissage de la vie face aux cycles de crises et de rémissions.

Ma force est née de cette capacité à apprivoiser les temps de crises et de rémissions. J’ai choisi de transformer cette patience solitaire en un engagement collectif : aujourd’hui, je veux transmettre cette sérénité aux autres malades pour leur montrer qu’il est possible de se construire une vie riche, un pas après l’autre, malgré les imprévus du corps.

Le vélo électrique rend ce défi accessible, mais il n’efface pas les réalités de la maladie. Comment avez-vous adapté votre préparation pour composer avec les imprévus, la fatigue ou les phases de la maladie ?

Le vélo électrique est un allié précieux, mais il ne remplace pas une gestion rigoureuse de l’effort. Pour composer avec les imprévus de la maladie, j’ai appris à planifier sans rigidité : j’étudie mes parcours en fonction de la proximité des points de repos et je prépare une logistique adaptée (alimentation, hydratation…..).

Ma préparation repose avant tout sur l’écoute de mes signaux corporels. J’accepte que ma fatigue puisse modifier mon programme et j’utilise l’assistance électrique comme un régulateur d’énergie, et non comme une performance. C’est cette flexibilité qui me permet de rester maître de mon défi, même quand la maladie s’invite dans l’effort.

Sur votre vélo, vous allez porter bien plus qu’un défi sportif : vous portez une cause encore trop invisible. Qu’aimeriez-vous que les personnes qui vous découvrent — parfois pour la première fois — comprennent sur la réalité des MICI ?

J’aimerais qu’ils comprennent que les MICI sont le combat de l’invisible. Derrière l’image d’un cycliste en mouvement se cache une lutte permanente contre une fatigue épuisante et des douleurs que l’on ne soupçonne pas.

Mon défi prouve qu’une maladie chronique n’est pas une fin, mais une leçon d’adaptation. Je ne cherche pas l’admiration, mais la reconnaissance : que chacun réalise qu’avancer malgré l’imprévisible demande autant de courage qu’un exploit sportif. L’invisible existe, il est éprouvant, mais il n’empêche pas de réaliser de grandes choses.

 

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