La Véloscénie, un chemin de résilience pour Fabrice

Depuis 1987, mon parcours avec la maladie de Crohn a été une véritable école de la patience. Avec près de 40 ans de recul, je ne vois plus la maladie comme une fatalité, mais comme un apprentissage de la vie face aux cycles de crises et de rémissions.
Ma force est née de cette capacité à apprivoiser les temps de crises et de rémissions. J’ai choisi de transformer cette patience solitaire en un engagement collectif : aujourd’hui, je veux transmettre cette sérénité aux autres malades pour leur montrer qu’il est possible de se construire une vie riche, un pas après l’autre, malgré les imprévus du corps.
Le vélo électrique est un allié précieux, mais il ne remplace pas une gestion rigoureuse de l’effort. Pour composer avec les imprévus de la maladie, j’ai appris à planifier sans rigidité : j’étudie mes parcours en fonction de la proximité des points de repos et je prépare une logistique adaptée (alimentation, hydratation…..).
Ma préparation repose avant tout sur l’écoute de mes signaux corporels. J’accepte que ma fatigue puisse modifier mon programme et j’utilise l’assistance électrique comme un régulateur d’énergie, et non comme une performance. C’est cette flexibilité qui me permet de rester maître de mon défi, même quand la maladie s’invite dans l’effort.
J’aimerais qu’ils comprennent que les MICI sont le combat de l’invisible. Derrière l’image d’un cycliste en mouvement se cache une lutte permanente contre une fatigue épuisante et des douleurs que l’on ne soupçonne pas.
Mon défi prouve qu’une maladie chronique n’est pas une fin, mais une leçon d’adaptation. Je ne cherche pas l’admiration, mais la reconnaissance : que chacun réalise qu’avancer malgré l’imprévisible demande autant de courage qu’un exploit sportif. L’invisible existe, il est éprouvant, mais il n’empêche pas de réaliser de grandes choses.





