Plus forte que la maladie : Clara relève le défi Hyrox de Lyon pour les MICI

18 ans après son diagnostic de la maladie de Crohn, Clara va participer à l’Hyrox de Lyon le 24 mai 2026 pour soutenir les malades MICI comme elle.
Un petit mot sur vous Clara
Je m’appelle Clara, j’ai 29 ans, et je vis avec une maladie de Crohn diagnostiquée à 12 ans. Après des années de traitements lourds, d’hospitalisations et de cortico-dépendance, j’ai été opérée d’une iléostomie sub-totale provisoire à l’âge de 17 ans (en 2013) puis d’une stomie définitive en 2016. Ce qui aurait pu être une épreuve insurmontable s’est transformée en libération : la stomie m’a permis de retrouver une vie normale, de reprendre le sport, et même de me fixer des défis ambitieux comme l’Hyrox Lyon 2026. Aujourd’hui, je travaille comme Responsable Opérationnel depuis 7 ans, je fais du sport 5 fois par semaine, et je veux montrer que la maladie chronique n’est pas une fin, mais une nouvelle façon de se battre.
La stomie est encore entourée de nombreux tabous. À titre personnel, qu’a-t-elle changé pour vous, et pourquoi était-il important d’en parler ouvertement à travers ce défi sportif ?
Physiquement oui, ce n’est pas beau, ça touche le corps, les standards de beauté d’avoir un beau ventre plat mais elle est là.
En parler à travers ce défi sportif, c’est :
On parle souvent d’handicap invisible. Du moment où nous ne sommes pas dans un fauteuil roulant j’ai l’impression que le handicap est moins pris au sérieux, jugé moins « grave ».
L’Hyrox Lyon 2026 représente un engagement physique intense. Qu’est-ce que ce défi symbolise dans votre parcours aujourd’hui ?
Quand on m’a dit à 12 ans que j’aurais toujours des limites à cause du Crohn, je ne pensais pas un jour en arriver là. J’ai été dispensé de sports la casi totalité de ma scolarité.
Avec une stomie sur le ventre depuis plus de 10 ans, je ne pensais pas que je pouvais faire des abdos par exemple, par peur, par risque d’engendrer des complications.
Participer à l’Hyrox est un peu une revanche sur la maladie.
J’ai repris le sport timidement après ma première opération de stomie, je ne savais pas quelles étaient mes limites, donc chaque année je (re)découvrais un nouveau sport (vélo, escalade, randonnées, accrobranche, ski, tennis, badminton, et enfin sport en salle depuis 2022. Et là, j’ai pu me révéler de nouveau, allier musculation et cours de body pump, et cross training. Grace à des coachs motivants et bienveillants, (et c’est important dans mon processus) j’ai pu chaque jour être meilleure. J’ai commencé à 3 jours par semaine, puis 4 et enfin 5 jours par semaine. L’hyrox est un peu la récompense de tout ça. Participer à l’Hyrox Lyon 2026, c’est d’abord un moyen de démontrer que maladie chronique et performance sportive ne sont pas incompatibles.
En associant votre défi à une collecte de fonds pour l’afa , vous donnez une portée collective à votre aventure. Qu’aimeriez-vous que les personnes qui soutiennent votre cagnotte comprennent de la réalité quotidienne des patients MICI ?
L’impact psychologique est important chez les MICI, la honte, l’isolement, la peur de l’avenir… Beaucoup de patients se sentent invisibles.
La recherche et le soutien sont vitaux, sans les avancées médicales et des associations comme l’AFA, je ne serais pas là aujourd’hui. Chaque don compte pour financer la recherche, les groupes de parole, ou l’accompagnement des patients.
On peut vivre une vie épanouie, malgré la maladie, on peut aimer, travailler, voyager, faire du sport… Il faut juste adapter les rêves, pas les abandonner.
Et si mon parcours peut inspirer ne serait-ce qu’une personne, alors ce projet aura valu le coup, et j’aurais déjà gagné.





