Pour les malades , Débora court le Walyrun

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Vivre avec une MICI et reprendre le sport après une poussée : Débora relève le défi en participant au Waly Run. Elle nous raconte son parcours et ses motivations.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous ?

J’ai été diagnostiquée il y a 9 ans. J’ai compris que je perdais le contrôle de mon corps à partir du moment où j’ai vu mon poids diminuer considérablement, en l’espace de très peu de temps.

Une perte d’appétit marquée, l’incapacité de me retenir pour aller aux toilettes ou encore le fait d’être impuissante face à mes rectorragies et crampes intestinales.

J’ai eu beaucoup de mal à en parler, par honte. J’ai eu la chance d’avoir très bien été entourée à cet instant précis, autant sur le plan familial ou amicale.

 Vous avez été diagnostiquée d’une MICI il y a neuf ans, et vous évoquez des mois récents particulièrement difficiles. Comment votre rapport à la maladie a-t-il évolué au fil du temps, jusqu’à aujourd’hui ?

Au diagnostic de ma maladie, j’ai par la suite été en rémission assez rapidement car les traitements de fond fonctionnaient sur moi. À cet âge-là, j’étais dans le déni de la maladie. D’autant plus que l’on m’a

diagnostiquée en parallèle une polyarthrite. Un jour, j’ai voulu tout arrêter. Les traitements, les rendez-vous médicaux… pour vivre une vie « normale » de jeune adulte. Puis, la réalité a fini par me rattraper de plein fouet. Aujourd’hui, j’ai accepté de vivre avec et d’être différente, comme je le suis depuis le départ finalement.

Dans ce contexte, pourquoi avoir choisi de vous lancer ce défi sportif de courir 5 km ? En quoi cette préparation représente-t-elle une étape importante dans votre parcours personnel ?

J’ai toujours pratiqué du sport, et ce, depuis mon plus jeune âge : plus de 10 ans de pratique sportive au sein de la FFSTB (Fédération Française Sportive de Twirling Bâton) qui m’ont permis d’obtenir une médaille d’argent en 2011 et une médaille d’or en 2013 (en équipe) ainsi que de décrocher une huitième place en tant que soliste en 2015 au championnat de France.

En grandissant, je me suis exercée dans plusieurs disciplines sportives (vélo, salle de sport, danse en talons).

Le dernier événement sportif auquel j’ai pu participer en septembre 2025 était le Metz Trophy Aventure, avec mon binôme et meilleure amie Justine <3. Il s’agit d’un raid solidaire pour lutter contre les violences conjugales et intra-familiales (5km de course ; 21km de vélo ; 1h de course d’orientation).

Suite à une poussée inflammatoire survenue peu de temps après, et qui a duré plusieurs mois, je ressentais le besoin de me dépasser à nouveau.

Le sport, c’est ce qui me fait vibrer et qui me fait me sentir vivante.

Une certitude : tout se passe dans la tête, par le mental. Voilà pourquoi je me lance dans ce nouveau défi sportif qui est la réalisation de courir ces 5km SEULE. La suite logique sera ma prochaine inscription au Metz Trophy Aventure en septembre 2026.

Vous souhaitez profiter de votre participation au Waly Run pour sensibiliser aux MICI. Quel regard portez-vous sur la perception de ces maladies aujourd’hui, et que faudrait-il, selon vous, faire évoluer ?

J’ai connu l’errance du diagnostic, le « c’est seulement des hémorroïdes » ou « c’est dans votre tête, ça va passer ». Selon mes observations, il devient opportun de toujours suivre son instinct et d’écouter son corps et ses ressentis.

Finalement, j’ai rencontré un médecin traitant généraliste qui a été à mon écoute et rassurant.

D’une manière générale, j’ai pu remarquer que du fait de mon jeune âge et dans le regard des autres, nous ne sommes pas autorisés à être fatigués. L’impact de la fatigue chronique est un élément à prendre en compte et qui reste essentiel. On peut faire plein de chose en étant malade, il suffit de s’adapter.

Et par-dessus tout… il faudrait faciliter l’accès aux toilettes dans les lieux publics et les rendre gratuits (exemple : gares).

Soutenez le défi solidaire de Débora

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