Bonjour Jérémy,
En mai et juin prochains, vous vous êtes lancés un défi sportif : la participation à deux triathlons, des épreuves particulièrement exigeantes. Pouvez-vous nous en dire plus sur vous et sur la naissance de ce défi sportif ?
Je m’appelle Jérémy, je suis passionné de sport et notamment de triathlon. Le sport fait partie intégrante de ma vie depuis plusieurs années et représente pour moi bien plus qu’une simple pratique sportive : c’est un véritable équilibre physique et mental.
J’ai longtemps travaillé dans le milieu des courses hippiques comme cavalier d’entraînement. Aujourd’hui, je me suis reconverti dans le domaine du sport et de l’accompagnement, notamment avec l’obtention du BNSSA et un projet d’intégrer la formation BPJEPS AAN. En parallèle, je développe une activité de préparation mentale, ce qui me permet d’accompagner des sportifs et de transmettre l’importance du mental dans le dépassement de soi.
Je suis également atteint de la maladie de Crohn, une maladie chronique invisible qui peut parfois rendre le quotidien plus compliqué. Le sport m’a beaucoup aidé à traverser certaines périodes difficiles liées à la maladie. Il m’a permis de garder confiance en mon corps, de canaliser le stress et de continuer à avancer malgré les obstacles.
Cette année, j’ai souhaité donner une dimension supplémentaire à ma pratique sportive en reliant mes compétitions à une cause qui me tient particulièrement à cœur. Participer au Triathlon de Bischwiller en format S et au Triathlon d’Obernai en format L représente pour moi un vrai défi physique et mental, mais aussi une belle opportunité de sensibiliser davantage le public aux MICI.
À travers ces courses, mon objectif est simple : montrer que malgré la maladie, il est possible de se fixer des objectifs, de se dépasser et de continuer à vivre pleinement ses passions. Si mon parcours peut inspirer ou donner de l’espoir à d’autres personnes atteintes de MICI, alors ce défi aura déjà beaucoup de sens.
Un tel objectif demande une préparation rigoureuse. Comment s’organise votre entraînement quotidien ? Êtes-vous entouré dans cette aventure et quelle place le sport occupe-t-il dans votre équilibre personnel ?
La préparation pour ce type d’épreuve demande effectivement beaucoup de rigueur et de régularité. Le triathlon étant un sport qui combine trois disciplines – la natation, le vélo et la course à pied – mon entraînement s’organise autour de plusieurs séances chaque semaine afin de travailler chacune d’elles.
En général, je réalise plusieurs entraînements répartis entre la natation, le vélo et la course à pied, avec également du travail de renforcement et de récupération. L’objectif est de progresser progressivement tout en restant à l’écoute de mon corps, ce qui est particulièrement important lorsque l’on vit avec la maladie de Crohn.
Je ne suis pas seul dans cette aventure. Je m’entraîne souvent avec ma compagne triathlète également et ma fille grâce à la remorque vélo Thule qui me permet de l’emmener sur certaine séance vélo et course à pied. Cet environnement est précieux, car il apporte à la fois du soutien, de l’encouragement et une dynamique qui m’aide à rester motivé sur la durée, ainsi qu’à partager du temps en famille.
Au-delà de l’aspect sportif, le sport occupe une place essentielle dans mon équilibre personnel. Sportif depuis mon plus jeune âge, il m’aide à canaliser le stress, à garder une bonne énergie au quotidien et à maintenir un équilibre physique et mental. Dans mon cas présent, il représente aussi une manière de reprendre le contrôle face à la maladie et de continuer à avancer avec des objectifs positifs.
Au-delà de la performance, vous donnez une dimension solidaire à votre projet. Qu’est-ce qui vous a conduit à vous mobiliser aux côtés de l’AFA et quel message souhaitez-vous adresser aux personnes concernées par une MICI, comme à celles qui découvrent encore ces maladies ?
Au-delà du défi sportif, il était important pour moi de donner un sens plus large à ces courses. Étant moi-même atteint de la maladie de Crohn, je connais les difficultés que peuvent représenter les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin au quotidien. Ce sont des maladies souvent invisibles et encore mal connues du grand public, alors qu’elles peuvent avoir un réel impact sur la vie de celles et ceux qui en sont atteints.
C’est donc tout naturellement que j’ai souhaité associer mon défi sportif à l’AFA Crohn RCH France, une association qui joue un rôle essentiel dans le soutien aux malades, l’information et le financement de la recherche. À travers ces triathlons, j’aimerais contribuer, à mon échelle, à donner davantage de visibilité aux MICI et à soutenir les actions menées pour les personnes concernées.
Le message que j’aimerais transmettre aux personnes atteintes de MICI est de ne pas perdre espoir et de continuer à croire en leurs capacités. La maladie peut parfois mettre des freins, mais elle ne doit pas empêcher de se fixer des objectifs ou de poursuivre ses passions.
Et pour celles et ceux qui découvrent encore ces maladies, j’aimerais rappeler que même si elles sont souvent invisibles, elles sont bien réelles. Mieux les connaître, c’est aussi mieux comprendre les personnes qui vivent avec au quotidien et soutenir la recherche pour améliorer leur qualité de vie.
Vous pourrez suivre son défi sur ses réseaux sociaux :