MICI et Coronavirus

Retrouvez dans cette rubrique toutes les informations concernant le Coronavirus Covid-19. Quels sont les risques quand on a une MICI ? Quand on est sous traitement ? Quel suivi pour ma grossesse ? Que faire pour mon travail ?  Quelles sont les dernières informations concernant la vaccination ?

 

L’afa reste mobilisée pour vous apporter une information fiable et actualisée. Le contexte évoluant constamment, nous vous invitons à consulter régulièrement notre site internet pour vous tenir informé.

Vaccin Covid-19 et MICI

 Au 1er mai 2021,  la liste des personnes prioritaires s’est élargie. Toutes les personnes  à partir de 18 ans atteintes de MICI sous cortisone au long cours ( au moins 20mg/j pendant 15j), immunosuppresseurs et/ou biothérapies peuvent se faire vacciner avec une prescription du médecin ( » immunodéficience acquise ou congénitale ») . Les Malades de MICI ne prenant pas les traitements précédents ne font pas partie de la liste . Voir la liste

Etes-vous éligible à la vaccination ? Cliquez ici !

Voir ici les dernières recommandations ( 11 avril 2021) des sociétés savantes en hépato-gastroentérologie ( recommandations/ compatibilité etc.)

COVID-19_Recommandations-vaccinales-maladies-chroniques-appareil-digestif_ SNFGE-GETAID-FFCD-AFEF_2021-04-12 (version longue).DL

Pour le moment (6 mai 2021)  il n’y a pas de recommandation en faveur d’une 3ème injection aux personnes atteintes de MICI sous biothérapies. Pour les personnes sous imurel ou méthotrexate, les données d’inefficacité du vaccin  ne sont pas très probantes, mais la Direction Générale de la santé vient de recommander une 3ème injection pour ces personnes. Voir les dernières recommandations

 

Compatibilité des vaccins et immunodépression ( corticoïdes +20mg/j pendant 15 j, Immunosuppresseurs, biothérapies)

Le 10 janvier 2021  le GETAID et la Société Nationale Française de Gastroentérologie confirment que les vaccins ARNm sont compatibles avec une MICI quelque soit le traitement du patient et recommandent de se faire vacciner sous conditions de la stratégie vaccinale mise en œuvre par le gouvernement. Lire l’intégralité des recommandations.

 

 

Interview exclusive du Pr Stéphane Paul, membre du Comité scientifique de l’afa et immunologiste à Saint Etienne

Stéphane Paul est immunologiste et chef d’équipe du Gimap (Groupe sur l’immunité des muqueuses et agents pathogènes) au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne. Il est depuis avril dernier membre expert du comité scientifique vaccins Covid-19 lancé par les ministères de la Santé et de la Recherche, il revient sur l’action de ce groupe chargé d’émettre un avis sur la stratégie de vaccination.

Vous êtes immunologiste, chercheur spécialisé dans les vaccins et membre du Comité scientifique vaccins Covid-19. Qu’y a-t-il derrière ce groupe de spécialistes ?

Ce comité a été créé en avril par le ministère des Solidarités et de la Santé. Il a pour objectif de conseiller l’Etat français pour l’achat de vaccins. Le but est de donner des recommandations, de juger quel est le meilleur vaccin, le plus avancé sur des bases scientifiques et techniques et de les classer par rapport à l’achat possible de doses. En ce moment, nous nous réunissons chaque semaine au fur et à mesure que les données arrivent.

En quoi consiste ces futurs vaccins contre le Sars-CoV-2 ?

Les méthodes diffèrent, mais tous les vaccins ont le même but : apprendre au système immunitaire à reconnaître et à fabriquer ses propres défenses – en grande partie des anticorps neutralisants– spécifiquement contre le Sars-CoV-2. Ces défenses pourront ainsi neutraliser rapidement le virus lorsqu’elles le croiseront.
Le bénéfice d’un vaccin repose sur le fait que l’on immunise la personne sans l’infecter avec la maladie ciblée, qui peut être dangereuse. Il faut faire croire à l’organisme qu’il est agressé par le coronavirus alors qu’il ne l’est pas vraiment pour obtenir une réponse immunitaire contre le contenu du vaccin. Mais ce n’est pas le coronavirus en tant que tel qui déclenche la réponse immunitaire, mais un antigène – comme par exemple la protéine de spicule dite Protéine Spike, qui se trouve à sa surface. Ces stratégies de vaccins en cours de développement entendent donc pour la plupart la cibler directement.

Il existe plusieurs méthodes pour présenter cette protéine à l’organisme. Certaines sont anciennes et bien connues, d’autres sont plus plus novatrices.

  •  Les vaccins inactivés ou vivants atténués contenant une forme inactivée ou atténuée du virus qui ne peut pas causer de maladie mais qui entraîne tout de même une réponse immunitaire spécifique. C’est le modèle classique contre de nombreuses maladies : grippe et polio pour les vaccins inactivés ; rubéole, rougeole, fièvre jaune pour les atténués…
    Ces vaccins sont essentiellement développés par des industries chinoises dont l’efficacité clinique est de 86% selon elles et pour lesquels les taux de séroconversion avoisinent les 100%.
  • Les vaccins à base de protéines recombinantes, qui contiennent des fragments inoffensifs de protéines qui imitent le virus Sars-Cov-2 pour entraîner une réponse immunitaire en toute sécurité. Elle consiste à introduire dans l’organisme l’antigène et à l’associer avec un adjuvant qui enverra un signal au système immunitaire pour considérer la protéine comme « dangereuse ». Cette méthode est déjà utilisée pour le vaccin contre l’hépatite B. Ce type de vaccins est développé entre autres par Sanofi-GSK, qui, fait assez rare, se sont associés pour le mettre au point.
  • Les vaccins à vecteurs viraux, qui contiennent un virus génétiquement modifié de façon à ne pas causer de maladie. En fait, on utilise ce virus peu agressif pour l’homme comme vecteur ou cargo, dans lequel on va mettre une séquence du Spike. Ces vecteurs adénoviraux humains sont souvent associés à des rhumes et ont le désavantage du coup d’être reconnus par l’organisme et déclenche moins bien la réaction immunitaire. Le plus efficace est donc d’administrer des vecteurs adénoviraux de singes notamment ou des adénovirus moins fréquents chez l’homme. Janssen, mais aussi Astra Zeneca développent ce type de vaccin. L’efficacité serait de 70% chez le vaccin développé par Astra Zeneca. L’avantage majeur de ces vecteurs adénoviraux c’est leur cout de fabrication et les capacités de production existantes. L’institut Pasteur travaille à partir de virus de rougeole, mais ce développement est encore peu avancé. MSD travaille également sur un vecteur basé sur le virus VSV.
  • Des vaccins à ARN messager, permettant à l’organisme de produire lui-même la protéine Spike. L’ARN génétiquement modifié est enveloppé dans des billes de lipides qui aura tous les attributs d’un virus sans en être un. Une fois rentré dans le cytoplasme des cellules du patient, ces dernières produisent pendant environ 48h la protéine Spike, ce qui entraîne la réponse immunitaire. Cette technologie est nouvelle sans l’être. Elle a été utilisée dans différents vaccins, ou médicaments chez des patients immunodéprimés, notamment en oncologie, sans avoir eu d’alerte au moins dans des essais de phase 1 et 2. Cette technologie est simple et facile à fabriquer à partir du moment où on a la séquence du virus. Pfizer et Moderna par ex., ont pu en un mois à partir du moment où ils avaient la séquence du virus, injecté ce vaccin chez l’animal. La capacité de fabrication et de production est donc très rapide, d’où cette temporalité accélérée. A noter, l’ARN ne va jamais dans le noyau de la cellule, il reste dans le cytoplasme, il n’y a aucun risque de recombinaison génétique. L’ARN reste en moyenne 48h et disparait.

Quand on parle d’efficacité de ces vaccins, de quoi parle-t-on : éviter la maladie ou éviter les formes graves de la maladie ?

Dans tous les essais cliniques il y a deux groupes de personnes : les personnes vaccinées et le groupe placebo à qui il n’est pas injecté de principe actif.
On compte les cas de COVID avérés après vaccination dans chaque groupe. Au terme de ces résultats, il est démontré que tous les vaccins à l’essai protègent de la maladie mais également des formes sévères. Une proportion infinitésimale fait une forme sévère malgré la vaccination. Dans les données de Pfizer on se rend compte par exemple qu’après une injection déjà plus de 50% des personnes vaccinés ne feront pas de COVID-19.
Par ailleurs les données cliniques indiquent qu’on ne fait pas de COVID au moins pendant 3 mois. Les anticorps contre la maladie sont à leur maximum dans les 3 mois et puis ce taux descend et se stabilise en plateau. Reste à savoir combien de temps ce plateau protège. Nous n’avons pas assez de recul pour le savoir encore.
Autre chose qu’on ne sait pas encore, c’est si les gens vaccinés peuvent avoir encore du virus dans la sphère respiratoire supérieure (nez, bouche par exemple) qu’ils peuvent transmettre.
C’est la raison pour laquelle la stratégie de vaccination est de vacciner les gens qui ont un vrai risque de faire des maladies graves pour éviter la mortalité. En revanche, vacciner les jeunes n’est pas d’actualité car nous ne savons pas encore actuellement si elle pourra casser la chaîne de transmission. Des études sont en cours pour mieux connaître ce phénomène. Ces données arrivent au fur et à mesure. Notre Comité scientifique étudie au fur et à mesure ce qui arrive pour orienter les recommandations HAS.

Peut-on dire si ces vaccins sont compatibles avec une MICI ? Quels conseils aux patients atteints de MICI ?

Pour les vaccins inactivés, on a des données pour d’autres types de vaccins qui permettent de dire que ce sera possible. On sait également que certains vaccins à ARN messager ont été utilisés dans le cancer etc. Mais dans tous les cas nous avons trop peu de données concernant les vaccins SARS CoV-2 qui peuvent nous permettre à l’heure actuelle de répondre à cette question. Les personnes immunodéprimées font partie des essais cliniques, mais en nombre insuffisant pour nous permettre de conclure. Il va falloir attendre les études que l’on réalisera après l’autorisation de mise sur le marché, et pour l’instant il n’y a pas de recommandations pour vacciner les malades immunodéprimés dans un premier temps.

Interview du 16 décembre 2020.

ACTUALITES DE LA RECHERCHE

Covid-19 et MICI : A-t-on plus de risques d'être contaminé et de développer une forme grave ?

Les dernières données sont elles rassurantes ? Notamment pour les malades de MICI avec des traitements qui agissent sur le système immunitaire ?
Une conférence exceptionnelle en direct des Etats-Unis le 28/11/2020, par le Pr Jean-Frédéric Colombel du Mount Sinaï Hospital.

RESULTATS DE L'ETUDE AFA : COVID & MICI

En 2020, l’afa a lancé une enquête exceptionnelle afin de mieux connaître les préoccupations et besoins prioritaires des personnes malades de Crohn et de rectocolite hémorragique, leur vécu du quotidien et de leur parcours de soin. Vous avez été plus de 2000 répondants ! Découvrez les résultats sur l’Observatoire des MICI.

Recommandations

Informations sur MICI et travail

Les dispositifs mis en place par le décret du 10 novembre 2020 pour protéger les personnes vulnérables vis à vis du COVID restent en vigueur. Lire le décret

Les malades de MICI qui suivent un traitement immunosuppresseur, une biothérapie et/ou une corticothérapie à dose immunosuppressive peuvent demander un certificat d’isolement à leur médecin et le remettre à leur employeur. (La cortisone par voie orale est en général considérée comme immunosuppressive à partir de 20 mg/j.) Ces malades rentrent dans la catégorie « immunodépression acquise médicamenteuse » du décret.

Le certificat d’isolement ne porte pas de date de fin et n’indique pas la pathologie qui le justifie.

Cependant depuis le décret du 10 novembre, le certificat d’isolement ne donne plus automatiquement accès au chômage partiel (ou à une autorisation spéciale d’absence dans la fonction publique).

Si le télétravail n’est pas possible, l’employeur peut demander à la personne de se rendre sur son lieu de travail à condition de mettre en place des mesures de protection renforcées (bureau individuel, poste de travail non partagé, horaires décalés, fourniture de masques chirurgicaux y compris pour les trajets, nettoyage du poste de travail et des surfaces …. selon les situations).

Si ces mesures ne peuvent pas être prises, alors la personne concernée est placée en chômage partiel (secteur privé) ou en ASA (secteur public).

En cas de désaccord sur l’application des mesures de protection renforcées (si le salarié juge qu’elles ne sont pas mises en place ou insuffisantes), le salarié peut saisir le médecin du travail qui décidera si le chômage partiel (ou l’ASA) est nécessaire ou non.

Il n’y a plus de possibilités de chômage partiel ou d’autorisation d’absence pour les personnes qui cohabitent avec une personne fragile, donc en particulier pour les conjoints ou parents d’enfants vulnérables. Cependant l’employeur doit faciliter le télétravail pour un salarié qui vit avec une personne vulnérable ou mettre en place des protections complémentaires.

Rappelons que pendant le confinement le télétravail à 100% est la règle pour toutes les personnes dont le poste le permet, indépendamment de leur état de santé.

Les travailleurs indépendants vulnérables qui ne peuvent ni disposer de mesures de protection suffisante ni télétravailler peuvent se déclarer sur declare.ameli.fr pour obtenir une indemnisation.


Bien entendu il est tout essentiel de respecter au maximum les mesures barrière.

Vous pouvez vous référer à :
Travail et Covid-19 : Quelles sont les règles ?

recommandations du Getaid pédiatrique

   

Où se faire dépister ?

Toutes les informations concernant le dépistage Covid-19 : types de test, conditions, marche à suivre et la localisation des centres de dépistage, sont disponibles via ce lien : Info Coronavirus COVID-19 – Tester – Alerter – Protéger | Gouvernement.fr

Prenez soin de vous à la maison

Découvrez MICI Coach, notre programme d’accompagnement en vidéo pour prendre soin de soi à la maison, rester zen, faire un peu de sport et bien manger … !

 

Autres informations de l'AFPric :

Pour retrouver les informations sur le coronavirus COVID-19 à destination des malades atteints d’un rhumatisme inflammatoire chronique, sur le site de l’AFPRicCliquez ici

 

article mis à jour le 09/04/2021

Partager

Inscrivez-vous à notre newsletter !